Science & Santé n°42 mar/avr/mai 2019
Science & Santé n°42 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12,1 Mo

  • Dans ce numéro : les prochains défis de la recherche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Insermle magazine 20 #42 têtes chercheuses L’instant où... PRIX D’HONNEUR Fondateur de l’Institut de biologie de l’École normale supérieure de Paris, Antoine Triller a consacré sa carrière aux synapses, ces zones qui permettent aux neurones de communiquer. Mes recherches ont connu un tournant majeur en 2003 quand, grâce à une rencontre déterminante, j’ai pu démontrer une hypothèse capitale  : que si la mémoire est un processus stable, les molécules qui la forment (les récepteurs synaptiques protéines qui participent à la communication entre les neurones), sont elles très mobiles Antoine Triller unité 1024 Inserm/CNRS – École normale supérieure Paris, IBENS k Les lauréats des prix Inserm2018 autour de Claire Giry, directice générale déléguée de l’Institut, et Alain Prochiantz, administrateur du Collège de France « Début 2002, se présente à mon bureau Maxime Dahan » et diffuses sur la membrane des neurones. J’ai eu l’intuition de cette réalité après des travaux menés en 2001 en collaboration avec Daniel Choquet, désormais à l’Institut interdisciplinaire de neurosciences, à Bordeaux. Restait à la montrer de façon directe. Puis, début 2002, se présente à mon bureau Maxime Dahan, directeur de recherche au CNRS, qui souhaitait collaborer avec mon équipe. J’apprends alors qu’il a travaillé dans le groupe de l’Américain Shimon Weiss de l’université de Californie à Los Angeles. Or ce dernier venait de publier un article qui décrivait la technique dite des « boîtes quantiques » (quantum dot en anglais), des nanocristaux fluorescents qui, accrochés aux molécules, permettent de les suivre en temps réel. Et j’avais compris d’emblée que cet outil pouvait nous aider dans nos recherches. Or voilà que par le plus extraordinaire des hasards, je rencontrais un physicien formé à l’utiliser ! Par la suite, j’ai mis en évidence que l’altération de la mobilité des récepteurs synaptiques et d’autres molécules contribue à la survenue des maladies d’Alzheimer et de Parkinson. Daniel Choquet  : UMR 5297 CNRS/Université Bordeaux 2 Maxime Dahan (1972-2018)  : UMR 168 CNRS/Sorbonne Université 2M. Dahan et al. Science, 17 octobre 2003 ; doi  : 10.1126/science.1088525 2A. Shrivastava et al. Neuron, 5 juillet 2017 ; doi  : 10.1016/j.neuron.2017.05.026 Inserm/Mehrak
PRIX INTERNATIONAL Spécialiste en biologie de la paroi vasculaire, Elisabetta Dejana a dirigé et dirige plusieurs équipes en Italie, en France et en Suède. Une carrière riche distinguée par le Prix international. Je dois mon parcours européen à une découverte réalisée à la fin des années 1980, à l’institut Mario Negri de Milan  : celle de la VEcadhérine, une molécule maintien de l’intégrité des vaisseaux sanguins. Cette avancée m’a hissée aux côtés des plus grands spécialistes de mon domaine. Et c’est en partie grâce à elle que Gérard Marguerie, alors directeur d’une unité Insermà Grenoble, a pensé à moi pour lui succéder. Ce que j’ai accepté  : en août 1993, je venais m’installer en France. Là, j’ai fait une autre avancée importante  : sans la VE-cadhérine, les vaisseaux ne peuvent pas se PRIX OPECST-INSERM Professeur de biochimie et directeur d’une unité Insermau sein de l’université Paris Descartes, Robert Barouki œuvre à éclairer les décideurs français et européens sur les effets des polluants sur la santé. Il a reçu le prix Opecst-Inserm. Mon parcours en toxicologie environnementale a pris une envergure nationale en 2007, après que j’ai initié une grande réunion de travail sur cette thématique. Au début de ma carrière j’ai mené une recherche très fondamentale. Puis en 2005 j’ai participé à un projet de recherche clinique, qui visait à évaluer le devenir d’un polluant stocké dans le tissu adipeux, la dioxine, lors d’un amaigrissement. J’ai alors réalisé la nécessité de provoquer une réflexion globale au niveau de l’Inserm, « Cette découverte m’a fait connaître dans mon domaine » développer. Ceci amena à considérer – pendant un temps – cette molécule comme une cible pour inhiber la production de nouveaux vaisseaux et, par-là, la croissance de tumeurs. Après quelques années, j’ai dû retourner en Italie pour participer à la création d’un nouvel institut dédié à la recherche sur le cancer à Milan  : l’institut spécialisé en oncologie médicale de la FIRC. J’y dirige désormais une équipe… mais seulement à 50% du temps ! Car depuis 3 ans, je pilote aussi une unité à l’université d’Uppsala en Suède. Il n’est pas toujours aisé de voyager autant. Surtout pour les femmes, qui doivent souvent choisir entre leur carrière et leur vie de famille. Cependant, cela est essentiel pour établir des collaborations et ainsi avancer. Robert Barouki unité 1124 Inserm– Université Paris Descartes voire au-delà, quant aux effets des polluants environnementaux sur notre santé. Aussi ai-je envoyé un mail au président de l’Insermpour lui suggérer – avec succès – d’organiser une rencontre à cette fin. Depuis, j’ai participé à de nombreux groupes d’orientation, nationaux Elisabetta Dejana unité de biologie vasculaire et d’angiogenèse, Fondation italienne pour la recherche contre le cancer (FIRC), Milan, Italie ; département Immunologie, génétique et pathologie, université d’Uppsala, Suède Unité 217 Inserm, laboratoire d’hématologie du CEA 2M. G. Lampugnani et al. J Cell Biol., 2 septembre 1992 2E. Dejana et al. Dev Cell, février 2009 ; doi  : 10.1016/j.devcel.2009.01.004 Insermle magazine #42 21 « Fin 2006, j’envoie un mail au président de l’Inserm… » et européens. Cela, toujours avec un soutien fort des présidents successifs de l’Inserm. Ainsi j’ai pu, au nom de l’Institut, coordonner des programmes européens du champ environnement-santé. Récemment, j’ai co-rédigé un rapport qui expose notre vision du quatrième Plan national santé environnement. Ce document met en avant le concept d’exposome, qui désigne l’ensemble des expositions auxquelles une personne peut être soumise lors de sa vie. Mon but  : accélérer les prises de décision qui permettraient de mieux prévenir les expositions aux polluants environnementaux.



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