Science & Santé n°28 nov/déc 2015
Science & Santé n°28 nov/déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de nov/déc 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : changements climatiques, menaces sur notre santé !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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cnrs Lisa 2 2 Concentration d'ozone au sol le 9 août 2003 à 17h, lors de la canicule Jean-François Doussin  : UMR 7583 CNRS – INSU, LISA, IPSL istesnig 0 20 chronique obstructive (BPCO), une inflammation chronique et une obstruction progressive des bronches causée par l’inhalation de particules toxiques. Enfin, les moisissures produisent des mycotoxines, ces toxines d’origine fongique, qui, si inhalées, peuvent être responsables d’affection des voies respiratoires. L’air que nous respirons est donc lui aussi affecté par le changement climatique, jusqu’à modifier la composition et les propriétés de l’atmosphère, aggravant la pollution déjà présente. « La hausse des températures et du rayonnement UV via l’ensoleillement accélère notamment les transformations photochimiques comme celles donnant naissance à l’ozone » (voir schéma), précise Jean-François Doussin *, chercheur du CNRS au Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (LISA) et professeur de chimie atmosphérique à l’université Paris-Est Créteil. Et si le réchauffement était bon pour la santé ? La mortalité hivernale est beaucoup plus importante à l’heure actuelle que la mortalité estivale, même en comptant l’effet des canicules. Or, le changement climatique pourrait induire des hivers moins rigoureux. De là à conclure que l’augmentation globale des températures ferait baisser la mortalité hivernale dans nos régions, il n’y a qu’un pas. Que ne franchit pas Robert Vautard  : « Il est difficile de modéliser l’impact du froid sur la mortalité ». Des travaux auxquels a participé le chercheur mettent d’ailleurs en doute le fait que le froid soit la cause prépondérante de la surmortalité observée en hiver. Par ailleurs, l’augmentation globale des températures pourrait être défavorable à certains agents infectieux. Cependant, ces gains seraient largement dépassés par les problèmes sanitaires causés par les infections favorisées par cet accroissement. P.L. Kinney et al. Environmental Research Letters, 19 juin 2015 ; 10 (6)  : 064016 26 N°28 novembre - décembre 2015 ➜Grand Angle Les températures élevées accroissent aussi l’évaporation dans la basse atmosphère de solvants comme les carburants et d’autres composés organiques volatiles (COV), parfois d’origine végétale qui sont, d’une part, des composés précurseurs de la pollution à l’ozone (O3) et qui, d’autre part, favorisent la formation de particules fines (ou PM pour Particulate Matter en anglais). Les canicules, caractérisées par un fort ensoleillement, une température élevée et des vents faibles, sont donc particulièrement propices à la formation de ces polluants et, donc, de pics de pollution. Ainsi, en 2003, il s’est formé un nuage d’O3 qui recouvrait une grande partie de l’Europe occidentale. « Cette pollution était inédite en termes d’intensité et de répartition spatiale », analyse Jean-François Doussin. Or, ce composé de l’oxygène qui nous protège des UV dans la stratosphère en formant la couche d’ozone est toxique aux basses altitudes. Son pouvoir oxydant et inflammatoire affecte directement la fonction respiratoire en provoquant irritations du nez et de la gorge, toux, essoufflements et gêne respiratoire. La pollution à l’ozone contribue ainsi à exacerber les symptômes des maladies respiratoires (asthme, allergies, BPCO...) et à faciliter le développement d’infections. Les troubles cardiovasculaires sont également aggravés, en