Science & Santé n°43 jun/jui/aoû 2019
Science & Santé n°43 jun/jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de jun/jui/aoû 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 15 Mo

  • Dans ce numéro : le coeur, un organe sensible.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 Insermle magazine #43 HERNIE DISCALE Un implant pour régénérer les tissus opérés Les hernies discales les plus graves sont opérables mais l’acte chirurgical laisse des tissus endommagés. Un implant biomimétique en développement aiderait ceux-ci à se régénérer, prévenant ainsi l’apparition de nouvelles hernies. Une hernie discale, cela peut faire mal, très mal. Notamment dans le bas du dos, au niveau des lombaires, mais aussi parfois dans les membres inférieurs. Ces douleurs ont pour origine la compression d’un nerf au niveau de la colonne vertébrale. Là, entre chaque vertèbre, se trouvent en effet des disques censés amortir les chocs tout en procurant une certaine flexibilité à notre colonne. « Ces disques intervertébraux sont constitués d’une sorte de gel amortissant – le noyau pulpeux –, entouré d’une gaine – l’anneau fibreux, explique Catherine Le Visage, directrice de recherche Insermdans le laboratoire Médecine régénératrice et squelette à Nantes. À la suite de sollicitations répétées, de traumatismes ou encore de faux mouvements, cet anneau se fissure et laisse le contenu du noyau pulpeux s’échapper. » Celui-ci peut alors comprimer des racines nerveuses et ainsi occasionner des douleurs dans le dos, mais aussi dans les jambes si le nerf sciatique est touché. La sciatique peut aller jusqu’à causer une paralysie des membres inférieurs et une incontinence. Pour ces cas graves, une opération chirur- Inserm/Antoine Guitton Demoncay actualités c’est fondamental k Fibres de polycaprolactone gicale permet de retirer la partie du noyau pulpeux qui comprime le nerf, et soulage généralement les patients. Mais la déchirure dans l’anneau fibreux persiste et une nouvelle hernie peut apparaître plus tard. Le disque intervertébral est aussi susceptible de se détériorer davantage. « Le but de nos travaux est de combler la fissure de l’anneau fibreux tout en stimulant la régénération des tissus endommagés », déclare la chercheuse. Son équipe a ainsi développé un implant qui mime la structure concentrique de l’anneau. Il est composé d’un assemblage de lamelles, elles-mêmes constituées d’un réseau poreux de fibres alignées de polycaprolactone, un matériau biodégradable couramment uti- Inserm/M. Gluais lisé dans le domaine médical. En imitant sa structure en lamelles d’oignon, les chercheurs espéraient que les cellules de l’anneau fibreux colonisent l’implant et régénèrent les tissus détériorés. Et c’est exactement ce qu’ils ont observé in vivo sur des modèles animaux. « Nous avons été surpris de voir que l’implant s’intégrait si rapidement dans le tissu environnant, s’enthousiasme Catherine Le Visage. En l’espace d’un mois seulement, les cellules de l’anneau y ont proliféré tout en produisant du collagène. » Or c’est cette protéine qui forme le cartilage de l’anneau fibreux et lui permet de limiter l’expansion du noyau pulpeux. Si ces bons résultats ont étonné les scientifiques, c’est que leur intention était en réalité de voir l’implant se dégrader au fur et à mesure de sa colonisation par les cellules de l’anneau. « Nous cherchons dorénavant à adapter la dégradation du matériau de l’implant à la régénération rapide des tissus », poursuit l’experte en biomatériaux. Son équipe devra alors vérifier si les tissus régénérés permettent de limiter l’apparition de nouvelles hernies et le phénomène de dégénérescence du disque intervertébral. Le cas échéant, elle pourra envisager des essais cliniques afin de proposer cet implant biomimétique aux patients qui, malgré les prises en charge classiques (anti-inflammatoires, infiltrations, kinésithérapie), continuent de souffrir. Et ainsi soulager leur douleur sans courir le risque de la voir réapparaître. Simon Pierrefixe Catherine Le Visage  : unité 1229 Inserm/Université de Nantes/Oniris, Regenerative Medicine and Skeleton (RMeS) 2M. Gluais et al. Biomaterials, juin 2019 ; doi  : 10.1016/j.biomaterials.2019.03.010 Vue latérale et coupe transversale d’une hernie discale k
