Science & Santé n°28 nov/déc 2015
Science & Santé n°28 nov/déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de nov/déc 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : changements climatiques, menaces sur notre santé !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Infections respiratoires Une protéine pour muscler l’immunité Coup de froid sur les maladies respiratoires ! Une protéine bactérienne, la flagelline, pourrait prochainement faire partie de l’arsenal thérapeutique contre ces infections, tout en limitant le développement de résistances aux antibiotiques. LImmunité innée Première ligne de défense de l’organisme contre les agents infectieux, non spécifique d'un pathogène donné Jean-Claude Sirard, Christophe Carnoy  : unité 1019 Inserm/UMR 8204 CNRS/Université Lille 1/Institut Pasteur Lille – Université Lille 2 Rémi Porte et al. Antimicrobial Agents Chemotherapy, juillet 2015, 59 (10)  : 6064-72 10 ➜découvertese.:ziig B ooster l’immunité innée pour mieux combattre les infections respiratoires  : c’est l’objectif que se sont fixés Jean-Claude Sirard et Christophe Carnoy *. Alors que les infections pulmonaires représentent un réel enjeu de santé, tant pour les personnes hospitalisées, immunodéprimées, fragiles ou grippées que pour les patients souffrant d’une maladie chronique du système respiratoire, telle que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), les chercheurs sont parvenus à stimuler les défenses immunitaires innées pour mieux lutter contre les bactéries qui infectent les voies aériennes. Leurs armes ? La flagelline, une protéine bactérienne qui, appliquée au niveau de la muqueuse respiratoire de souris infectées par le virus de la grippe murine, endigue l’infection à un stade précoce de la maladie et diminue ainsi la profondeur de pénétration des agents infectieux. Comment ? En mimant une infection bactérienne au niveau de la muqueuse nasale, l’administration locale de flagelline stimule la réponse immunitaire et la production d’anticorps. Combinée à des antibiotiques (amoxicilline ou triméthoprime + sulfaméthoxazole), l’effet serait même curatif en cas d’infection déclarée, notamment celles dues à Streptoccoccus pneumoniae, agent de la pneumonie. « L’intérêt de cette association est multiple, N°28 novembre - décembre 2015 Garo/PHANIE Le système de ventilation non invasive aide les patients atteints de BPCO à respirer. se réjouit Jean-Claude Sirard, de l’Institut Pasteur de Lille. L’utilisation de la flagelline en tant que "stimulant" de l’immunité innée (L) permettrait de diminuer les doses d’antibiotiques utilisées, mais également de pouvoir employer des antibiotiques dits de seconde intention avec la même efficacité. » Ces derniers sont habituellement utilisés en deuxième ligne de traitement, après échec des premiers médicaments prescrits, dits donc de première intention. L’administration de cette protéine pourrait ainsi limiter l’apparition de résistance aux antibiotiques en variant les molécules utilisées. Reste à savoir si cette combinaison thérapeutique innovante est commercialisable à court terme. Sur ce point, le microbiologiste est optimiste  : « La production de flagelline à grande échelle n’a pas encore été réalisée. Néanmoins, il s’agit d’une protéine thermostable, soluble et qui agit de la même manière chez tous les individus, ce qui facilitera grandement la formulation d’un médicament ». Par ailleurs, la flagelline conduit à une stimulation de l’immunité forte mais transitoire. Une administration par jour serait donc nécessaire pour garantir l’efficacité de ce traitement et retrouver des défenses immunitaires optimales. « Cette propriété est en réalité très intéressante, souligne Christophe Carnoy, co-auteur des travaux. Car cette activation ponctuelle n’exacerbe pas la réaction inflammatoire des cellules et favorise davantage le retour à un état immunitaire compétent. » La suite ? Identifier précisément les mécanismes moléculaires et cellulaires des défenses immunitaires innées mis en jeu dans la protection et la guérison. Mais cette stratégie thérapeutique qui vise à manipuler le système immunitaire semble d’ores et déjà une option prometteuse pour prévenir et traiter les infections respiratoires, voire d’autres maladies infectieuses. n Tina Gereral
