Science & Santé n°41 sep 18 à fév 2019
Science & Santé n°41 sep 18 à fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de sep 18 à fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : priorité au diagnostic !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 SPL/Phanie Insermle magazine #41 Mucoviscidose La science moderne au secours du foie Si l’espérance de vie des patients atteints de mucoviscidose n’était que de 5 ans en 1960, elle dépasse aujourd’hui 40 ans grâce aux progrès de la médecine et à la révision des idées reçues. Par exemple, il était présumé que l’atteinte hépatique, souvent associée à la maladie, ne se développait que durant l’enfance. Mais, selon des travaux menés sur plus de 4 800 patients par l’équipe d’Harriet Corvol au Centre de recherche Saint-Antoine à Paris, elle pourrait apparaître en réalité à tout âge. Certains facteurs favoriseraient cependant une manifestation précoce, comme Addiction L’éducation contre la conta– mination Éduquer les usagers de drogues par injection sur les risques de transmission de maladies pourrait-il actualités c’est NOTRE SANTÉ le sexe masculin, la mutation Delta F508 du gène CFTR ou la présence d’une obstruction intestinale néonatale appelée « iléus méconial ». En parallèle, leurs résultats indiquent que le traitement prescrit pour prévenir l’apparition de ces complications, l’acideursodésoxycholique, n’aurait pas d’efficacité. Cette découverte remet ainsi en question l’usage généralisé de ce dernier, en particulier chez les enfants, et souligne l’importance de continuer les recherches sur ce sujet. G. M. Harriet Corvol  : unité 938 Inserm/Université Pierre-et-Marie-Curie 2P.-Y. Boelle et al. Hepatology, 30 juillet 2018 ; doi  : 10.1002/hep.30148 limiter la propagation de ces infections ? La réponse est oui, d’après l’analyse faite par Salim Mezaache et les chercheurs de l’Insermà Marseille qui ont participé à l’étude ANRS AERLI, avec l’aide des associations AIDES et Médecins du Monde. Celle-ci reposait sur des sessions individuelles d’éducation et de suivi au sein des Centres d’accueil VIH Les ravages de la maladie des caves L’histoplasmose est une infection pulmonaire causée par un champignon qui vit dans les lieux humides souillés par les fientes de volatiles ou de chauves-souris, d’où son surnom de « maladie des caves ». Souvent bénigne, elle peut s’avérer mortelle pour les personnes immunodéprimées, comme celles porteuses du VIH. L’histoplasmose est particulièrement fréquente en Amérique latine, où elle est négligée par les autorités de santé. Quelles conséquences pour la population séropositive locale ? C’est la question que se sont posée Antoine Adenis et ses collègues du Centre d’investigation clinique Antilles-Guyane à Cayenne. En analysant les données officielles de chaque pays de la région, ils ont découvert que le tiers de la population serait exposée au champignon, et près de 1,5% des séropositifs seraient infectés chaque année. Plus grave encore, cette infection serait la cause d’au moins autant de décès que la tuberculose chez ces patients. Les chercheurs guyanais appellent à une prise de conscience politique sur les enjeux du sous-diagnostic de cette maladie pourtant facilement curable. G. M. Antoine Adenis  : CIC 1424 Inserm/Université des Antilles et de la Guyane 2A. Adenis et al. The Lancet Infec Diseas., 23 août 2018 ; doi  : 10.1016/S1473-3099(18)30354-2 k Radiographie montrant un syndrome interstitiel caractéristique de l’histoplasmose (diffus dans les deux poumons) et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues, destinées à rendre plus sûres les pratiques d’injection. Chez les toxicomanes qui ont assisté à une séance ou plus, les scientifiques ont observé une importante amélioration de l’hygiène, particulièrement en ce qui concerne la préparation du produit et la technique d’injection (lavage des mains, désinfection, matériel stérile, recherche et choix de la veine…). Ainsi, une intervention facile à implémenter et peu coûteuse pourrait réduire efficacement les pratiques à risque. G. M. Salim Mezaache  : unité 1252 Inserm/IRD/Aix-Marseille Université, Sciences économiques et sociales de la santé et traitement de l’information médicale 2S.Mezaache et al. Drug Alcohol Depend., 5 septembre 2018 ; doi  : 10.1016/j.drugalcdep.2018.07.028 P.Couppié/Centre hospitalier de Cayenne
