Science & Santé n°41 sep 18 à fév 2019
Science & Santé n°41 sep 18 à fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de sep 18 à fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : priorité au diagnostic !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 Inserm/Romain Baer Insermle magazine #41 + SUÈDE CANCER DU PANCRÉAS Un test sanguin pour une détection plus précoce Faute de détection efficace, le cancer du pancréas est repéré, dans 85% des cas, lors de son stade métastasique. Pour le diagnostiquer plus vite et pouvoir intervenir chirurgicalement, l’équipe de CarlBorrebaeck de l’université de Lund a comparé des échantillons sanguins de 443 patients à différents stades de la maladie avec ceux de 888 personnes en bonne santé. Résultats  : les chercheurs ont identifié 29 marqueurs biologiques3 qui permettent de détecter les deux premiers stades du cancer du pancréas avec une précision de 96%. L’efficacité de ce test sanguin devra être testée prochainement sur une population plus grande et suivie sur le long terme. 4Marqueurs biologiques. Paramètres physiologiques ou biologiques mesurables qui permettent de suivre l’évolution in vivo d’une maladie 2L. D. Mellby et al. J Clin Oncol., 1er octobre 2018 ; doi  : 10.1200/JCO.2017.77.6658 k Lésion tissulaire précancéreuse du pancréas + actualités c’est ailleurs page réalisée par Julie Paysant qu’inesthétiques, une équipe + ÉTATS UNIS/TAÏWAN dirigée par Chun Ming Huang, des universités de Californie et de Taïwan, a étudié la piste d’un traitement vaccinal. Tout DERMATOLOGIE d’abord, les chercheurs ont identifié le rôle inflammatoire La fin de de la toxine CAMP 2 sécrétée par Propionibacterium l’acné grâce à acnes, la bactérie présente la vaccination naturellement sur la peau et responsable de l’acné Touchant 15 millions de en proliférant au niveau de personnes en France, la base d’un poil obstruée. l’acné est la première cause Puis, en administrant des de consultation chez le anticorps3 anti-CAMP à dermatologue. Pour lutter des souris ayant des lésions contre ces éruptions cutanées acnéiques sur les oreilles, ils tout aussi douloureuses ont observé une régression + ALLEMAGNE/SUISSE IMMUNOTHÉRAPIE De la soie d’araignée Laboratoire Bourquin/UNIFR/UNIGE pour véhiculer les vaccins C’est en s’inspirant de la nature qu’une équipe, dirigée par Julia Engert et Carole Bourquin de l’université de Genève et par Thomas Scheibel et Gerhard Winter des universités de Munich et Bayreuth, a réussi à fabriquer des nanoparticules en soie d’araignée qui intègrent un peptide aux propriétés vaccinales. Leurs essais sur la souris montrent que ce transporteur injecté par voie sous-cutanée réussit à atteindre les ganglions lymphatiques3 pour délivrer son peptide. À ce niveau, il va provoquer une stimulation des lymphocytes T cytotoxiques, des cellules immunitaires impliquées dans la destruction des virus mais aussi de certaines cellules cancéreuses. Désormais, reste à montrer que cette particule de soie est capable de déplacer des antigènes3 plus volumineux comme ceux présents dans la plupart des vaccins standards. 4Ganglion lymphatique. Situé dans le système lymphatique, ce ganglion est le lieu de prolifération et de différenciation des cellules immunitaires. 4Antigène. Molécule reconnue par un anticorps et capable de déclencher une réponse immunitaire 2M. Lucke, I. Motas et al. Biomaterials, 21 avril 2018 ; doi  : 10.1016/j. biomaterials.2018.04.008 k xxxxxx Cellules immunitaires intégrant des nanoparticules de soie d’araignée (en vert). Le peptide vaccinal est relargué dans des vésicules cellulaires (en bleu). de 25% de la colonie bactérienne et une réduction, par 10, des molécules inflammatoires. En répétant cette expérience sur des échantillons de peau humaine acnéique, ils ont noté une diminution de la réponse inflammatoire de la bactérie. Prochaine étape  : confirmer l’innocuité et l’efficacité de ce vaccin sur l’Homme grâce à des essais cliniques. 4Anticorps. Protéine capable de reconnaître une autre molécule afin de faciliter son élimination 2Y. Wang et al. J Investig Dermatol., 30 juin 2018 ; doi  : 10.1016/j.jid.2018.05.032 + CANADA HÉMATOLOGIE Transformer les groupes sanguins Les banques mondiales de sang sont en demande permanente de sang du groupe O, celui du donneur universel. Récemment, Stephen Withers de l’université de Colombie-Britannique à Vancouver et ses collaborateurs ont découvert, grâce à un criblage métagénomique3, une famille d’enzymes, issues de la paroi intestinale humaine, qui convertissent le sang des groupes A et B en groupe O. Ils ont montré, in vitro, que ces molécules catalytiques éliminent les antigènes A (N-acétylgalactosamine) ou B (galactose) présents sur la membrane des globules rouges avec une vitesse 30 fois supérieure à celle des autres enzymes utilisées jusqu’ici. Reste désormais à prouver que ce sang modifié n’entraîne pas d’effets indésirables une fois transfusé. 4Criblage métagénomique. Technique qui permet d’exprimer des fragments d’ADN issus d’un échantillon environnemental par un vecteur hôte pour découvrir de nouvelles enzymes ou de nouvelles molécules 2S. Withers et P.Young, 256 e congrès annuel de la Société américaine de chimie, 21 août 2018 Disponible sur  : www.acs.org
