Science & Santé n°25 mai/jun 2015
Science & Santé n°25 mai/jun 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de mai/jun 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,9 Mo

  • Dans ce numéro : cancers de l'enfant, les promesses de la recherche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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à la une découvertes Têtes chercheuses ➜regards sur le monde Cliniquement vôtre Grand Angle Médecine générale Entreprendre Opinions Stratégies Bloc-Notes Australie Maladie d’Alzheimer : des ultrasons pour restaurer la mémoire Chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer, des peptides (L) s’accumulent progressivement dans le cerveau pour former des plaques amyloïdes (L). Les détruire nécessite de passer à travers la barrière hématoencéphalique (BHE), une couche de cellules qui tapisse les vaisseaux sanguins du cerveau et le protège de toute agression. L’équipe de Gerhard Leinenga, de l’université du Queensland de Brisbane, a réussi à faire régresser ces plaques in vivo chez des souris modèles de la maladie, grâce à l’injection par intraveineuse de microbulles et l’application d’ondes ultrasonores à la surface de leur cerveau. Les vibrations ainsi générées de ces microbulles créent des petites ouvertures temporaires dans la BHE. Après 6 semaines de À droite, cerveau traité par ultrasons : les plaques amyloïdes (en rouge) ont diminué. LPeptide Enchaînement de quelques dizaines d’acides aminés LPlaque amyloïde Accumulation de résidus peptidiques du précurseur de l’amyloïde LCellule microgliale Cellule immunitaire du cerveau traitement, les souris présentaient une diminution du nombre de plaques de 52% par rapport au groupe témoin, due à leur digestion par les cellules microgliales (L). De plus, la régression des plaques s’accompagne d’une diminution des troubles de la mémoire. Même si de nombreux travaux sont indispensables avant de l’appliquer à l’homme, cette méthode non invasive comporte un potentiel thérapeutique très prometteur. G. Leinenga et J. Götz, Sciences Translational Medicine, mars 2015, 7 (278) : 382-7 G. Leinenga canada Des antiinflammatoires contre la dépression ? Avec une consommation mondiale d’antidépresseurs qui a doublé entre 2000 et 2011, mieux comprendre les causes multiples de la dépression devient un enjeu majeur pour la recherche. Une étude inédite menée par Elaine Setiawan, du Centre d’addiction et de santé mentale de Toronto, montre que des patients atteints de dépression présentent un taux de protéine inflammatoire dans leur cerveau 30% plus élevé que des personnes en bonne santé. Ces résultats pourraient expliquer le bénéfice du couplage thérapeutique antidépresseur/antiinflammatoire observé chez certains dépressifs. E. Setiawan et al. JAMA Psychiatry, 1er mars 2015 ; 72 (3) : 268-75 ETATS-UNIS Obésité, la mitochondrie, siège d’un peptide clé L’expression du génome de la mitochondrie, un organite (L) cellulaire responsable de la production d’énergie et du fonctionnement des cycles métaboliques, est très complexe et l’ensemble des protéines transcrites n’est pas encore connu. C’est dans cette quête que Changhan Lee et ses collègues de l’université de Californie du Sud, à Los Angeles, viennent d’identifier un peptide (L) de 16 acides aminés stimulant, in vitro, le métabolisme du glucose et des acides gras. En injectant ce peptide mitochondrial à des souris soumises à un régime alimentaire riche en gras pendant trois semaines, les chercheurs ont constaté qu’elles prenaient moins de poids que le groupe témoin. Les causes ? Le peptide augmente trois paramètres métaboliques dans le muscle : la dépense énergétique de base, l’utilisation du glucose dans le sang et la sensibilité LOrganite Structure contenue dans le cytoplasme de la cellule LPeptide Enchaînement de quelques dizaines d’acides aminés à l’insuline. Une autre expérience a démontré que l’injection de ce peptide restaure la sensibilité du muscle murin à l’insuline qui tend à décliner en vieillissant. Cette découverte permet d’envisager l’utilisation future de ce dernier pour lutter contre l’apparition du diabète de type 2 et l’obésité.C. Lee et al. Cell Metabolism, 3 mars 2015 ; 21 : 443-54 israel La poignée de main : le flair des… humains Utilisée couramment pour saluer ou exprimer un accord, la poignée de main serait aussi un moyen de collecter des informations olfactives sur son congénère. En filmant le comportement de 271 bénévoles reçus par un expérimentateur, l’équipe d’Idan Frumin de l’Institut Weizmanndes sciences, à Rehovot, s’est aperçu que ceux qui venaient d’échanger une poignée de main sentaient leur main droite deux fois plus souvent que ceux ayant été accueillis sans contact physique. Pour les chercheurs, ces données viennent renforcer l’idée que les échanges de signaux chimiques jouent un rôle dans nos interactions sociales. I. Frumin et al. eLife, 3 mars 2015 (en ligne) doi : 10.7554/eLife.05154. L’analyse du gant a révélé des molécules chimiques impliquées dans la signalisation sociale chez les chiens, les rats ou encore les insectes. Page réalisée par Julie Paysant Idan Frumin/eLife. 18 ● & ECIENCE santé ● N°25 ● mai - juin 2015
