Science & Santé n°42 mar/avr/mai 2019
Science & Santé n°42 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12,1 Mo

  • Dans ce numéro : les prochains défis de la recherche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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16 Insermle magazine #42 + ALLEMAGNE MALADIE D’ALZHEIMER Un nouveau marqueur sanguin pour repérer les signes précoces L’un des talons d’Achille de la maladie d’Alzheimer est sa détection trop tardive. Pour mesurer ses signes présymptomatiques, Mathias Jucker et ses collègues du Centre allemand des maladies neurodégénératives et de l’université de Tübingen ont suivi les concentrations de neurofilament à chaîne légère (NFL)3 chez 243 individus atteints de la forme héréditaire de la maladie et 143 témoins. Retrouvée dans le sang, et le liquide céphalorachidien qui entoure le cerveau et la moelle épinière, cette protéine NFL est un marqueur de la progression de la maladie en lien avec le déclin cognitif et la réduction de l’épaisseur du cortex cérébral. Une variation importante de NFL a été observée jusqu’à 16 ans avant le début de la maladie dans le groupe porteur de mutations génétiques contre 6 ans chez ceux du groupe témoin. Reste désormais à montrer comment ce diagnostic rapide et peu coûteux peut être appliqué pour la forme non héréditaire, ou « tardive », de la maladie et pour les autres pathologies neurodégénératives. 4Neurofilament à chaîne légère. Protéine de soutien présente dans les prolongements (axones) des motoneurones, dédiés aux mouvements du corps 2O. Preishe et al. Nat Med., 21 janvier 2019 ; doi  : 10.1084/jem.20171455 + Inserm/Jean-Guy Fournier + ROYAUME-UNI actualités c’est ailleurs page réalisée par Julie Paysant OBÉSITÉ Trop de graisse nuit aux neurones Pour décrire la répartition des graisses dans le corps, deux calculs sont utilisés  : I’indice de masse corporelle (IMC) et le rapport taille/hanche (RTH) qui caractérise, non plus la masse graisseuse CHINE/ÉTATS-UNIS GÉNÉTIQUE Les mitochondries ont aussi un père Nos cellules ont leur centrale énergétique  : les mitochondries, qui possèdent leur propre ADN. Jusqu’à cette étude réalisée par l’équipe de Taosheng Huang, de l’hôpital pédiatrique de Cincinnati, et de Paldeep Atwal, de la clinique Mayo de Jacksonville, il était largement admis que l’ADN mitochondrial, l’ADNmt, était transmis uniquement par la mère. Mais, l’hétéroplasmie, le mélange d’un ADNmt issu de la mère et du père, serait finalement moins rare que prévu. En effet, leurs travaux de séquençage génétique de trois familles sans lien de parenté, confirmés par deux laboratoires, ont montré que 24 à 76% des membres d’une fratrie avaient un ADNmt hétéroplasmique. De nouvelles perspectives de recherche s’ouvrent afin de mieux prendre en charge les maladies mitochondriales (myopathies, syndrome de MELAS, syndrome de Kearns-Sayre) qui touchent chaque année 200 nouveaux individus en France. 2S. Luo et al. PNAS, 18 décembre 2018 ; doi  : 10.1073/pnas.1810946115 périphérique, mais celle localisée au niveau de l’abdomen. Mark Hamer et David Batty des universités de Loughborough et de Londres ont mis en relation ces deux données avec le volume cérébral chez 9 652 Britanniques âgés de 40 à 69 ans. Tout d’abord, une obésité périphérique et ventrale, caractérisée par un IMC supérieur à 30 kg/m 2 et un RTH supérieur à 0,90, diminue le volume de matière grise. Cette baisse est de 2% en comparaison à un poids normal. Ensuite, L’ADN mitochondrial (points noirs) peut aussi être hérité du père. k Metamorworks/Adobe Stock + les chercheurs ont montré que le cumulde la graisse en périphérie et au niveau de l’abdomen a plus d’impact sur le cerveau d’une personne obèse qu’en surpoids  : on observe une diminution de 0,25% du volume des neurones en cas de surpoids contre 1% dans le cas de l’obésité. Désormais, l’enjeu est de savoir si ce sont des anomalies de structure du cerveau qui occasionnent l’obésité ou l’inverse. 2M. Hamer, G. D. Batty, Neurology, 9 janvier 2019 ; doi  : 10.1212/WNL.0000000000006879 CANADA/ÉTATS-UNIS PROBIOTIQUES Une efficacité nulle sur la gastroentérite pédiatrique Les probiotiques ne protègent pas le microbiote intestinal des enfants contre la gastroentérite. Les probiotiques, des micro organismes vivants et non pathogènes, sont fréquemment prescrits lors des infections du système digestif. Des chercheurs, encadrés par Stephen Freedman de l’hôpital pédiatrique de l’Alberta à Calgary, ont comparé l’évolution des symptômes de gastroentérite aigüe chez des enfants âgés de 3 mois à 4 ans, avec une prescription classique de Lactobacillus rhamnosus ou un placebo pendant 5 jours. Contre toute attente, aucune différence n’a été décelée sur la durée de la diarrhée, la période de vomissements ou leur contagiosité. Dans une autre étude, les chercheurs ont également mis en évidence que la prise quotidienne de probiotiques chez des enfants ne les préservait pas de la survenue de l’infection virale et de l’intensité de ses symptômes. 2S. Freedman et al. N Engl J Med., 22 novembre 2018 ; doi  : 10.1056/NEJMoa1802597 2D. Schnadower et al. N Engl J Med., 22 novembre 2018 ; doi  : 10.1056/NEJMoa1802598 k
