Science & Santé n°41 sep 18 à fév 2019
Science & Santé n°41 sep 18 à fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de sep 18 à fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : priorité au diagnostic !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Insermle magazine 34 #41 k L’idée du sport comme acteur de santé fait son chemin. de leur capacité d’endurance, des perturbations du métabolisme glucidique, et une absence de bénéfice de l’activité physique sur la glycémie. L’effet de l’exercice sur l’insulinorésistance impliquerait donc l’autophagie. Autre bénéfice  : comme cela a été décrit dans les maladies cardiovasculaires, l’activité physique favorise la synthèse de nouveaux vaisseaux sanguins. « Cette vascularisation va permettre une meilleure répartition, au niveau des muscles, de l’insuline et du glucose, et donc une amélioration de leur métabolisation », explique Patrice Flore. Le diabète s’accompagne aussi de dysfonctionnements des mitochondries impliquées dans l’oxydation des lipides, des dysfonctionnements qui pourraient donc contribuer à l’insulinorésistance, « même si ce n’est pas encore formellement démontré », relativise le chercheur grenoblois. L’exercice active l’irisine, une hormone qui pourrait être impliquée dans l’augmentation du nombre de mitochondries. Or, même si l’activité physique améliore le fonctionnement des mitochondries chez les personnes non malades, ça ne semble pas être le cas chez les diabétiques. Cette limite chez les malades pourrait être due à la présence d’anomalies génétiques qui empêcheraient l’expression des facteurs stimulant le métabolisme mitochondrial. Autre phénomène intéressant, il existe une deuxième voie, indépendante de l’insuline, qui permet l’entrée du glucose dans les cellules. Or, elle est activée lors d’un exercice intense et persiste de 1 à 3 jours. Ce type d’activité permettrait donc d’atténuer les pics d’hyperglycémie qui ont tendance à se produire juste après les repas. Enfin, le diabète peut entraîner des complications notamment cardiovasculaires pour lesquelles les bienfaits de l’activité physique sont montrés depuis longtemps. Et il s’avère que ce qui est bénéfique pour le diabète – meilleure sensibilité à l’insuline, Alfa27/Adobe Stock « Cette vascularisation permettra une meilleure répartition, au niveau des muscles, de l’insuline et du glucose » grand angle oxydation des acides gras, contrôle de la glycémie, baisse de l’inflammation et du stress oxydatif – le serait aussi pour limiter la survenue de certains cancers comme celui du sein. Sport et cancer, des pistes à creuser Diminuer la masse grasse par l’activité physique entraîne notamment une baisse des taux d’estrogènes circulants qui, en trop grande quantité, sont impliqués dans certains cancers du sein. De plus, cette diminution serait renforcée par une augmentation des hormones stéroïdes androgènes et estrogènes (SHBG) qui fixent les hormones sexuelles. Par ailleurs, de nombreuses études ont évalué l’intérêt de l’activité physique une fois le cancer déclaré. Dans celui du sein, une étude montre une diminution de la leptine circulante, une hormone du tissu adipeux qui, en excès, favorise la cancérogénèse et les métastases. Dans le cancer du côlon, on observe une baisse du facteur de nécrose tumorale-α (TNFα), une cytokine qui favoriserait le développement tumoral et les métastases, accompagnée d’une 2C. He et al. Nature, 8 janvier 2012 ; doi  : 10.1038/nature10758 2K. F. Petersen et al. N Engl J Med., 12 février 2004 ; doi  : 10.1056/NEJMoa031314 2T. Kurdiova et al. J. Physiol., 14 mars 2014 ; doi  : 10.1113/jphysiol.2013.264655 2Y. Z. Feng et al. Am J Physiol Cell Physiol., 1er avril 2015 ; doi  : 10.1152/ajpcell.00314.2014 2A. Zorzano et al. Biochim Biophys Acta, juin-juillet 2010 ; doi  : 10.1016/j.bbabio.2010.02.017 2C. O’Hagan et al. Sports Med., janvier 2013 ; doi  : 10.1007/s40279-012-0004-y 2Bénéfices de l’activité physique pendant et après cancer. Des connaissances scientifiques aux repères pratiques, INCa, coll. « États des lieux et des connaissances », mars 2017