➜regards sur le monde MOTTA, MACCHIARELLI/SPL/PHANIE ETATS-UNIS Un caillot sanguin provoque une thrombose dans une artère coronaire. L Prévention secondaire Elle vise à réduire la gravité, les complications et les séquelles, d’un problème de santé. L Prévention primaire Elle vise à réduire le risque d’apparition d’un problème de santé. Maladies cardiovasculaires Un test génétique pour la prescription des statines ? Si aujourd’hui l’intérêt des statines en prévention secondaire (L), chez des patients ayant déjà eu un accident cardiovasculaire, est clairement établi, l’usage en prévention primaire (L) de ces médicaments anti-cholestérol fait encore débat. Les potentiels effets secondaires (diabète, atteintes hépatiques…) soulèvent, en effet, la question du rapport risque/bénéfice. Pour l’équipe américaine de l’Université de Washington, il était donc indispensable d’identifier les patients pour lesquels le traitement présente un véritable intérêt. Et le test génétique pourrait devenir, selon les chercheurs, un outil d’aide à la prescription. En effet, le dépistage des marqueurs génétiques associés au risque cardiovasculaire permet de prédire de manière précise le niveau de risque des patients : plus celui-ci est élevé chez les patients, plus le traitement par statines sera efficace. J.L. Mega et al. The Lancet, 4 mars 2015 ; doi : 10.1016/S0140-6736(14)61730-X Le point avec Bernard Bégaud Directeur de l’unité 657 Inserm/Université Bordeaux-Segalen, Pharmacoépidémiologie et évaluation de l’impact des produits de santé sur les populations Science&Santé : Chez les patients à risque élevé, l’efficacité du traitement par statines en prévention primaire se confirme. Qu’en pensez-vous ? Bernard Bégaud : On le savait déjà : le bénéfice des statines en prévention primaire dépend du niveau de risque cardiovasculaire initial. Plus celui-ci est important, plus le bénéfice sera élevé. Et c’est ce que l’on retrouve ici. On retombe sur un ordre de grandeur connu, à savoir 20% pour les catégories à faible risque et jusqu’à 48% pour les sujets à haut risque. Reste que le test génétique est une approche intéressante. Il est certainement plus précis que le Heart score (L) utilisé aujourd’hui. S&S : Doit-on s’attendre alors à voir le test génétique se généraliser ? B. B. : En France, 6,4 millions de personnes suivent un traitement à base de statines. À cette échelle, c’est difficile de généraliser François guénet/insermet aller au-delà de l’analyse des risques cardiovasculaires. Comment peut-on admettre qu’une substance comme les statines, un inhibiteur du cholestérol - précurseur des hormones stéroïdes comme les hormones sexuelles ou la vitamine D - n’aurait aucune conséquence sur les mécanismes endocriniens ? Plusieurs millions de personnes en prennent chaque jour, c’est une question qu’il serait, en effet, temps de se poser. n Propos recueillis par KarlPouillot « Nos connaissances sur les effets secondaires des statines sont limitées le test génétique. Ainsi, il existe un test pour détecter la mutation de Leiden qui multiplie par cinq le risque d’accident thromboembolique (L). Mais rien n’est fait. Pourquoi ? Car sa mise en place coûte trop cher, environ 100 euros par personne. Pourtant 10 000 patients décèdent chaque année d’embolie pulmonaire (L). S&S : Quelles retombées peut-on donc attendre de cette étude ? B. B. : C’est une étude étiologique (L) avant tout. Mais les retombées pratiques du versant génétique, je ne les vois pas. On peut regretter que les chercheurs n’aient pas comparé le Heart score et le score de risque génétique par exemple. Avec des méthodes de régression (L), ils auraient pu affiner le Heart score. D’autant que pour les médecins, l’usage de cet outil de calcul est bien plus commode que le test génétique. S&S : Finalement limiter les prescriptions, c’est une chose mais ce sont les effets secondaires des statines qui sont à l’origine du débat ? B. B. : C’est vrai, nos connaissances sur les effets secondaires des statines sont assez limitées. Il faudrait mener une étude globale LHeart score Outil de calcul du risque cardiovasculaire fondé sur plusieurs critères, notamment le sexe, l’âge ou encore le taux de cholestérol total L Accident thromboembolique Résulte de l’obstruction d’un vaisseau sanguin par un caillot. L Embolie pulmonaire Survient quand un caillot obstrue une artère pulmonaire. LÉtude étiologique Étude des causes et des facteurs d’une maladie LRégression Méthodes statistiques utilisées pour analyser la relation d’une variable par rapport à une ou plusieurs autres. mai - juin 2015 ● N°25 ● CICsMfg ● 19



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