OS Deux protéines veillent sur la minéralisation Une minéralisation aboutie est indispensable à la qualité osseuse. Sa défaillance est à l’origine de maladies, telles que l’ostéoporose. Des chercheurs, dont Laurent Beck et ses collègues de l’unité Médecine régénérative et squelette de Nantes, viennent de découvrir l’importance fondamentale de la protéine PiT2 dans la minéralisation osseuse et des propriétés biomécaniques des os qui en résultent. Ils ont observé ces résultats sur des souris chez lesquelles cette protéine n’est pas exprimée, mais aussi chez des patients atteints de la maladie de Fahr, ou PFBC, où le gène codant PiT2 est touché. Des travaux antérieurs de cette même équipe Inserm, ont aussi identifié PiT1, un proche cousin de PiT2, comme un acteur important du développement des os longs en permettant la survie des cellules du cartilage, et à terme, une minéralisation adéquate des os. Des découvertes qui identifient des cibles thérapeutiques potentielles pour une meilleure prise en charge des patients atteints de déminéralisation osseuse. B. S. Laurent Beck  : unité 1229 Inserm/ONIRIS – Université de Nantes, Regenerative Medicine and Skeleton (RMeS) 2G. Couasnay et al. J Bone Miner Res., 20 novembre 2018 ; doi  : 10.1002/jbmr.3609 2S. Beck-Cormier et al. J Bone Miner Res., 5 février 2019 ; doi  : 10.1002/jbmr.3691 QUESACO Algodystrophie L’algodystrophie, ou syndrome douloureux régional complexe (SDRC) de type 1, se caractérise par une douleur continue et intense, disproportionnée par rapport à l’élément déclenchant, souvent une fracture. Cette maladie rare, mal connue et d’origine plurifactorielle, est difficile à diagnostiquer car les patients souffrent de symptômes très divers et non spécifiques. Dans ses formes les plus graves, elle empêche toute activité ou vie sociale normale. Car il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement qui permette de guérir le SDRC. D’où l’importance des travaux coordonnés par Yves Rossetti, au Centre de recherche en neurosciences de Lyon. Son équipe de chercheurs et de cliniciens a expérimenté des lunettes k Représentation de la douleur ressentie par une patiente souffrant d’un SDRC de type 1 avant (à gauche) et après (à droite) traitement par adaptation prismatique InsermU1229/Joëlle Véziers Histomorphométrie d’un tibia de souris déficiente en PiT2 où la minéralisation est inaboutie k prismatiques qui trompent le cerveau des patients, souvent focalisés sur la zone douloureuse. En déviant le champ visuel, elles produisent en effet une adaptation compensatoire qui permet de détourner l’attention du malade. Celui-ci peut ainsi se réapproprier le membre négligé en se concentrant sur la rééducation. Quelques exercices moteurs simples, réalisés avec le port des lunettes, améliorent nettement la liberté de mouvement une fois les verres retirés. Une innovation dénuée d’effets secondaires et de faible coût, qui pourrait être appliquée à d’autres maladies ! A. M. Yves Rossetti  : unité 1028 Inserm/CNRS/Université Jean- Monnet - Saint-Étienne/Université Claude-Bernard - Lyon 1, CRNL, équipe ImpAct ; plateforme Mouvement et handicap du CRNL et des Hospices civils de Lyon 2L. Christophe et al. Neural Plast., 7 septembre 2016 ; doi  : 10.1155/2016/1694256 douleur intense douleur modérée douleur faible absence de douleur 2016 Laure Christophe et al -CC BY 4.0 Insermle magazine #43 11 Obésité De nouveau lipides entrent dans la danse L’origine de l’obésité est souvent multifactorielle, en partie liée au déséquilibre du microbiote, les millions de micro-organismes qui peuplent notre système digestif. Le groupe d’Isabelle Dugail, de l’unité Nutriomique à la faculté de la Pitié-Salpêtrière à Paris, a étudié à grande échelle les lipides présents dans le sang de patients et de souris rendues obèses. Les chercheurs ont ainsi mis en évidence que la perte de diversité du microbiote provoque la synthèse de lipides particuliers, les phosphatidylglycérols. En retour, ces derniers favoriseraient l’accumulation des acides gras dans les adipocytes, les cellules qui stockent les graisses, participant ainsi à l’expansion de la masse grasse. Le rôle biologique de ces lipides est encore mal connu, et leur aptitude à modifier le tissu adipeux devra être approfondie. Mais bonne nouvelle  : un régime alimentaire qui rétablit la diversité du microbiote peut faire diminuer le taux de phosphatidylglycérols. F. D. M. Isabelle Dugail  : unité 1269 Inserm/Sorbonne Université, Nutrition et obésités  : approches systémiques (Nutriomique) 2B.D. Kayser et al. FASEB J., avril 2019 ; doi  : 10.1096/fj.201801897R Inserm/Patrice Latron



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