Science & Santé n°28 nov/déc 2015
Science & Santé n°28 nov/déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de nov/déc 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : changements climatiques, menaces sur notre santé !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Grégoire Rey  : unité US10 InsermCépiDc sophie Godin-Beekmann  : UMR 8190 CNRS – INSU, Observatoire de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Laboratoire Atmosphères, milieux, observations spatiales, IPSL N. Watts et al. The Lancet, 22 juin 2015 (en ligne) doi  : 10.1016/S0140-6736(15)60854-6 G. Rey et al. International Archives of Occupational and Environmental Health, juillet 2007 ; 80 (7)  : 615-26 M. P.Corrêa et al. Photochemical & Photobiological Sciences, 1 juin 2013 ; 12 (6)  : 1053-64 LMorbidité Nombre de personnes atteintes par une maladie dans une population à un moment donnée.:ziig L e réchauffement de la planète est bel et bien une réalité. La température globale moyenne de notre Terre en 2012 était, en effet, supérieure de 0,85° C à celle de 1880 selon les données recueillies par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Et ce réchauffement causé par les activités humaines se poursuit  : Météo-France affirme que 2014 est ainsi l’année la plus chaude observée en France depuis 1900, et 2015 est bien partie pour lui rafler la mise. Les conséquences – fonte des glaces, élévation du niveau de la mer et changements climatiques – se répercutent sur toute la planète. Ces phénomènes ne menacent pas seulement la biodiversité mais aussi notre santé, avec des effets qui se font d’ores et déjà sentir et pourraient devenir catastrophiques si rien n’est fait pour limiter l’augmentation des températures. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit ainsi, dès 2030, près de 250 000 décès supplémentaires par an dus directement ou indirectement au réchauffement global, avec pour principales causes  : la malnutrition, le paludisme, la diarrhée et le stress thermique (coup de chaleur, épuisement par la chaleur, syncope...). La commission sur le changement climatique et la santé de la revue scientifique The Lancet, regroupant experts européens et chinois, estime d’ailleurs que « la lutte contre le changement climatique pourrait être l’enjeu sanitaire le plus important du XXI e siècle ». La première certitude concernant le climat à venir est l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur. Or, celles-ci ont un impact direct sur notre santé  : les températures élevées observées lors des canicules augmentent, en effet, grandement la morbidité (L) et le risque de mortalité. Ainsi en France, durant la canicule de 2003, près de 14 000 décès supplémentaires ont été enregistrés du 3 au 15 août selon les Pourquoi notre planète a un coup de chaud ? Les activités humaines telles que les transports, l’industrie, la production d’énergie, l’agriculture ou encore le chauffage, libèrent de nombreux gaz. Certains, comme le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) ou le protoxyde d’azote (N2O), piègent dans l’atmosphère une partie de la chaleur émise par la planète sous forme de rayons infrarouges. Ils sont appelés gaz à effet de serre (GES). Cet effet physique naturel permet à la Terre d’avoir une température moyenne globale de 15° C au lieu de –18°C, permettant ainsi à la vie de se développer. Cependant, l’augmentation continue de la concentration de ces gaz depuis la révolution industrielle au milieu du XIX e siècle renforce cet effet de serre et la température globale de la planète augmente. Ce réchauffement de l’atmosphère et des océans a un impact sur le climat, notamment sur la pluviométrie et les mouvements des masses d’air et des courants marins d’où l’utilisation du terme de « changement climatique ». 22 N°28 novembre - décembre 2015 ➜Grand Angle « La lutte contre le changement climatique pourrait être l’enjeu sanitaire le plus important du XXI e siècle travaux de Grégoire Rey *, ingénieur de recherche Insermet directeur du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès au Kremlin-Bicêtre. « On distingue les décès liés directement à la chaleur et au stress thermique  : hyperthermie, déshydratation ou coup de chaleur. Et d’autres liés à un état de santé défaillant causé par des maladies chroniques de l’appareil respiratoire, du système nerveux ou cardiovasculaire, ou encore un cancer », précise Grégoire Rey. Par ailleurs, bien que toutes les catégories de la population aient été affectées par la canicule, certaines personnes sont plus vulnérables. Ainsi, « les