Science & Santé n°25 mai/jun 2015
Science & Santé n°25 mai/jun 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de mai/jun 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,9 Mo

  • Dans ce numéro : cancers de l'enfant, les promesses de la recherche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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à la une découvertes Têtes chercheuses regards sur le monde ➜Cliniquement vôtre Grand Angle Médecine générale Entreprendre Opinions Stratégies Bloc-Notes Implant cochléaire Un pied de nez aux pertes cognitives ! La perte d’audition sévère liée à l’âge est un facteur connu pour altérer les capacités cognitives telles que la mémoire, l’attention ou le langage. L’isolement social qui en découle accentue ces modifications. Lorsque la surdité ne peut pas être compensée par des prothèses auditives puissantes, l’implantation cochléaire est proposée aux patients. Cette technique plus invasive permet de stimuler directement et électriquement le nerf auditif. Afin de connaître l’impact d’une telle opération sur les améliorations cognitives de ces personnes âgées, Isabelle Mosnier *, otorhino-laryngologiste, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et ses collaborateurs ont mené une Un implant cochléaire va être posé chez un patient. étude multicentrique auprès de 94 patients âgés de 65 ans et plus. Résultats ? Dès 6 mois après l’implantation et la rééducation orthophonique, la perception du langage et la qualité de vie des patients se sont nettement améliorées. Un an après, les fonctions cognitives progressent aussi. Ces résultats sont d’autant plus encourageants que la population ne cesse de vieillir. Cependant, d’autres études seront nécessaires pour connaître l’influence à plus long terme de ces implants. J. F. Iisabelle Mosnier : unité 1159 Inserm– Université Pierre-et-Marie-Curie, Réhabilitation chirurgicale mini-invasive et robotisée de l’audition, unité Otologie, implants auditifs et chirurgie de la base du crâne I. Mosnier et al. Jama Otolaryngology-Head & Neck Surgery, 12 mars 2015 (en ligne) doi : 10.1001/jamaoto.2015.129 Inserm/Patrice Latron Dania Mohty Sténose aortique Vers une amélioration du pronostic Valve normale Valve calcifiée Quand la valve est calcifiée, le passage du sang est limité. Julien Magne * et ses collaborateurs du service de cardiologie du CHU de Limoges ont étudié, chez 768 patients souffrant de sténose aortique (L) sévère et conservant un cœur performant, l’importance de la mesure du débit cardiaque dans la prédiction du pronostic à long terme. Comment ? En analysant chez ces derniers les données de cathétérisme cardiaque, une technique visant à évaluer la pression dans les cavités du cœur. Les observations montrent que, chez ces patients, un faible débit sanguin (< 35 ml/m²) est associé de façon significative à un faible taux de survie à long terme. Ce phénomène pourrait donc être un nouveau marqueur efficace dans le rétrécissement aortique et il devra systématiquement être pris en compte pour améliorer la prise en charge et adapter le pronostic. J. F. Julien Magne : unité 1094 Inserm/CHU Limoges – Université de Limoges, Neuroépidémiologie tropicale J. Magne, D. Mohty,C. Boulogne et al. Heart, 9 mars 2015 (en ligne) doi : 10.1136/heartjnl-2014-306953 L Sténose aortique Rétrécissement de l’ouverture de la valve aortique du cœur Obstétrique Embryons altérés, taux de natalité conservé Depuis 2005, le transfert d’un seul embryon récemment fécondé in vitro est une technique de routine qui réduit les risques de grossesse multiple. Lorsque l’implantation dans l’utérus échoue, les médecins utilisent les embryons supplémentaires disponibles préalablement congelés. Problème : le processus de congélation/décongélation endommage tout ou partie des cellules de certains embryons. Cependant, d’aucuns ne perdent qu’une ou deux cellules. Quel est l’impact d’une telle altération sur le taux de natalité ? Charlotte Dupont * et Christophe Sifer *, médecins à l’hôpital de Bondy, ont pu répondre à cette question en incluant 120 couples chez lesquels un seul embryon décongelé était transféré en bon (intact) ou mauvais (perte cellulaire) état. En fait, la qualité des embryons n’affecte en rien leur capacité à s’implanter dans l’utérus et ne modifie pas le nombre de naissances vivantes. Ces résultats sont donc fort bien accueillis par les futurs parents. Ces observations sont d’autant plus encourageantes que, depuis 2011, la vitrification – une technique de congélation rapide et moins dangereuse pour les embryons – est autorisée en France. J. F. Charlotte Dupont, Christophe Sifer : unité 557 Inserm/Inra/Cnam – Université Paris 13-Descartes, Épidémiologie nutritionnelleC. Dupont et al. European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology, 19 février 2015 (en ligne) doi : 10.1016/j.ejogrb.2015.02.025 PASIEKA/SPL/PHANIE Thromboembolie veineuse Une nouvelle pathologie nosocomiale ? Veine de la jambe bloquée par un caillot (orange) en image de synthèse Entre 