INFERTILITÉ FÉMININE Greffe d’utérus post-mortem  : le premier bébé est né ! 10 à 15% des couples en âge de procréer souffrent d’infertilité. Pour les femmes qui présentent une absence ou une malformation de l’utérus, une solution thérapeutique est étudiée de près  : la transplantation utérine. Après les succès des greffes issues de donneuses vivantes, l’équipe d’Edmund Chada Baracat, du département de gynécologie et d’obstétrique de l’hôpital Das Clinicas et de l’université de São Paulo, vient de montrer que la transplantation d’un utérus prélevé post-mortem aboutit CHU Limoges LE POINT AVEC Tristan Gauthier chirurgien en gynécologie au CHU de Limoges En quoi cette naissance est-elle révolutionnaire ? Tristan Gauthier  : Elle prouve que greffer un utérus à partir d’une donneuse en mort céphalique est possible. Jusqu’à aujourd’hui, seules des greffes issues de donneuses vivantes avaient fonctionné. Ici, les chercheurs ont montré que l’utérus également à une grossesse à terme. Sept mois après avoir été greffée, la jeune femme de 32 ans qui souffre d’absence congénitale d’utérus s’est vue implanter un embryon fécondé in vitro avec les gamètes de son couple. Après 36 semaines de grossesse, elle a mis au monde, par césarienne, un bébé en bonne santé. Aujourd’hui, 52 transplantations utérines ont été réalisées dans le monde et 13 ont conduit à des naissances. 2D. Ejzenberg et al. Lancet, 22 décembre 2018 ; doi  : 10.1016/S0140-6736(18)31766-5 reste fonctionnel en dépit d’une ischémie prolongée de 8 heures. Ils prouvent aussi que le transfert d’embryons peut avoir lieu 7 mois après la transplantation alors que les sociétés savantes conseillent d’attendre 12 mois. Au sein de notre unité Inserm, nous avons un projet de transplantation utérine avec donneuse en état de mort cérébrale actuellement bloqué pour des raisons administratives et organisationnelles. Les études dans ce domaine permettront de statuer sur un consensus d’ischémie prolongée et le délai de transfert embryonnaire. Quelles différences avec un utérus issu d’une donneuse vivante ? T. G.  : Parmi les donneuses en mort céphalique figurent des femmes plus jeunes et donc avec des utérus bien vascularisés. La chirurgie n’est pas risquée et plus reproductible. Avec une donneuse décédée, l’anonymat et le principe d’autonomie personnelle sont respectés. D’un autre côté, les inconvénients sont nombreux car il faut que la donneuse soit compatible avec une receveuse. Cette situation oblige à gérer une ischémie plus longue tout en ayant peu de temps pour vérifier la qualité de l’utérus. En quoi cela peut modifier la prise en charge clinique de l’infertilité ? T. G.  : Aujourd’hui, l’infertilité tubaire, BRÉSIL + L’équipe du département de gynécologie et d’obstétrique de l’hôpital Das Clinicas de São Paulo avec le bébé né de la transplantation de l’utérus d’une donneuse décédée k lorsque les trompes sont altérées ou obstruées, est traitée avec la fécondation in vitro, et l’infertilité ovarienne, avec les dons d’ovocytes. En revanche, les patientes qui présentent une infertilité utérine n’ont recours qu’à l’adoption car que la gestation pour autrui est interdite en France. La greffe vient apporter une solution thérapeutique pour les patientes avec une maladie orpheline, un utérus non fonctionnel ou qui ont subi une hystérectomie. Cette approche répond aussi au besoin de normalité, qui est de porter son enfant. Et du point de vue éthique ? T. G.  : Deux problématiques sont soulevées  : le risque chirurgical d’une greffe non vitale encouru par la donneuse vivante et le traitement immunosuppresseur inutero. C’est aussi une approche inédite de la greffe d’organe car elle est éphémère  : après une ou deux grossesses, le greffon est enlevé. Propos recueillis par Julie Paysant Insermle magazine #42 17 4Ischémie. Diminution de l’apport sanguin artériel à un organe qui entraîne une baisse de l’oxygénation de ses tissus et donc la perturbation, voire l’arrêt, de sa fonction Tristan Gauthier  : unité 1248 Inserm/Université de Limoges/CHU de Limoges, Ciblage individuel et prévention des risques de traitements immunosuppresseurs et de la transplantation Hospital das clinicas da FMUSP



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