Science & Santé n°41 sep 18 à fév 2019
Science & Santé n°41 sep 18 à fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de sep 18 à fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : priorité au diagnostic !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 Insermle magazine #41 ÉPILEPSIES Des canaux aux effets excitants… Alors que l’épilepsie touche près de 1% de la population mondiale, un tiers des patients ne répondent pas aux traitements et ce taux reste fixe depuis plusieurs années déjà. Mais cela est peut-être sur le point de changer... « Attaquer par surprise », telle est la signification du mot « épilepsie », qui reflète bien la spontanéité d’apparition des crises répétitives spécifiques à cette maladie neurologique. L’épilepsie est ainsi principalement caractérisée par une excitation anormale d’un groupe de neurones. Afin de mieux comprendre comment sont générées les crises d’épilepsie, Nathalie Rouach, Elena Dossi et leurs collègues du Centre interdisciplinaire de recherche en biologie au Collège de France à Paris se sont intéressés à des protéines en particulier, les pannexines 1. Celles-ci forment des canaux qui, au niveau du cerveau, traversent aussi bien la membrane des neurones que celle des cellules gliales, leurs partenaires de choix dans le traitement de l’information cérébrale. « Des études sont actuellement en cours pour comprendre quelle est la contribution de ces canaux au niveau neuronal par rapport à celle au niveau des cellules gliales », précise Nathalie Rouach. Les pannexines 1 forment de larges pores qui, lorsqu’ils sont ouverts, permettent l’entrée et la sortie de nombreuses molécules qui peuvent agir localement sur le fonctionnement du système nerveux. De précédentes études ont suggéré que ces canaux étaient mis en jeu lors d’une inflammation, d’un accident vasculaire cérébral ischémique Elena Dossi actualités c’est fondamental ou encore d’une activité épileptiforme, ce qui en fait donc une piste d’étude intéressante. Les chercheurs ont mesuré l’activité électrique de tissus de cortex cérébraux qui ont été retirés lors de chirurgies chez des enfants ou des adultes épileptiques car ils étaient à l’origine de la maladie. Ces patients étaient soit pharmacorésistants, ne répondant donc pas aux traitements antiépileptiques, soit ils souffraient d’épilepsie lésionnelle, en rapport avec une lésion évolutive de type tumorale (gliomes). Résultats  : les chercheurs ont observé par coloration que les canaux de pannexines 1 sont bel et bien activés dans les tissus épileptiques, mais surtout qu’ils s’ouvrent principalement en condition de crise. Mais « ces derniers ne sont pas uniquement impliqués dans le maintien A B Inserm/Emmanuel Eugène « Les canaux de pannexines 1 favorisent les crises » des crises, nuance Nathalie Rouach, nous avons découvert que ces canaux favorisent également leur mise en place. » Dans un modèle murin, les chercheurs ont ensuite injecté, au niveau de l’hippocampe3, du kaïnate, une substance neuroexcitatrice qui permet de mimer une épilepsie du lobe temporal du cerveau, forme la plus fréquente chez l’Homme. Pour comprendre quel est le rôle des canaux de pannexines 1, ils ont alors bloqué ces derniers avec du probénécide ou de la méfloquine, deux médicaments utilisés respectivement contre la maladie de la goutte et le paludisme, mais sans lien direct avec l’épilepsie. Verdict  : que ce soit chez la souris « kaïnate » ou au niveau des tissus humains, ce blocage a entraîné une forte diminution des crises épileptiques. Le même effet a été constaté lorsqu’ils ont supprimé le gène qui code pour les pannexines 1 dans un autre modèle de souris. Ces canaux représenteraient donc une cible thérapeutique séduisante pour traiter les différentes formes d’épilepsie humaine, comme le confirme Nathalie Rouach  : « Cette avancée est d’autant plus intéressante qu’elle concernerait non seulement les patients pharmacorésistants mais également ceux qui sont soignés avec les traitements actuels et qui pourraient subir des effets secondaires. » Sophie Dupuis 4Hippocampe. Structure du cerveau impliquée dans les processus de mémorisation et de navigation spatiale Nathalie Rouach, Elena Dossi  : unité 1050 Inserm/CNRS – Collège de France, équipe Interactions neurogliales dans la physiopathologie cérébrale 2E. Dossi et al. Sci Trans Med., 30 mai 2018 ; doi  : 10.1126/scitranslmed.aar3796 A) Image en immunofluorescence d’une tranche de cortex humain épileptique issue d’une chirurgie. En rouge, un astrocyte ; en vert, les neurones. B) Les canaux de pannexine 1 s’activent en conditions épileptiques et favorisent l’induction et le maintien des crises (en haut, en rouge) ; lorsque ils sont inhibés, les crises sont bloquées (en bas, en vert). k