2005 et 2011, la thromboembolie veineuse (TEV) – obstruction d’une veine par un caillot sanguin – représentait plus de 860 000 séjours à l’hôpital en France. Catherine Quantin * et son équipe dijonnaise, en collaboration avec Francois-André Allaert, vice-président de la Société française de phlébologie, ont utilisé ces données pour mener à bien une étude statistique. Leur objectif : évaluer la prévalence de la TEV dans la population et déterminer la proportion de celles qui apparaissent après un séjour à l’hôpital. Résultat : dans 40% des cas, cette pathologie est la raison première d’admission, alors que pour les 60% restants, elle apparaît au cours du séjour à l’hôpital. Alors que l’incidence globale est de 189 pour 100000 habitants, la mortalité est plus élevée pour les TEV qui surviennent après une hospitalisation. Ces observations sont alarmantes et posent des questions sur la prévention mise en place. J. F. Ccatherine Quantin : unité 866 Inserm/École pratique des hautes études – Université de Bourgogne, Lipides-nutrition-cancer F.-A. Allaert et al. Phlebology, 9 mars 2015 (en ligne) doi : 10.1177/0268355515575592 20 ● & ECIENCE santé ● N°25 ● mai - juin 2015
➜Cliniquement vôtre Hypertension Trop de pilules nuisent à la santé Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité en France, ce qui fait du traitement de l’hypertension artérielle chez les personnes âgées une priorité. Pourtant une étude récente nuance ces bénéfices : et si son traitement était la cause de certains décès ? LPAS Pression sanguine maximale mesurée au moment de la contraction du cœur Athanase Bénétos : unité 1116 Inserm– Université de Lorraine, Défaillance cardiovasculaire aiguë et chronique A. Bénétos et al. Jama Internal Medicine, 16 février 2015 doi : 10.1001/jamainternmed.2014.8012 A ugmenter l’espérance de vie et réduire les risques cardiovasculaires, c’est la promesse des médicaments antihypertenseurs. À condition d’être utilisés à bon escient, comme n’importe quel traitement. Pour vérifier si cela était bien le cas, l’étude PARTAGE menée par Athanase Bénétos *, et parue en février dernier, a suivi pendant deux ans 1127 patients d’une moyenne d’âge de 88 ans au début de l’étude. Elle s’est déroulée en France et en Italie dans 72 établissements d’hébergement des personnes âgées et dépendantes (EHPAD), entre 2007 et 2010 - un an pour le recrutement et deux ans de suivi. Les mesures de tension, effectuées par les patients eux-mêmes assistés d’un membre du personnel, ont été prises 3 fois le matin et 3 fois le soir pendant trois jours consécutifs, soit 18 relevés par participant. La pression artérielle systolique (PAS) (L) a été mesurée en millimètres de mercure (mmHg). « En Europe, commente Athanase Bénétos, il est jugé nécessaire, à partir de 80 ans, de traiter une PAS supérieure à 160 mmHg avec l’objectif de l’abaisser à 140-150. Celle des patients était certes de 140 en moyenne, mais un tiers d’entre eux était à moins de 130, ce qui est anormalement bas pour cet âge. » Pourquoi une pression artérielle aussi basse ? Parce que 70% étaient justement traités pour l’hypertension et qu’ils recevaient un nombre important de médicaments : en moyenne 2,2 antihypertenseurs sur un total de 7,1 médicaments par jour. Une tension basse aurait dû être synonyme d’effet protecteur vis-à-vis des maladies cardiovasculaires mais elle s’est révélée, au contraire, être une cause de mortalité. En raison de leur âge avancé, 20% des participants à l’étude sont décédés au terme des deux ans de suivi. En cherchant s’il existait des critères communs à ces décès, l’équipe d’Athanase Bénétos a identifié deux facteurs de risques : une PAS inférieure à 130 mmHg et la prescription d’au moins deux traitements hypertenseurs. Avoir l’un ou l’autre n’avait aucune incidence, mais cumuler les deux facteurs de risques faisait passer la mortalité de 20% à 32%. « Parmi les plus de 80 ans, 70% reçoivent des antihypertenseurs Faut-il incriminer un surdosage d’antihypertenseurs ? Ou plutôt une multiplication des différents médicaments qui aurait augmenté les risques d’interaction médicamenteuse ? « Nous l’ignorons encore, admet Athanase Bénétos. C’est une étude d’observation, nous ne pouvons pas aller plus loin dans l’analyse de la posologie. Nous avons proposé des modèles d’intervention pour diminuer les traitements, il serait par conséquent prématuré de donner une recommandation forte. Pourtant, parmi les plus de 80 ans, 70% reçoivent des antihypertenseurs. Donc la question se pose : est-ce qu’ils ne sont pas en surtraitement ? » Pour le chercheur, il paraît actuellement logique de réduire le nombre d’antihypertenseurs chez les sujets fragiles dont la PAS est inférieure à 130 mmHg. Une proposition d’autant plus importante que, jusqu’à présent, les médecins généralistes ne disposent d’aucune recommandation lorsque la tension descend en dessous des 140 mmHg conseillés. n Étienne Ledolley AJ Photo/BSIP SCIENCE mai - juin 2015 ● N°25 ● ● 21



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