National Institute of Allergy and Infectious Diseases/NIH amélioration de la sensibilité à l’insuline et d’une augmentation de l’adiponectine, une hormone du tissu adipeux, potentiellement anticarcinogène. En outre, le taux de survie des patients touchés par le cancer du côlon a été corrélé avec l’activité physique et une augmentation d’IGFBP-3 (insulinlike growth factor-binding protein-3), un facteur qui favorise la mort cellulaire et qui limiterait donc la prolifération tumorale. Enfin, plus largement, de nombreuses études indiquent que l’activité physique améliorerait la production des cellules NK (natural killer) du système immunitaire, capables de tuer les cellules cancéreuses. Bien sûr, tous les mécanismes qui soustendent les bénéfices de l’activité physique sont encore loin d’être élucidés, mais les avis sont unanimes  : lorsqu’elle est adaptée, elle contribue largement à une meilleure santé. En outre, les contre-indications sont rarissimes. Ainsi, contre toute attente, elle peut même être bénéfique dans certaines myopathies, alors que les muscles sont faibles. Autrement dit, comme le souligne Romuald Lepers, « le corps de l’Homme est naturellement conçu pour bouger, donc si on est sédentaire, il s’encrasse ! » Les athlètes masters, un modèle du « bien vieillir » Au cours des dernières décennies, la participation d’athlètes « masters », c’est-à-dire âgés de plus de 40 ans, à des marathons et à des triathlons de type Ironman3 a fortement augmenté et leurs performances se sont nettement améliorées. Leur suivi est particulièrement intéressant car « on s’affranchit de la sédentarité souvent liée au vieillissement », précise Romuald Lepers, de l’unité InsermCognition, action et plasticité sensorimotrice à Dijon. Ainsi, le chercheur a pu constater que « le déclin de leurs performances est de 7 à 12% par décennie selon les disciplines sportives, alors que chez une personne sédentaire, il peut atteindre 15 à 20%. » Par ailleurs, leur capacité d’endurance diminue moins avec l’âge. Enfin, leur commande nerveuse et leur masse musculaire sont bien mieux préservées en comparaison des personnes sédentaires, même à 80 ans. Le sport aiderait donc à bien vieillir, « mais il faut reconnaître qu’audelà d’environ 80 ans, ce bénéfice s’estompe », conclut le chercheur. 4Ironman. Triathlon consistant à nager 4 km, pédaler 180 km et courir 42 km 2R. Lepers et al. Front Physiol., 12 décembre 2016 ; doi  : 10.3389/fphys.2016.00613 L’exercice physique semble inciter les cellules tueuses naturelles de l’organisme (ici colorées au microscope électronique à balayage) à détruire les tumeurs cancéreuses. k Romuald Lepers 2M.L. Irwin et al. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev., décembre 2005 ; doi  : 10.1158/1055-9965.EPI-05-0185 2B. Pakiz et al. Int J Behav Med., décembre 2011 ; doi  : 10.1007/s12529-010-9079-8 2D. H. Lee et al. Support Care Cancer, septembre 2013 ; doi  : 10.1007/s00520-013-1822-7 2A. M. Haydon et al. Gut, mai 2006 ; doi  : 10.1136/gut.2005.081547 Pour en savoir plus Activité physique, supplice ou délice ? Samuel Vergès juin 2015, Le Muscadier/Inserm, coll. « Choc santé », 128 p., 9,90 € Exposition et conférence La Cité des sciences et de l’industrie à Paris accueille l’exposition « Corps et sport », à la conception de laquelle l’Inserma participé. Les objectifs  : faire fonctionner ses jambes et sa tête, mais aussi comprendre les enjeux sociaux, y compris médicaux, du sport. du 16 octobre 2018 au 5 janvier 2020, à partir de 7 ans www.cite-sciences.fr L’Insermpropose une conférence Santé en questions sur le thème de l’activité physique le 13 juin 2019, à 19h, à la Cité des sciences et de l’industrie (Paris 19 e) entrée libre et gratuite ; programme et informations  : www.inserm.fr Denise Leclerc (83 ans), athlète master, lors d’une épreuve d’effort sur tapis roulant k Insermle magazine #41 35



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