Science & Santé n°41 sep 18 à fév 2019
Science & Santé n°41 sep 18 à fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de sep 18 à fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : priorité au diagnostic !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Insermle magazine 32 #41 Le sport joue un rôle sur la dégradation des graisses. k Africa studio/Adobe Stock les cartilages sont fragilisés, à cause de la surcharge mécanique, mais aussi à cause d’effets métaboliques liés à l’excès adipeux », tient à souligner le rhumatologue. L’activité physique favorise la lipolyse, c’est-à-dire la dégradation des « graisses », grâce notamment à une diminution de la résistance à l’insuline. Cette hormone fait entrer le glucose du sang dans les cellules du foie, du tissu adipeux et des muscles, où il est stocké sous forme de glycogène. En outre, elle intervient dans le stockage des lipides. De plus, la dégradation des graisses au cours de l’exercice pourrait être renforcée, entre autres facteurs qui régulent le métabolisme du tissu adipeux, par la sécrétion d’interleukine 15. Amyotrophie spinale, les vertus de la natation L’amyotrophie spinale (SMA) est une maladie génétique rare dans laquelle la dégénérescence des motoneurones, les neurones qui commandent la contraction musculaire, conduit à l’atrophie des muscles. L’équipe d’Olivier Biondi, de l’université Paris Descartes, a montré chez des souris modèles de la SMA que des entraînements de natation augmentent leur résistance musculaire et leur motricité, et protègent d’une mort annoncée les motoneurones activés par l’exercice. « Ce bénéfice viendrait d’une « boucle vertueuse » d’activité neuromusculaire, indique le chercheur. Lors d’un exercice, le muscle produit des facteurs appelés « neurotrophiques », qui nourrissent les k grand angle neurones, et de l’IGF-1, qui limite la mort cellulaire. En même temps, on sollicite les neurones défaillants, qui redeviennent capables de répondre à ces facteurs. » Fort de ces résultats, l’équipe a organisé un essai clinique chez des malades. L’objectif est d’évaluer le bénéfice, au bout de six mois, de trois entraînements de natation hebdomadaires de 20 minutes chacun. « L’étude est en cours et, pour l’instant, les patients répondent bien », conclut Olivier Biondi. 2F. Chali et al. J Physiol, 1er avril 2016 ; doi  : 10.1113/JP271361 2O. Biondi et al. J Neurosci., 26 août 2015 ; doi  : 10.1523/JNEUROSCI.0608-15.2015 Motoneurones marqués en rétrograde (du muscle vers les motoneurones) par une protéine fluorescente dans la moelle épinière lombaire de souris. Par rapport à la souris contrôle (à gauche), la dégénérescence est beaucoup plus rapide chez la souris modèle d’amyotrophie spinale infantile non entraînée (au centre) que chez le rongeur entraîné (à droite). O. Biondi/UMR-S1124/Univ Paris Descartes « Enfin, la lipolyse est maximale pour les exercices de faible intensité, qui doivent donc être recommandés chez ces patients », précise Michel Guinot. L’ostéoporose, qui n’est pas une atteinte exclusivement féminine*, est quant à elle grandement limitée grâce à la pratique d’activités physiques dès l’enfance. En effet, c’est durant cette période, et plus particulièrement juste avant la puberté, que se constitue notre capital osseux, lequel diminuera ensuite progressivement tout au long de notre vie. Or, l’activité physique augmente la synthèse d’IGF-1 et de l’hormone de croissance qui, avec les estrogènes, les hormones sexuelles, initient les trois ou quatre années de forte croissance osseuse pendant lesquelles le squelette double sa masse. Faire du sport pendant l’enfance est donc bénéfique à l’âge adulte, mais « il doit être adapté », précise Sébastien Ratel de l’université de Clermont-Ferrand. Diabète, de l’importance de bouger En 2015, la France comptait 3,7 millions de diabétiques diagnostiqués, dont 90% ont un diabète de type 2. Or, comme pour les maladies ostéo-articulaires, « l’activité physique fait partie intégrante du traitement de ce diabète, en complément des mesures diététiques et des traitements pharmacologiques », explique Patrice Flore, enseignant-chercheur à l’université de Grenoble et membre de l’équipe de Samuel Vergès. L’élément clé du diabète est l’insuline, qui est produite par le pancréas. Le diabète de type 2 est dû à une résistance progressive des cellules à cette hormone, et au fait que le pancréas n’est plus capable d’en produire suffisamment pour compenser cette résistance. Ces phénomènes, mais aussi leurs causes et leurs conséquences sur l’organisme, sont autant de cibles potentielles de l’activité physique comme l’a décrit Patrice Flore dans une revue très détaillée. * Voir S&S n°38, Grand angle « Sexe et genre  : mieux soigner les femmes et les hommes », p.24-35 Sébastien Ratel  : laboratoire des Adaptations métaboliques à l’exercice en conditions physiologiques et pathologiques (AME2P), Université Clermont Auvergne Patrice Flore  : unité 1042 Inserm/Université Grenoble Alpes 2B.L. Riggs et al. Endocr Rev., juin 2002 ; doi  : 10.1210/edrv.23.3.0465 2G. van Hall. Sports Med., novembre 2015 ; doi  : 10.1007/s40279-015-0394-8