raison d’une fonction respiratoire amoindrie et, donc, d’un apport en oxygène plus faible. Des particules fines toxiques Quant aux PM, outre celles qui sont émises directement par les activités humaines comme les moteurs diesel, certaines résultent de l’oxydation des COV dans l’atmosphère. « De nombreuses fonctions chimiques se greffent alors sur ces composés qui deviennent de moins en moins volatils et finissent par se condenser en particules », explique Jean-François Doussin. Par ailleurs, « l’augmentation des températures favorise les sécheresses et les feux de forêt qui engendrent nombre d’aérosols dans l’atmosphère », rappelle Isabella Annesi-Maesano. Or, les plus petits de ces aérosols organiques, ceux dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, les PM2,5 pénètrent profondément dans nos bronches, avec un risque d’aggravation voire de déclenchement de maladies chroniques graves affectant, là encore, l’appareil respiratoire et le système cardiovasculaire. Le projet européen Aphekom sur la qualité de l’air dans 25 villes européennes, soit 39 millions d’habitants, estime que le dépassement de la valeur-guide de l’OMS pour les particules fines (PM2,5 à 10 μg/m 3 en moyenne annuelle) se traduit chaque année par 19 000 décès prématurés, dont 15 000 pour causes cardiovasculaires. La pollution atmosphérique dans
J. Partouche/Didapix/Insermson ensemble a d’ailleurs été déclarée cancérigène en octobre 2013 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui pointe tout particulièrement les PM dans le développement de cancers pulmonaires. Au-delà de l’aspect sanitaire, ce type de pollution coûte cher au régime de la Sécurité sociale  : entre 1 et 2 milliards d’euros par an, selon une étude coordonnée par Isabella Annesi-Maesano. L’augmentation de la température, de l’humidité et de la concentration en CO2 de l’atmosphère favorise aussi la Mai d'elmilii* mas dra *Med 40.14414 » IP « « ma* PRODUCTIOtt D'NON E mimilipau miaula +111.1m190.1. LimemIN Sur Ozone errarà gmffls lige'je,. 7r r'Ii (ter ra n% Fred élu IR'Ifit› LONGÉ NTRAriON D'OZONE dt DANS Lie cfki JI) Ob ➜Grand Angle croissance des plantes et, par conséquent, la production de pollen. La période de pollinisation est ainsi prolongée et les petits grains produits sont plus allergisants. « Les polluants atmosphériques comme les particules fines interagissent avec les pollens et rendent leur membrane externe plus perméable, ce qui a pour conséquence de libérer plus d’allergènes », explique Isabella Annesi-Maesano. De plus, le changement climatique modifie l’aire de répartition de certaines plantes invasives allergisantes comme l’ambroisie. Jusque-là cantonnée dans la etàdilb Pre #1111 t reompisin Pue grad unlEg..-" *lump ponlenzu. mem'RA1HOLIFGIES RESPIRATOIRES Er CARDICWASCULuREC. Rafenberg et al. Environnement, Risques & Santé, mars-avril 2015 ; 14 (2)  : 135-50 NE PAS CN FÉINDRE GAZ À EFFET CIE SE RRE ET POLLUAlliTS DE LAI R Cycle de l'ozone et impact sur la santé rivi.mpeimmgie omedirçukri bgur il+ Nd.im LtrulAm4rmiimmiephorrehuimmT. lunWl N fflyIP M+14+, 110. 11 11.1 « al 4++%1w kir lumim.chaiiin mrapni, "Mats, 11*.rn FRtirai Lm rin.pulu {men relneniblu In1 1**Inr il ginime.wwee mair-1 mard IN Irr inlmalzelMillblirEMIWI m'Umm in li 4a kt one.'num iN Newii, iM1 preppàbi piimeet1/4 miaula #F 1l Rr Phimmet% Fbarni galmrnneune'Indien lin nub ruiniez% I+11rY1411 * pP *14,40.1.1.11 I. 414SeTtii ift.n. 441 mFln remike Innla un lumen pl ninilirm8i nunni+12. bieirtirfflor op « mir mi mir « pc+ mem id mu+, ihF++/ai in ilmInio du dna lanunftlrairi ir Inennimolgerlmhiennulingerleilliiimenedi. riemILFILFIW 1,1312 pu Lune novembre - décembre 2015 N°28 e sUeg 27



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