Santé Sport Magazine n°38 nov/déc 2015
Santé Sport Magazine n°38 nov/déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de nov/déc 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Caméléon Média

  • Format : (229 x 269) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 11,5 Mo

  • Dans ce numéro : aviron, le haut niveau et la pratique santé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 Danshutter/shutterstock.com SeULe reSTe Une PHoTo du PLUS JeUne médAILLé d’or AUx J.o., en 1900. } un sport I et constant sur 200 à 240 coups d’aviron. Il est donc nécessaire d’être à la fois endurant mais aussi puissant et explosif. Le rapport entre cadence et puissance prend alors tout son sens. L’aviron nécessite un effort explosif lors de la propulsion, sollicitant 85% des fibres musculaires (roth et al., 1993). Sur une course de 2 000m, accomplie entre 5 et 6 minutes, la capacité aérobie des rameurs est parmi les plus élevées des athlètes d’endurance, notamment parmi ceux utilisant leurs bras et leurs jambes. Le rameur exerce une puissance de 590 watt. Il produit une force de 450 newton (45,89 Kilogram Force [kgf]) pour plus de 200 coups 1. cet effort s’explique notamment par la position assise et la capacité à augmenter la fréquence cardiaque lors du travail des bras et des jambes (vogelsang et d’autres, 2006). cette position à bord du bateau permet une plus grande vo2max, qui est le volume maximal d’oxygène prélevé au niveau des poumons et utilisé par les muscles (Yoshiga & Higuchi, 2002) 1. À bord du bateau, tous les rameurs n’ont pas le même profil, principalement dans le huit. Yvan deSLAvIÈre, ex-entraîneur du huit de l’équipe de France, nous a expliqué la répartition des rameurs sur le bateau. « on peut découper le bateau en deux ou trois parties. Les rameurs en position une et deux sont plus fins, ils doivent posséder un bon toucher de l’eau car ils donnent le rythme et la longueur (aviron à droite et aviron à gauche) aux autres. Ils doivent être réguliers et stables pour ne pas déstabiliser la synchronisation. dans le corps du bateau, les positions trois à six sont les moteurs. Ils sont plus forts et plus costauds que les autres. on pourrait les assimiler à des premières lignes au rugby. étant plus lourds, il vaut mieux qu’ils soient dans le corps du bateau qu’à la proue. enfin, les deux derniers, en position sept et huit, sont véloces et fins techniciens. » ces différences de profil se retrouvent moins en 4 ou en 2. L’évolution de ce sport et le haut niveau exigent aujourd’hui que les rameurs soient plus polyvalents. Leur encadrement leur demande de « savoir ramer à différentes positions que ce soit en skiff ou en pointe ». Il reste cependant un critère physique important, le poids. c’est pourquoi, une catégorie de poids léger a été créée. elle est représentée par les hommes en dessous de 72,5 kg avec une moyenne des rameurs du bateau inférieure à 70 kg, sauf pour le skiff, et les femmes de moins de 59 kg avec une moyenne des rameuses du bateau inférieure à 57 kg, sauf pour le skiff. Sinon, ces hommes et ces femmes auraient-ils eu leur chance un jour de participer aux jeux olympiques ? Peut-être, mais pas forcément comme rameur. Parmi les grandes histoires de l’aviron, vous rencontrerez celle de noël vAndernoTTe. ce dernier est devenu, en 1936, aux jeux de berlin, l’un des plus jeunes (si ce n’est le plus jeune) médaillés olympiques. À 12 ans et demi, il remporte deux médailles de bronze sur le deux et le quatre barré. Un doute subsiste, à savoir s’il est le plus jeune médaillé car un autre enfant, peut-être plus jeune, aurait dû être médaillé en 1900. cet enfant, surnommé « le barreur inconnu », devient champion santésportmagazine novembre-décembre 2015 du monde de deux avec barreur aux premiers jeux olympiques de Paris en 1900 avec les athlètes néerlandais, François brAndT et roleof KLeIn. ces derniers font le choix stratégique pour la finale contre le bateau français de changer de barreur, trop lourd à leurs yeux. Ils tombent alors sur un enfant d’un club de banlieue de 33 kg. Trop léger, ce dernier doit même embarquer avec un leste de 5 kg. Après la victoire de ce trio pour le moins original, l’enfant disparaît. Seul reste une photo du cIo (ci-contre). À vous de juger l’âge ! Aujourd’hui, le barreur ne doit pas peser moins de 55 kg. L’EXIGENCE DU HAUT NIVEAU comme tous les sports, l’aviron possède son élite. malgré son manque de médiatisation, il est un sport de compétition présent dès 1896 à la renaissance des jeux olympiques relancés par le baron Pierre de coubertin. Les femmes ont