L’exercice permettrait ainsi une amélioration des réponses des cellules à l’insuline. D’une part, il augmenterait l’activité de deux protéines  : le transporteur de glucose 4 (GLUT4) et la glycogène synthétase. La première permet au glucose d’entrer dans les cellules, la seconde intervient dans la transformation du glucose en glycogène. D’autre part, il améliorerait l’oxydation des lipides, c’est-à-dire leur transformation en énergie utilisable par les cellules, et diminuerait la synthèse de diacylglycérol et des céramides, des acides gras qui favorisent la résistance des cellules à l’insuline. Ces effets de l’activité physique sont d’autant plus intéressants « qu’il a été montré qu’ils étaient aussi efficaces que la metformine, le traitement de base du diabète de type 2 », précise Patrice Flore. Par ailleurs, l’excès de graisses engendre de l’inflammation, laquelle peut provoquer un stress oxydant, c’est-à-dire la libération de radicaux libres qui déclenchent des réactions en chaîne délétères pour les constituants de nos cellules. Et notamment sur le réticulum endoplasmique, un organite cellulaire qui intervient dans la synthèse et la maturation des protéines. Ces phénomènes ajoutés à la diminution de « L’activité physique fait partie intégrante du traitement du diabète de type 2 » Pour les enfants, une activité physique adaptée est indispensable « Un enfant n’est pas un adulte en miniature, tient à souligner Sébastien Ratel de l’université de Clermont- Ferrand. Son corps est soumis à la croissance et à la maturation. Il faut donc en tenir compte dans les activités physiques. » À la puberté, quand l’adolescent prend beaucoup de centimètres en peu de temps, il faut éviter celles qui impactent trop les structures osseuses et articulaires. « Le système musculo-tendineux se met en tension. Or, les os n’étant pas encore totalement « solidifiés », ils risquent de se fissurer au niveau des zones d’insertion des tendons », explique le chercheur. Chez les plus Inserm/Jean-Sébastien Annicotte l’autophagie, qui permet aux cellules de détruire par exemple les protéines malformées, contribuent également au diabète de type 2. Ce « stress » du réticulum endoplasmique pourrait ainsi être modulé par l’activité physique grâce à une cascade de réactions. Dans un premier temps, elle activerait l’AMP kinase (AMPactivated protein kinase), une enzyme qui régule le métabolisme énergétique des cellules. L’AMP kinase provoquerait ensuite l’activation du récepteur PPAR β/δ (peroxisome proli- jeunes, il faut varier les activités afin de développer la coordination, la motricité, l’adresse, l’équilibre… « L’objectif est de solliciter au maximum le système nerveux central dont le développement a lieu essentiellement avant 12-14 ans, complète-t-il. Enfin, contrairement aux idées reçues, le renforcement musculaire, même chez les très jeunes, est positif. » Les effets sont multiples  : augmentation de la force musculaire, de la densité osseuse, de la sensibilité à l’insuline, des habiletés motrices, de la stabilité articulaire. « En revanche, là encore, les exercices doivent être adaptés et encadrés », précise Sébastien Ratel. 2S. Ratel. Préparation physique du jeune sportif, Amphora, 2018 Adobe Stock Diabète de type 2  : cellules β pancréatiques humaines produisant l’insuline (en rouge). L’ADN des cellules est marqué en bleu. k Insermle magazine #41 33 ferator-activated receptor β/δ), qui a un rôle important dans le métabolisme des lipides. Les bénéfices sur l’autophagie, quant à eux, ne sont pas totalement avérés. Mais quand on bloque l’autophagie chez des souris, on note une diminution 2P. Flore et al. EMC - Endocrinologie-Nutrition, juillet 2018 ; doi  : 10.1016/S1155-1941(18)79922-8 2D. Umpierre et al. Diabetologia, février 2013 ; doi  : 10.1007/s00125-012-2774-z 2S. O. Shepherd et al. Int J Obes., décembre 2017 ; doi  : 10.1038/ijo.2017.170 2L. Salvadó et al. Diabetologia, octobre 2014 ; doi  : 10.1007/s00125-014-3331-8



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