Science & Santé n°42 mar/avr/mai 2019
Science & Santé n°42 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12,1 Mo

  • Dans ce numéro : les prochains défis de la recherche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Insermle magazine 22 #42 têtes chercheuses L’instant où... PRIX RECHERCHE Directrice de recherche Insermà l’Institut Curie, Ana-Maria Lennon- Duménil étudie le déplacement des cellules dendritiques, les sentinelles du système immunitaire. Des travaux primés par le Prix Recherche. J’ai commencé à étudier le déplacement des cellules dendritiques après une observation étonnante réalisée au début de 2007. J’explorais alors tout autre chose  : le trafic, à l’intérieur de ces sentinelles, des protéines du complexe majeur d’histocompatibilité de classe II. Ces dernières permettent aux cellules dentritiques de présenter à leur surface des fragments d’un agent pathogène – des antigènes – qu’elles ont débusqué puis digéré ; un évènement essentiel pour activer certains globules blancs  : les lymphocytes T. Pour visualiser ce trafic, nous avons filmé à fort grossissement une cellule dendritique dans un microcanal. Et là, nous avons « J’ai rencontré le pharmacologue Morley Hollenberg » Nathalie Vergnolle unité 1220 Inserm/Inra/École nationale vétérinaire/Université Toulouse III-Paul Sabatier « Nous venions de découvrir ce que personne n’avait jamais soupçonné ! » remarqué un fait incroyable  : la cellule avançait, puis s’arrêtait pour digérer ce qu’elle avait « mangé », avant de recommencer. Bref, elle progressait par intermittence, adaptant sa cadence à sa fonction. Nous venions de découvrir ce que personne n’avait jamais soupçonné jusque-là, que ce soit pour la cellule dendritique ou pour un tout autre type de cellule. Du coup, j’ai abandonné toutes mes recherches d’alors. Et je me suis consacrée pleinement à l’étude du déplacement des sentinelles. Plus récemment, nous avons mis en évidence que quand ces cellules filent vers les ganglions pour présenter l’antigène aux lymphocytes, elles abandonnent le mode intermittent pour un déplacement plus directionnel et rapide. Directrice de l’Institut de recherche en santé digestive à Toulouse, Nathalie Vergnolle étudie les protéases, des enzymes dérégulés dans les maladies inflammatoires de l’intestin. Elle a reçu le Prix Recherche. J’ai eu l’idée de mon sujet de recherche actuel en 1997, lors d’un « TGIF », pour Thank God It’s Friday (« Dieu merci, c’est vendredi » en français). Une soirée très prisée tous les vendredis soirs dans les universités nord-américaines, et où des chercheurs se rejoignent autour d’un verre pour se raconter leur semaine. En effet, après ma thèse sur les mécanismes de l’inflammation intestinale, j’ai fait un post-doctorat au Canada  : dans l’équipe de John Wallace à l’université de Calgary. Deux semaines après mon arrivée, alors que j’étais en train de réfléchir à un sujet de post-doc, je me suis rendue à une de ces soirées. Et là, j’ai rencontré le Ana-Maria Lennon-Duménil unité 932 Inserm- Institut Curie 2G. Faure-André et al. Science, 12 décembre 2008 ; doi  : 10.1126/science.1159894 2M. Chabaud et al. Nature communications, 15 août 2015 ; doi  : 10.1038/ncomms8526 2P. Vargas et al. Nature cellbiology, 8 décembre 2015 ; doi  : 10.1038/ncb3284 pharmacologue Morley Hollenberg, qui travaillait aussi à l’université de Calgary, à l’étage au-dessus du nôtre. À l’époque, il s’intéressait au système cardiovasculaire. Or des études venaient de montrer qu’une molécule clé pour ce dernier, la thrombine, agissait en coupant des protéines appelées « récepteurs aux protéases ». Lors de la discussion, il est ressorti qu’ils devaient être activés en cas d’agression de l’organisme, et donc d’inflammation. D’où l’idée d’explorer leur rôle – et donc celui des protéases – dans l’inflammation, notamment intestinale. À mon retour en France, en 2007, j’ai continué à étudier ce sujet. Depuis, nous avons fait plusieurs découvertes, qui ont permis de proposer une thérapie innovante contre les maladies inflammatoires digestives.