dû, elles, attendre 1976, à montréal, pour pouvoir y participer. Une histoire longue qui malgré des moyens financiers et structurels limités, a poussé ses athlètes à un haut niveau d’exigence. Les athlètes français d’aviron n’ont pas les moyens aujourd’hui de vivre uniquement de leur sport. Franck SoLForoSI, m4 poids léger, est kiné de métier.comme ses coéquipiers de l’équipe de France, il est obligé d’adapter son emploi du temps professionnel pour s’entraîner. « Kiné est un métier physique. J’ai donc demandé à avoir une charge de travail de 20 h par semaine pour pouvoir m’entraîner quotidiennement. » dans ce sport considéré d’« endurance-force », les rameurs sont obligés de passer par un travail de préparation physique en plus de leur entraînement sur l’eau. Pour cela, l’équipe de France possède un circuit de musculation type (voir page suivante). « Le circuit dure à peu près 25 à 30 minutes. nous faisons entre 2 et 4 tours suivant la période de l’année », nous explique Franck. réalisé avec des charges de 50 à 60% du max,
le circuit est « de l’endurance de force » car l’aviron en compétition, sur 2 000 m au format olympique, est à la croisée entre le sprint et le sport d’endurance. « L’aviron peut être comparé au 3 000 m steeple. L’effort est du même type. On ne peut pas tenir uniquement en lactique. Passé une minute d’effort, on est forcément dans l’aérobique. C’est comme un sprint, mais cela reste un sport d’aérobique. » Derrière l’aspect physique, la technique est évidemment indispensable. Savoir manier l’aviron pour balayer un angle important est évidement essentiel. « La pelle peut balayer beaucoup d’angle. Mais en efficace dans l’eau, c’est un autre débat. Si elle sort trop tôt... ce sera moins efficace que quelqu’un qui balaye l’ensemble de l’angle avec sa pelle dans l’eau », nous explique Franck. La précision est primordiale. Sur les bateaux longs, en quatre comme en huit, la victoire tient essentiellement dans la synchronisation de l’équipe. « Il faut savoir réagir au même moment ». Les rameurs ne sont donc pas que des muscles poussés par un gros cœur. Ils doivent aussi posséder des qualités « de glisse », « d’appui », « de longueur » et de « sensation », comme ils disent dans leur jargon. LANCEMENT AVIRON SANTÉ En cette année 2015, la Fédération française d’Aviron lance l’« Aviron Santé ». Consciente des enjeux sanitaires du sport et cherchant de nouveaux pratiquants et licenciés, elle propose ainsi une nouvelle manière de pratiquer l’aviron en se distinguant de l’approche compétitive. Reconnu pour ses bienfaits sur l’appareil cardio-vasculaire et locomoteur, l’aviron peut être un moyen ludique de rester en bonne santé, mais aussi une activité pour lutter contre la maladie ou récupérer d’une opération. Depuis plusieurs années, la Fédération forme des coachs « Aviron Santé » et prépare des programmes pertinents à destination des différents publics comme ceux présentant certaines pathologies telles que le diabète, l’obésité, le cancer ou toute maladie cardio-vasculaire. Nathalie, atteinte d’un cancer, participe depuis moins d’un an à ce programme. Elle est aujourd’hui membre des Ram’zelles, une équipe de femmes atteintes de cancer qui s’est formée en novembre dans la région de Blois, et participe à divers événements. Elles ont pour objectif la Vogalonga, une grande randonnée en aviron à Venise. Mais il y a quelques mois, elle n’en était pas là. Après ses opérations, Nathalie avait du mal à reprendre un sport. La marche et la natation étaient trop physiques et traumatisantes. Les secousses en vélo la faisaient tousser et lui donnaient envie de vomir. Découverte grâce au réseau d’oncologie du Loir-et-Cher, elle a été mise en contact avec Isabelle RIQUIER, coach Aviron Santé du club de Blois. Après une première prise de contact et quelques séances de découverte, elle a définitivement pris la barre, ou plutôt la rame. N’ayant pas pratiqué l’aviron depuis la classe de 3 e et peu confiante en ses capacités après de nombreuses opérations et divers traitements, Nathalie y est allée étape par étape. Parallèlement à un travail de remise en forme et un programme de renforcement musculaire, les séances ont commencé par du rameur en salle. Ensuite est venue la prise de contact avec l’eau. Pour cela, Nathalie est passée par l’étape piscine 11/1/1M1111eittalta.a.à.ii à à à.à. 29 Rend Expositions NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2015 santésportmagazine Conception graphique  : Rémi Bélair Studio PRK - Photos ThinkStock & Getty Images



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