plus de 75 ans ont représenté près de 80% de la surmortalité observée », confirme le chercheur. Le milieu social joue également un rôle  : les personnes défavorisées ont été affectées par un excès de mortalité plus marqué. Enfin, il existe des inégalités au niveau du lieu d’habitation. Les effets de la chaleur sont, en effet, aggravés dans les villes en raison du phénomène d’îlot de chaleur urbain. Celui-ci peut significativement augmenter la température locale de plusieurs degrés au cœur des zones urbanisées où se concentrent une activité humaine intense et un environnement absorbant la chaleur. Ces vagues de chaleur plus fréquentes peuvent être aussi associées à une augmentation de l’exposition au rayonnement ultraviolet (UV). Or, il provoque un vieillissement prématuré de la peau et induit le risque de voir se développer carcinome ou mélanome, des cancers de la peau. Les UV peuvent aussi avoir un effet néfaste sur l’œil en provoquant des cataractes corticales, une baisse de la vue causée par l’opacification progressive du cristallin, la lentille naturelle de l’œil. L’incidence de ces maladies liées aux UV est en augmentation depuis plusieurs décennies. Par exemple, les cas de mélanome ont ainsi augmenté de 3 à 10 cas pour 100 000 personnes en France entre 1980 et 2011 selon des données de l’Insermet de l’Institut de veille sanitaire (InVS). Pourtant, « ces cancers sont plutôt attribuables aux comportements des populations – la mode du bronzage ou des loisirs en extérieur par exemple – qu’à l’augmentation du rayonnement UV », tempère Sophie Godin-Beekmann*, spécialiste du rayonnement UV, directrice de recherche au CNRS et directrice de l’Observatoire de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. L’impact du changement climatique sur l’incidence de ces maladies, bien que réel, est donc difficile à quantifier. Et les UV ont aussi des effets bénéfiques sur la santé  : ils permettent la synthèse de vitamine D, essentielle à notre métabolisme, notamment pour fixer le calcium des os. Face au soleil, il s’agit donc de trouver le bon compromis  : s’exposer mais pas trop pour éviter les érythèmes, les coups de soleil. Paradoxalement, dans le futur, ce sera probablement la synthèse de vitamine D qui fera défaut sous nos latitudes en hiver d’après les études RISC-UV (Impact du changement climatique sur le rayonnement UV) et
J. Partouche/Didapix/InsermContexte U CLZUT% mamie FACTUM InelTRORREEIERTAUX GUMMI mou:..croaromiewerwrrobs imprzerai. der ileMiin à » % MM Peelmffl fano drille -osmium » 11441410, RESAREMEE$ LE CHANGEMENT CUMATIOUE L agrœrdlaltre à Fa Illtephet IM ri:eien 1.11 ÇLNIZOMM. FIMŒILM1d1 bbner du innrri.. dei dem. Tuddigeleœ d41 erdeme r Nevem e rwpallaimi Ne* Et EFFETS SUR LA SANTE EREBUS (Évaluation des risques et bénéfices de l’exposition aux UV) coordonnées par Sophie Godin-Beekmann. Le rayonnement UV reçu sur Terre est, en effet, principalement filtré et limité par les nuages, les aérosols (L) présents dans l’atmosphère et la couche d’ozone stratosphérique. Or, cette dernière se reconstitue depuis la mise en place du protocole de Montréal, le premier succès environnemental de coopération internationale qui, en 1987, fit graduellement interdire l’émission de gaz comme les chlorofluorocarbures (CFC) qui détruisent l’ozone stratosphérique créant ainsi le fameux trou en ➜Grand Angle Ie qceeilerrom dirs peton idienztàqms usanffl. fa Wei ! dendeben ràFilowt 101.11.eltiMTÉS iribrii0uÉL LÉS ▪ l ler. Fer.kii 4. 1-1.14i.e}IrmiltyACrisrsa leefrk.I.t.Arer M. I FImme eu e-d immiffla >MAX Fi +MMES EULsIIEE ET RelwATLISIÉES CMICÉREIMAS e STRESS EKON 101)1.1 Sten.% Sax RJ Mr i7 Antarctique. « La couche d’ozone devrait être entièrement reconstituée au milieu du XXI e siècle, précise Sophie Godin-Beekmann. Or, la modification de la circulation des masses d’air attendue par les scénarios d’évolution du climat pourrait intensifier le transport à haute altitude de l’ozone formé au niveau des tropiques vers des latitudes plus élevées. » D’où une couche d’ozone plus épaisse au-dessus de nos têtes, tout particulièrement en hiver, et, in fine, une diminution probable du rayonnement UV accompagnée de son lot de carences en vitamine D dans la population. Il est probable que le I gr TrillIÉSIIIMAJICES bu IMPL 111 Nem MN «) Les effets du changement climatique sur notre santé LAérosol Dispersion en particules très fines d’un liquide ou d’un solide dans un gaz, ici l’atmosphère SCIENCE novembre - décembre 2015 N°28 23



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