PRIX INNOVATION Ingénieur de recherche Insermà la plateforme Cyceron de Caen, AhmedAbbas participe au développement de médicaments radioactifs. Une activité cruciale pour la recherche biomédicale, saluée par le Prix Innovation. Je dois mon prix non pas à un instant précis, mais à une succession d’évènements. Lesquels ont éveillé en moi un intérêt profond pour la science et la pluridisciplinarité, deux éléments au cœur de mon activité, qui touche non seulement à la pharmacologie mais aussi à la santé, au nucléaire et à l’imagerie médicale. Alors que j’étais encore sur les bancs de l’école primaire à Alger, notre instituteur nous avait demandé de nous documenter sur un thème de notre choix. Et ma mère – qui était professeure de En charge de la plateforme du Réseau d’histologie expérimentale de Montpellier, Nelly Pirot a permis le développement d’un logiciel de partage d’échantillons histologiques. Elle a reçu le Prix Innovation. Nous n’aurions jamais pu finaliser notre système sans le financement du groupement d’intérêt scientifique Infrastructures en biologie santé et agronomie (GIS IBiSA), décroché en 2014. On disposait alors d’une première version développée par Laurent Le Cam, responsable scientifique de notre plateforme, et la société Advanced solutions accelerator (ASA). Mais il fallait l’améliorer. Notamment via l’ajout d’un second logiciel qui permet d’interroger la base de données, pour y trouver un échantillon avec les caractéristiques souhaitées. Afin obtenir les fonds « J’ai hérité mon attachement à la pluridisciplinarité d’un professeur de terminale » AhmedAbbas unité 1077 Inserm/EPHE – Université Caen-Normandie « Ce financement a stimulé l’obtention d’autres fonds ! » nécessaires, nous avons postulé à un appel d’offre ouvert par le GIS IBiSA. Jusque-là celui-ci n’avait labellisé aucune plateforme d’histologie comme la nôtre. Son financement a stimulé l’obtention d’autres fonds, européens et de la Région* cette fois. Au total, nous avons reçu 363 000 euros. Cette enveloppe nous a aidés à parfaire notre système et à nous équiper d’automates pour améliorer la caractérisation des échantillons. Avec 66 000 échantillons répertoriés à ce jour, notre logiciel devrait être accessible à tous les chercheurs du monde dès juin 2019. De quoi permettre la réutilisation, par d’autres équipes, des échantillons enregistrés et ainsi diminuer le nombre d’animaux et les moyens techniques et humains mobilisés.français mais qui aimait beaucoup les sciences – m’a proposé de faire un exposé sur les abeilles. Et plus précisément sur la communication d’informations géographiques entre ces hyménoptères. Ce travail m’a valu la meilleure note de la classe et les félicitations de mon instituteur. Mais surtout, il a révélé ma curiosité pour la science. Quant à mon attachement à la pluridisciplinarité, je l’ai hérité notamment de mon professeur de physique de terminale. Ses qualités pédagogiques et sa capacité à faire le lien entre sa matière et d’autres disciplines m’ont donné envie de mener une vie d’ingénieur et de travailler dans un univers pluridisciplinaire. Nelly Pirot unité 1194 Inserm– Institut de recherche en cancérologie de Montpellier Insermle magazine #42 23 * Programme FEDER-FSE 2014-2020 Languedoc Roussillon et BioCampus Montpellier Retrouvez les lauréats en images sur www.inserm.fr Rubrique réalisée par Kheira Bettayeb Dessins  : Inserm/Flore Avran



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