Science & Santé n°28 nov/déc 2015
Science & Santé n°28 nov/déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de nov/déc 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : changements climatiques, menaces sur notre santé !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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à la une découvertes Têtes chercheuses regards sur le monde Cliniquement vôtre Grand Angle Médecine générale ➜Entreprendre Opinions Stratégies Bloc-Notes Pixyl Mieux faire parler les IRM Tout juste créée, Pixyl, une spin-off de l’Insermet d’Inria, commercialise déjà son logiciel qui permet de mieux quantifier les lésions cérébrales sur les IRM. Un outil qui permet d’exploiter des informations aujourd’hui difficilement accessibles. LAccidents vasculaires cérébraux Obstructions ou ruptures d’un vaisseau qui transporte le sang dans le cerveau, et qui conduisent à la mort des cellules nerveuses non perfusées. Michel Dojat, Jean-François Payen, Olivier Detante  : unité 836 Inserm– Université Joseph-Fourier, Grenoble Institut des Neurosciences Florence Forbes  : Laboratoire Jean-Kuntzmann, équipe Mistis Senan Doyle  : p-dg de Pixyl 40e.:ziig U ne révolution est sur le point de bouleverser l’analyse des images obtenues par résonance magnétique (IRM). Une révolution engendrée par Pixyl, une start-up grenobloise issue de l’Insermet d’Inria, institut national de recherche dédié aux sciences et technologies du numérique. En effet, ses trois cofondateurs, Michel Dojat *, Florence Forbes * et Senan Doyle * ont conçu une solution informatique qui localise, identifie et quantifie, avec rapidité et grande précision, les lésions cérébrales dans les IRM anatomiques, signes de maladies telles que la sclérose en plaque, les tumeurs cancéreuses, les traumatismes crâniens et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) (L). Un outil donc qui sait mieux faire parler ces images. Certes, l’IRM a bien évolué depuis son invention, il y a près de 40 ans. À l’époque, seuls des échantillons de petites tailles pouvaient être visualisés à l’aide de produit de contraste. Aujourd’hui, on peut réaliser, en cinq minutes, des images du cerveau en 3D avec une résolution d’1 mm³ sans aucune injection de produit. Toutefois, le potentiel d’informations contenu dans les clichés n’est pas totalement exploité actuellement. Si des outils informatiques permettent de visualiser des zones distinctes, l’analyse des IRM est le fait des neurologues et neuroradiologues qui, malgré leur expertise, ont leurs limites. « Certaines nuances de gris dans les images ne sont pas toujours perceptibles à l’œil nu ou sujettes à des interprétations différentes », précise Michel Dojat. À cela s’ajoute le temps notable que prend la quantification du volume d’une lésion à partir des clichés en coupes fournies par l’IRM. « C’est un travail "manuel" très lourd, notamment quand il est réalisé dans le cadre de protocoles de recherche dédiés au suivi de l’évolution de la maladie chez des patients, car les images à analyser sont très nombreuses », regrette Senan Doyle. N°28 novembre - décembre 2015 Michel Dojat examine une IRM. Grâce à Pixyl.Neuro, il peut identifier et étiqueter chaque pixel volumétrique et mieux interpréter les clichés. François guénet/insermUn problème que pallie cette nouvelle solution informatique. En effet, le logiciel Pixyl.Neuro permet de segmenter automatiquement et en quelques minutes une image, en identifiant et en étiquetant chaque pixel volumétrique, ou « voxel », l’unité de mesure 3D de l’imagerie médicale. L’aventure commence avec la rencontre entre Florence Forbes et Michel Dojat.
François guénet/insermDe gauche à droite  : Michel Dojat, Senan Doyle et Florence Forbes, les trois fondateurs de Pixyl Ce dernier, ingénieur de formation, travaille à l’Insermsur l’imagerie médicale depuis 1998. En 2006, il découvre une publication de la statisticienne d’Inria qui raconte  : « J’avais mis au point des techniques mathématiques pour détecter des objets fins, comme des lignes, dans des images qui n’avaient rien à voir avec le médical. » Michel Dojat prend alors contact avec elle en vue d’utiliser ces techniques dans son domaine, notamment pour visualiser dans les IRM les sillons cérébraux. Ensemble, ils commencent à étudier leurs « Il y avait un besoin de quantifier rapidement la zone lésée applications à la segmentation en IRM. En 2008, le jeune ingénieur en génie électronique et informatique irlandais, qu’est à l’époque Senan Doyle, les rejoint pour effectuer son post-doctorat à Inria en collaboration avec le Grenoble Institut des Neurosciences (GIN), sorti de terre un an plus tôt. La thématique de ses recherches  : la segmentation des lésions cérébrales à partir des images IRM dans la sclérose en plaque et les AVC. Deux ans plus tard, le trio décide de participer à un essai dans le cadre du Programme hospitalier de recherche clinique (L) Hermès. Objectif  : suivre l’évolution des lésions de patients victimes d’AVC. « Il y avait un besoin de quantifier rapidement la zone lésée. Jusqu’alors cela prenait trop de temps », se rappelle Senan Doyle. C’est ➜entreprendre là que les trois compères testent une première version de leur programme qu’ils vont améliorer tout au long de l’essai grâce aux retours des chercheurs. Incubation Ils mesurent alors tout l’intérêt de leur trouvaille et tentent de la commercialiser. Dans un premier temps, nos trois chercheurs approchent des fournisseurs d’IRM, qui ne se montrent pas intéressés. En 2011, ils décident finalement de créer leur propre entreprise et intègrent l’incubateur Gravit, devenu par la suite la société d’accélération du transfert de technologies (Satt) (L) GIFT (pour Grenoble alpes Innovation Fast Track). Ils y réalisent une étude de marché, afin de définir leur cible commerciale  : le marché des essais cliniques. L’exercice leur permet également de cerner les clients potentiels et les éléments pour établir leurs tarifs (nombre de licences, nombre d’années de recherche de l’étude, nombre de patients et d’examens…). Il y a tout juste trois ans, ils décident de quitter l’incubateur. Senan Doyle ne renouvelle pas son contrat avec Inria et se consacre à 100% au développement du logiciel et à la création de l’entreprise. Leurs travaux avancent bien grâce aux infrastructures L Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) Programme ayant pour objectif d’évaluer la sécurité, la tolérance, la faisabilité ou l’efficacité d’une technologie de santé. LSatt Créées à l’initiative du programme des Investissements d’avenir, elles ont pour objectifs la valorisation de la recherche académique et l’amélioration du processus de transfert de technologies vers les marchés socioéconomiques. SCIENCE novembre - décembre 2015 N°28 sg 41



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