CERVEAU L’inflammation, signe d’exclusion sociale Les symptômes dépressifs et les tendances suicidaires sont souvent associés à une inflammation du cerveau. Pour mieux comprendre son rôle, Ismael Conejero de l’équipe de neuropsychiatrie de l’université de Montpellier s’est intéressé au taux sanguin de certaines cytokines, ces molécules sécrétées par le système immunitaire pour réguler l’inflammation des tissus, chez 101 femmes, dont 42 ont fait au moins une tentative de suicide et 40 une dépression. Ces taux ont alors permis de comparer leur activité cérébrale, mesurée par IRM fonctionnelle3, alors qu’elles jouaient au Cyberball. Dans ce jeu vidéo, le joueur peut envoyer une balle à deux autres participants, qui sont à son insu des personnages virtuels programmés par un algorithme pour plus ou moins l’inclure dans leur interaction. Résultat  : en phase d’exclusion du jeu, une inflammation plus importante occasionne une diminution de la réponse neuronale des régions du cerveau sensibles au rejet social, et cela indépendamment de l’historique psychiatrique du sujet examiné. Il existerait ainsi un équilibre entre l’inflammation et l’activation de ces zones cérébrales qui s’ajuste pour répondre à une situation de stress social comme l’exclusion. S. P.Nutrition Moins de pesticides chez les consommateurs de bio Les aliments issus de l’agriculture biologique contiennent peu ou pas de pesticides comparés à leurs homologues conventionnels. Les consommateurs de produits bio sont-ils pour autant moins exposés aux pesticides que la population générale ? Afin de répondre à cette question, Julia Baudry de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle de l’université Paris 13 a constitué deux groupes équivalents de 150 volontaires de l’étude NutriNet-Santé – une A. Diaz/Adobe Stock cohorte nationale qui étudie les relations entre nutrition et santé – dont la principale différence est la proportion de produits bio dans leur alimentation. Leurs urines ont alors été analysées pour déterminer la présence de pesticides et de leurs résidus. Les résultats ont montré que les personnes dont le régime alimentaire est majoritairement composé de produits bio présentent moins de traces de pesticides dans leurs urines que celles qui consomment principalement des aliments Le jeu du Cyberball est souvent utilisé pour étudier la douleur sociale dans un contexte expérimental contrôlé. k 3IRM fonctionnelle. Imagerie par résonnance magnétique qui permet de visualiser l’activité du cerveau en fonction de la quantité d’oxygène transportée localement dans le sang Ismael Conejero  : unité Inserm1061/Université de Montpellier 2I. Conejero et al. Psychoneuroendocrinology, 4 octobre 2018 ; doi  : 10.1016/j.psyneuen.2018.09.041 issus de l’agriculture conventionnelle. Ces travaux confirment que l’exposition à certains pesticides comme les organophosphorés ou les pyréthrinoïdes peut donc être réduite en introduisant des produits bio dans le régime alimentaire. S. P.Julia Baudry  : unité 1153 Inserm/Université Paris-Descartes – Centre de recherche épidemiologie et statistique Sorbonne Paris Cité (CRESS) 2J. Baudry et al. J Expo Sci Environ Epidemiol., 5 septembre 2018 ; doi  : 10.1038/s41370-018-0062-9 Insermle magazine #41 15 Vieillissement Des hôpitaux bientôt surchargés ? D’ici 2050, les personnes de 80 ans et plus représenteront près de 10% des Européens. Dans quelle mesure ce vieillissement démographique se répercutera-t-il sur les hôpitaux ? Pour y répondre, l’équipe d’Antoine Guillon du Centre d’étude des pathologies respiratoires à Tours a analysé les données médico-administratives hospitalières du Centre-Val de Loire entre 2006 et 2015. Les chercheurs ont ainsi observé un accroissement global du nombre d’hospitalisations liées aux infections pulmonaires aiguës, pathologies associées à l’âge, tout particulièrement chez les patients de plus de 85 ans. Ce sont les unités de soins intensifs qui sont le plus touchées  : les hospitalisations y ont été multipliées par 3,3 pour les patients de 85 ans et plus, et par 5,8 pour les nonagénaires. Ces résultats confirment l’augmentation prévisible des moyens afférant à la santé d’une population vieillissante, ainsi qu’une urgence sociétale  : la nécessité de mettre en place une politique économique adaptée à cette mutation. G. M. Antoine Guillon  : unité 1100 Inserm/Université de Tours 2L. Laporte et al. AnnIntensive Care, 15 août 2018 ; doi  : 10.1186/s13613-018-0430-6 Antoine Guillon



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