CERVEAU Une nouvelle voie express pour les cellules immunitaires Lors d’un traumatisme crânien, d’une infection ou encore d’un accident vasculaire cérébral (AVC), des globules blancs issus de la moelle osseuse affluent vers le cerveau pour gérer l’inflammation aigüe engendrée. Pour lever le voile sur l’origine et le parcours de ces cellules immunitaires, l’équipe de Matthias Nahrendorf, de la faculté de médecine de Harvard et de l’Hôpital général du Massachusetts à Boston, a suivi, chez des souris modèles d’AVC et de méningite, des polynucléaires neutrophiles, un type de globule blanc Inserm/Étienne Begouen LE POINT AVEC Denis Vivien directeur du centre Cyceron de Caen En quoi la découverte de ces microcanaux est-elle particulièrement inédite ? Cette découverte montre l’existence d’une troisième voie d’entrée de certaines cellules du système immunitaire vers le système nerveux central. Jusqu’ici, peu spécifique chargé de détruire des particules ou agents pathogènes. Grâce à un marquage immunofluorescent, ils ont observé que ce sont ceux issus de la moelle osseuse du crâne qui sont retrouvés en plus grande quantité dans le tissu fonctionnel cérébral [les neurones,ndlr.]. Contre toute attente, l’observation au microscope confocal3 de l’interface entre l’os crânien et la dure-mère, une membrane fibreuse qui entoure le cerveau, leur a permis de découvrir des canaux de 25 microns de diamètre qui relient la moelle osseuse k Sur la souris, vue en coupe des canaux reliant la cavité de la moelle osseuse au cerveau du crâne au cerveau. En analysant des échantillons humains prélevés lors d’interventions chirurgicales, l’équipe a également observé ce type de canaux d’un diamètre, cette fois-ci, de 100 microns. on en connaissait seulement deux. La première voie d’entrée dans le cerveau, identifiée depuis longtemps, consiste à franchir la barrière hématoencéphalique, une structure qui sépare le sang du tissu fonctionnel cérébral. La deuxième, découverte plus récemment, sont les plexus choroïdes, des zones cérébrales dans laquelle les vaisseaux sont perméables. Ces microcanaux semblent encore bien mystérieux… Beaucoup de questions restent en effet en suspens. Tout d’abord, il faut savoir quels sont, éventuellement, les autres types de cellules liées à l’inflammation qui transitent par cette voie. Il n’est pas exclu qu’elle privilégie un seul type cellulaire comme les plexus choroïdes, qui voient passer majoritairement des lymphocytes. Il serait aussi intéressant de décrypter la temporalité et la géolocalisation de ces canaux. Ensuite, il faudra comprendre les mécanismes physiologiques et physiopathologiques qui régissent cette voie d’entrée. Comment fonctionne-t-elle dans des conditions normales ou lors d’une inflammation consécutive à une infection ou à un AVC ? Enfin, il sera judicieux de décrire son rôle dans la survenue et l’évolution des symptômes de pathologies comme la maladie d’Alzheimer, la schizophrénie ou encore les traumatismes crâniens. Et peut-on d’ores et déjà identifier des perspectives thérapeutiques ? Aujourd’hui, les stratégies pour diminuer l’inflammation cérébrale ciblent principalement le passage des cellules immunitaires au travers de la barrière hématoencéphalique. Cette troisième voie d’entrée est potentiellement une nouvelle cible. Si l’arrivée de neutrophiles a un effet néfaste sur le pronostic du patient, nous tenterons de développer un médicament bloquant leur passage au travers de ces canaux. En neurochirurgie, l’existence d’une telle communication pourrait avoir un impact sur certains protocoles d’intervention chirurgicale comme les craniectomies décompressives, pratiquées pour faire baisser la pression intracrânienne. Enfin, si ces microcanaux sont directement impliqués dans les traumatismes crâniens, ils seront dorénavant considérés dans les approches diagnostiques en imagerie cérébrale. Propos recueillis par Julie Paysant + Insermle magazine #41 19 ÉTATS-UNIS 4Microscope confocal. Microscope optique réalisant des images à faible profondeur de champ qui permet d’exécuter des représentations tridimensionnelles, d’où son intérêt en biologie 2F. Herisson et al. Nat Neurosci., 27 août 2018 ; doi  : 10.1038/s41593-018-0213-2 Denis Vivien  : unité 1237 Inserm/Université Caen Normandie – Établissement français du sang, Physiopathologie et imagerie des maladies neurologiques Gregory Wojtkiewicz/Center for Systems Biology/Massachusetts General Hospital



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