Science & Santé n°28 nov/déc 2015
Science & Santé n°28 nov/déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de nov/déc 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : changements climatiques, menaces sur notre santé !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Moustique tigre (Aedes albopictus) femelle en train de piquer Jean-François Guégan  : UMR 224 IRD/UMR 5290 CNRS – INEE 30e.:ziig CDC/gathany Afrique de l’Ouest. Toutefois, « l’incertitude concernant ces scénarios est très importante », admet le chercheur. « La modélisation des maladies infectieuses liées à un vecteur est très complexe, confirme Jean-François Guégan *, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement à Montpellier, car de nombreux paramètres interdépendants sont en jeu et peu de données sont disponibles. » Des températures favorables à l’implantation du vecteur sont une condition nécessaire mais pas suffisante pour que la maladie s’installe, il faut notamment tenir compte d’autres facteurs comme l’humidité de l’air et les précipitations. De plus, « la nouvelle aire de répartition du vecteur n’est pas forcément favorable au cycle du parasite », précise le chercheur. L’impact des facteurs humains est, quant à lui, prépondérant. La densité de population et la modification de l’usage des sols sont des facteurs clés Répartition du moustique tigre en Europe, en octobre 2015 N°28 novembre - décembre 2015 ➜Grand Angle dans l’implantation et la dissémination de ces maladies vectorielles. Réchauffement en eaux troubles En revanche, l’effet du changement climatique est indéniable lorsqu’il s’agit de maladies infectieuses à transmission directe. « Dans ce cas, comme le précise Jean-François Guégan, le degré de présomption est plus important, notamment pour celles liés à l’eau. » En effet, le réchauffement des eaux de surface a un impact direct ECDC_EFSA2015/VECTORNET
Patrick Monfort sur les populations bactériennes. Il favoriserait, par exemple, certaines bactéries de type Vibrio responsables d’intoxications alimentaires lors de consommation de coquillages crus ou pas assez cuits, voire de septicémies en cas de contact après blessure pour certaines d’entre elles, comme Vibrio vulnificus. Une étude internationale dirigée par Craig Baker-Austin, microbiologiste au Centre pour l’environnement, la pêche et la science de l’aquaculture (Cefas) de Weymouth, en Angleterre, a en effet confirmé l’influence du réchauffement des eaux de surface sur l’émergence de ce type de bactéries, autour de la mer Baltique. Même constat pour le projet CLIMVIB, coordonnée par Sylvie Joussaume *, directrice de recherche CNRS au LSCE, et Patrick Monfort *, chercheur CNRS au laboratoire HydroSciences de Montpellier, qui s’est notamment intéressé à trois souches de Vibrio pathogènes dans les eaux des lagunes du Golfe d’Aigues- Mortes, dans l’Hérault  : le réchauffement des eaux de surface favorise leur développement, tout particulièrement lors de fortes pluies qui abaissent la salinité de ces lagunes et donc son pouvoir antiseptique. Après ce bilan somme toute alarmant, comment prévenir pour mieux faire face ? D’abord, surveiller de près notre environnement pour, le cas échéant, mettre en place des systèmes d’alerte et des plans de prévention ou d’action publique. Les associations de surveillance de « Le système d'alerte et le plan Canicule sont efficaces ➜Grand Angle la qualité de l’air, comme Airparif à Paris, renseignent ainsi sur les niveaux de polluants atmosphériques. Lors des pics de pollution à l’ozone et aux PM, les pouvoirs publics peuvent alors prendre des mesures, telles que la circulation alternée ou la réduction de la vitesse maximale autorisée des véhicules. De même, le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) émet des bulletins d’alerte relatifs aux concentrations de pollens et de moisissures, qui permettent aux personnes allergiques de se prémunir. Les indices UV et les risques météorologiques (canicule, inondation...) sont, quant à eux, évalués par Météo-France. Des cartes de vigilance sont établies et si le risque météorologique est élevé, l’information est relayée aux pouvoirs publics. En cas de vague de chaleur extrême, par exemple, le plan national Canicule (PNC), créé en 2004 suite à la crise causée par la canicule de 2003, est mis en place pour en limiter les effets sanitaires, notamment grâce à de grandes campagnes d’information et à des mesures de protection des personnes les plus à risque, comme les seniors et les personnes hospitalisées. Avec d’ailleurs un certain succès lors de la canicule de 2006. Selon un modèle mathématique prédictif de la surmortalité causée par les canicules, développé par Anne Fouillet *, alors à l’Inserm, Denis Hémon * et Grégoire Rey, 6 500 décès supplémentaires étaient attendus sylvie Joussaume  : UMR 8212 CNRS – INSU, Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, IPSL patrick Monfort  : UMR 5569 CNRS/IRD – INSU, HSM anne Fouillet  : Institut de veille sanitaire (InVS) Denis Hémon  : unité 1153 Inserm/Université Paris 7-Denis Diderot/Université Paris 13-Paris Nord/INRA – Université Paris-Descartes, EPICEAC. Baker-Austin et al. Nature Climate Change, 22 juillet 2012 ; 3  : 73-7 K. Esteves et al. Applied and Environmental Microbiology, novembre 2015 ; 81 (21)  : 7600-9 A. Fouillet et al. BMC Public Health, 19 juin 2007 ; 7  : 114 A. Fouillet et al. International Journal of Epidemiology, avril 2008 ; 37 (2)  : 309-17 8 www.airparif.asso.fr 8 www.pollens.fr Les bactéries des lagunes d’Aigues- Mortes, se développent sous l'influence du réchauffement. SCIENCE novembre - décembre 2015 N°28 s 31



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