Caroline Roelants/Cathy Pillet/Inserm1036 CANCER DU REIN Une synergie contre les formes résistantes L’association des inhibiteurs de PI3K et Src induit de façon synergique la mort des cellules de carcinomes rénaux  : (A) cultivées in vitro sous forme de sphéroïdes (rouge) en présence de cellules endothéliales (vert) ; (B) apparaissant in vivo sur une coupe de tumeur du rein. QUESACO k Le cancer du rein est connu pour être plutôt résistant aux traitements chimiothérapeuthiques classiques. La quête de nouvelles solutions est Étiopathie Inventée dans les années 1960, l’étiopathie s’inspire de la tradition des rebouteux. Cette thérapie manuelle a pour postulat de « prioriser la détermination de la cause d’une pathologie plutôt que d’en supprimer directement les effets. » Aucune étude n’avait encore évalué son intérêt dans ses nombreuses indications (troubles articulaires, digestifs, ORL, génitaux, urinaires…) ni la sécurité de sa pratique. C’est désormais chose faite. En effet, des chercheurs de l’unité InsermSanté mentale et santé publique à Paris viennent de publier, à la demande du ministère de la Santé, un rapport d’évaluation qui est sans appel  : « L’interrogation de la littérature scientifique médicale et la consultation des documents fournis donc continue. Une équipe grenobloise de chercheurs Inserm, dirigée par Odile Filhol, a mis le doigt sur deux protéines dont l’inhibition par les étiopathes n’ont pas permis d’identifier d’études apportant des données probantes quant à la validité du diagnostic étiopathique ou à l’efficacité thérapeutique ou à la sécurité de l’étiopathie. » Le rapport insiste par ailleurs sur les évènements indésirables rares mais graves, tels que des accidents vasculaires, qui peuvent survenir lors de manipulations cervicales ainsi que sur les risques de manipulations mentales liés à l’emprise de certains patriciens sur leurs patients. M.-C. F. Santé mentale et santé publique  : unité 1178 Inserm/Université Paris-Sud/Université Paris Descartes Pour en savoir plus 2S. Ben Khedher Balbolia et al. Évaluation de l’efficacité et de la sécurité de l’étiopathie, septembre 2018 Rapport téléchargeable sur  : www.inserm.fr/information-en-sante/rapports-thematiques empêche la prolifération des cellules cancéreuses et, encore mieux, provoque leur mort. Il s’agit de PI3K et Src, deux protéines kinases3 qui ont suscité l’intérêt des scientifiques parce qu’elles sont surexprimées dans certains cancers du rein. Les chercheurs les ont ainsi bloquées de façon combinée, grâce à leurs inhibiteurs chimiques respectifs, in vitro sur des cultures de tissus cancéreux et in vivo sur des tumeurs humaines greffées sur des souris. L’association de ces deux inhibiteurs a mis en lumière une synergie pour stopper la prolifération de certains cancers rénaux. B. S. 4Kinase. Enzyme capable de transférer un groupement phosphate d’une molécule à une autre et dont le rôle est de réguler l’activité de la cellule Odile Filhol  : unité 1036 Inserm/Université Grenoble-Alpes/CEA/CNRS, Biologie du cancer et de l’infection 2C. Roelants et al. Oncotarget, 10 juillet 2018 ; doi  : 10.18632/oncotarget.25700 Cerveau La molécule de la stabilité Si les neurones peuvent s’adapter, c’est grâce à leur échafaudage interne structurel et dynamique, le cytosquelette. Annie Andrieux et son équipe du Grenoble Institut des neurosciences se sont intéressés de près à la contribution jusqu’alors floue de MAP6 à la plasticité des neurones. Cette molécule associée aux microtubules, un des composants du squelette des cellules, est capitale pour les fonctions mentales supérieures (mémoire, attention…). Or il s’avère que MAP6 est cruciale pour le bon fonctionnement des neurones en se fixant sur l’actine, autre composant du cytosquelette. De fait, elle améliore et protège le montage et le démontage des tiges d’actine, et agit sur leur conformation en les organisant et les cimentant de manière ordonnée, précise et unique. C’est ainsi un élément clé de communication entre les éléments du cytosquelette et qui pourrait avoir un intérêt thérapeutique notamment pour la schizophrénie ou les troubles du spectre autistique. M. R. Annie Andrieux  : unité 1216 Inserm/CEA/Université Grenoble Alpes 2Léticia Péris et al. Nat Commun., 17 septembre 2018 ; doi  : 10.1038/s41467-018-05869-z Neurone d’embryon de souris. MAP6 (vert) se fixe sur les microtubules (blanc) et les tiges d’actine (violet). k Insermle magazine #41 11 Léticia Péris



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