LANIER/REA Flavie Mathieu ➜découvertes VIH-1 et 2 Toujours pas de diagnostic rapide et optimal Il existe deux types de virus du sida, VIH-1 et 2, qui diffèrent en termes d’épidémiologie, de pathogénicité et de sensibilité aux traitements antiviraux. Agnès Gautheret-Dejean * et ses collègues, du service de virologie des hôpitaux La Pitié-Salpêtrière – Charles-Foix, ont évalué 5 tests rapides permettant d’orienter vers un diagnostic. Conclusion  : il n’existe pas un seul et unique test permettant à la fois de détecter efficacement l’infection et de différencier le VIH-1 du VIH-2, notamment quand le malade est infecté par les deux virus. F.D.M Autotest sanguin de dépistage du VIH Troubles bipolaires La réactivité émotionnelle, une question de génétique Il est admis que les troubles bipolaires, anciennement appelés psychose maniaco-dépressive, sont liés à des facteurs environnementaux et un terrain génétique défavorable. Mais du fait de la complexité de cette pathologie, il reste délicat d’identifier les gènes en cause. Pour contourner cet écueil, Flavie Mathieu * et Bruno Étain * ont étudié l’une des caractéristiques de ces troubles  : la réactivité agnès Gautheret-Dejean  : unité 1135 Inserm– Université Pierre-et-Marie-Curie, Centre d’immunologie et de maladies infectieuses A. Gautheret-Dejean et al. J Med Virol, décembre 2015 ; 87 (12)  : 2061-6 émotionnelle. Celle-ci est plus intense chez ces patients – même lorsqu’ils ne présentent pas un épisode dépressif ou maniaque – que dans une population de sujets contrôles. Les chercheurs ont ainsi montré une association entre quatre variations génétiques et une réactivité émotionnelle accrue. En outre, deux de ces variations sont localisées dans les gènes NELL1 et IL23R, impliqués dans les réactions Maladie du foie « gras » Le rôle du micro-ARN 21 élucidé La stéatopathie hépatique non alcoolique, aussi appelée NASH, est une maladie du foie qui se traduit par l’accumulation de lipides dans les cellules hépatiques associée à de l’inflammation et de la fibrose (L). Des études préalables suggèrent qu’elle serait liée à une surexpression, dans les cellules du foie, du micro- ARN 21, un petit ARN qui régule des gènes. Restait à identifier son rôle précis. Un mystère que Xavier Loyer et Pierre-Emmanuel Rautou *, du Centre de recherche cardiovasculaire de Paris, viennent d’éclaircir grâce à trois modèles murins de NASH. De fait, l’inhibition ou la suppression du micro-ARN 21 a permis d’y restaurer l’activité des récepteurs PPAR α (pour peroxisome proliferator-activated receptor alpha), des molécules impliquées dans la régulation hépatique du métabolisme des lipides et des lipoprotéines, et dans celle de la réponse inflammatoire. En outre, les lésions cellulaires, l’inflammation et la fibrose du foie, caractéristiques de cette pathologie ont été réduites. Enfin, il a été observé que le micro- ARN 21 est surexprimé dans le foie des malades, en particulier dans les cellules inflammatoires et biliaires qui sécrètent la bile chargée de la digestion. Forts de ces constats, les chercheurs en déduisent que des molécules bloquant le micro-ARN 21 pourraient permettre de traiter NASH. F.D.M 4. rautou et loyer inflammatoires. Or, ces dernières sont justement soupçonnées de favoriser ou d’aggraver les troubles bipolaires. Étudier les aspects génétiques à partir d’un trait de la maladie, plutôt que la pathologie dans son ensemble, paraît donc une approche pertinente. Les chercheurs vont maintenant tenter de confirmer l’implication de ces quatre variations génétiques dans une nouvelle cohorte de malades. F.D.M Mise en évidence du micro-ARN 21 (en bleu) sur le foie d'un malade atteint de NASH (flèches, cellules inflammatoires ; têtes de flèches, canaux biliaires). Xavier Loyer, Pierre-Emmanuel Rautou  : unité 970 Inserm/Université Paris-DescartesX. Loyer et al. Gut, 3 septembre 2015 (en ligne) doi  : 10.1136/gutjnl-2014-308883 LFibrose Tissu qui ne se régénère pas suite à une inflammation. Flavie Mathieu  : unité 958 Inserm– Université Paris-Diderot Paris 7, Génétique des diabètes Bruno Étain  : unité 955 Inserm– Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne, Institut Mondor de recherche biomédicale F. Mathieu et al. J Affect Disord, 1er décembre 2015 ; 188  : 101-6 Étude d'association entre la réactivité émotionnelle et la position des variants génétiques  : plus un point est haut, plus l'association est forte. novembre - décembre 2015 N°28 e sUeg 11



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