Science & Santé n°42 mar/avr/mai 2019
Science & Santé n°42 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12,1 Mo

  • Dans ce numéro : les prochains défis de la recherche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Insermle magazine 18 #42 têtes chercheuses L’instant où... Spécial Prix InsermGRAND PRIX Directeur de recherche Inserm, Alain Tedgui a mis en évidence les dimensions inflammatoire et immunitaire de l’athérosclérose, principale cause de maladies cardiovasculaires. Il a été salué par le Grand Prix. Je dois beaucoup à ma rencontre avec celui qui est devenu mon mentor  : l’anatomopathologiste américain Seymour Glagov. À l’époque, il était déjà une référence dans le monde de la recherche sur l’athérosclérose, maladie qui associe l’épaississement de la paroi des artères et leur obstruction par des dépôts graisseux, les plaques d’athérome. Quant à moi, j’étais un jeune chercheur qui s’intéressait au remodelage des vaisseaux sanguins en réponse à des facteurs mécaniques. C’est donc tout logiquement que nous nous sommes croisés en 1989 à un congrès à Paris, sur la biologie de la paroi artérielle. Contrairement à moi, qui travaillais chez l’animal, Seymour Glagov connaissait bien l’athérosclérose chez l’humain. Par ailleurs, il était francophile. Aussi est-il rapidement devenu un référent scientifique et un ami. Cette proximité avec lui m’a conforté dans l’idée – qu’il partageait aussi – que l’athérosclérose ne dérivait pas d’une prolifération 2018 En décembre dernier, la cérémonie annuelle des Prix Inserm, au Collège de France, a récompensé neuf scientifiques, dont les travaux ont contribué à l’excellence de l’Institut. L’occasion pour les lauréats de revenir sur un moment de leur parcours où tout s’est accéléré. « Seymour Glagov m’a conforté dans une hypothèse décisive » incontrôlée des cellules de la paroi artérielle, comme le pensait la plupart des chercheurs alors, mais d’une inflammation chronique. Grâce à son soutien – et aux travaux de mon brillant élève Ziad Mallat –, nous avons pu démontrer que les molécules antiinflammatoires interleukine 10 et TGF-β ainsi que les cellules T régulatrices protègent contre l’athérosclérose. Ces travaux ont ouvert la voie au développement d’une immunothérapie contre cette maladie. Seymour Glagov (1925-2008)  : départements de pathologie et de chirurgie du centre médical de l’Université de Chicago (États-Unis) Ziad Mallat  : unité Inserm970/Université Paris Descartes ; Université de Cambridge (Angleterre) 2Z. Mallat et al. Circ Res., 15 octobre 1999 ; doi  : 10.1161/01.RES.85.8.e17 2Z. Mallat et al. Circ Res., 9 novembre 2001 ; doi  : 10.1161/hh2201.099415 2H. Ait-Oufella et al. Nat Med., février 2006 ; doi  : 10.1038/nm1343 Alain Tedgui unité 970 Inserm/Université Paris Descartes
PRIX SPÉCIAL Pierre Golstein unité 1104 Inserm/CNRS – Aix-Marseille Université Pierre Golstein est directeur de recherche émérite Inserm. Il a reçu le Prix Spécial pour la découverte de plusieurs molécules clés du système immunitaire. Si je n’étais pas allé à New York en 1982, nous n’aurions probablement pas découvert les molécules CTLA-4 et CTLA-8, qui ont mené k Chaque année, depuis 2000, l’Insermhonore ses talents et entend montrer la richesse des métiers qui font la recherche biomédicale. respectivement à des traitements prometteurs contre, certains cancers et le psoriasis, une maladie auto-immune de la peau. J’étais alors directeur d’une équipe au Centre d’immunologie de Marseille- Luminy. Nos travaux portaient sur les mécanismes de « cytotoxicité », qui permettent aux cellules de l’immunité de détruire des cellules malades. Nous tentions d’identifier des molécules à la base de ces mécanismes, dans des globules blancs particuliers  : les lymphocytes T cytotoxiques. Problème  : nous ne disposions pas de technique adaptée pour cela. D’où l’idée d’aller me former à de nouvelles méthodes dans le laboratoire de Thiruchandurai V. Rajan à l’université de médecine Albert-Einstein de New York. Lors de ce séjour d’un an, j’ai réalisé que la méthode dite d’« hybridation soustractive » permettait d’identifier des molécules produites spécifiquement par un type de cellules donné. Appliquée aux cellules cytotoxiques, dès mon retour à Marseille, cette technique nous a aidés à découvrir, entre 1986 et 1993, pas moins de 5 molécules cruciales, dont CTLA-4 et CTLA-8 (maintenant appelée IL-17 1 et 2). La première a contribué à l’approche dite d’« immunothérapie » contre le cancer, saluée par le prix Nobel de médecine 2018. 2J.-F. Brunet et al. Nature, 16 juillet 1987 ; doi  : 10.1038/328267a0 2E. Rouvier et al. J Immunol, 15 juin 1993 Insermle magazine #42 19 Entre 1986 et 1993, nous avons découvert pas moins de 5 molécules cruciales » Inserm/Mehrak



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