Salam News n°10 août 2009
Salam News n°10 août 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de août 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Saphir Média

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Ramadan 2009

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 FOCUS Jeûner au soleil Cette année, le mois de ramadan commence en plein été. Cauchemar pour certains, chance pour d’autres. Les avis divergent. En tout cas, certains voyagistes se frottent les mains. Car pour ce nouveau Ramadan, les Français seront nombreux à se rendre dans les pays musulmans. Des vacances entre tourisme et spiritualité ! Faire rimer vacances et Ramadan, difficile ? Détrompez-vous. Cette année, de nombreux Français passeront une partie du mois de ramadan en dehors de l’Hexagone. Destinations : Tunisie, Algérie, Maroc, Afrique subsaharienne, voire les pays du Golfe et bien sûr l’Arabie Saoudite. Mohamed, journaliste de 35 ans, « c’est une volonté de passer deux semaines du mois de ramadan en Tunisie. En plus, j’emmène mon fils, je suis divorcé. Je souhaite qu’il s’imprègne de la culture musulmane », poursuit-il. Ramadan et éducation religieuse au programme de ces vacances, donc. Pour autant, pas question pour lui de renoncer aux joies du tourisme, surtout pour son garçonnet de 2 ans. Alors, pour optimiser son séjour, il a pensé à tout : « Le matin, je vais à la plage. L’après-midi, je dors et, le soir, après le ftour [rupture du jeûne], je vais à la mosquée. » Si la formule peut paraître contradictoire, voire audacieuse d’un point de vue strictement religieux, rien n’empêche de s’accommoder. Surtout pour les femmes. Leïla, 28 ans, comptable dans une société de production, l’a bien compris. Dans ses bagages, point de maillot de bain deux-pièces, cette année. « J’ai déjà préparé ma djellaba pour la plage », s’exclame-t-elle, d’un ton amusé. « Mais cela ne me dérange pas du tout ! On ne fera pas les touristes. » Les priorités sont ailleurs. Avec Faraj, 29 ans, son conjoint, chargé d’études, ils seront quelques jours à Monastir (Tunisie), « histoire de découvrir l’ambiance du Ramadan. Il paraît que cela n’a rien à voir avec le Ramadan en France. » Justement, le Ramadan au bled, est-ce si différent qu’en France ? Sur la question, les avis sont mitigés. Selon Faraj, pour qui le jeûne du ramadan au bled n’est pas une première, l’expérience est positive. « On est plus serein et, surtout, on est en famille », précise-t-il. Une atmosphère chaleureuse donc… mais pas seulement. Des vacances à la mosquée Pour ce Franco-Tunisien, l’aspect religieux est essentiel. « Tu peux aller à la prière de tarawîh [prières nocturnes du mois de ramadan]. C’est vrai qu’en France c’est aussi possible, à condition de disposer d’une mosquée à proximité de chez soi », renchérit-il. Raison de plus de passer le Ramadan au bled pour les musulmans pratiquants. Rachid, lui aussi, a opté pour deux semaines de jeûne au bled. Alger précisément. Contrairement à Mohamed, Leïla ou Faraj, les vacances passent à la trappe. À 31 ans, ce cadre supérieur dans le privé passera le Ramadan en famille mais sans plage ni sorties nocturnes. « Je n’ai pas envie de voir certaines choses à la plage… je ne suis pas maître de mon environnement. Alors, je vais en profiter pour me reposer, faire mes courses, bouquiner, aller à la mosquée... Rien de plus. » Rachid, très pratiquant, a même songé un temps à effectuer la ‘umra (petit pèlerinage) mais, avec son emploi, difficile de dégager plus de trois semaines de congés. Une chance que les retraités savent saisir. Aminata et Adama, un couple de Maliens, installés en France depuis 30 ans, s’envolent à la mi-août pour une visite de La Mecque. SALAMNEWS N°10/AOÛT 2009 spécial ramadan « Nous en profiterons pour faire cinq jours de Ramadan dans le Golfe », expliquent-ils, fiers de leur futur périple. « Ce sera l’occasion de commencer le jeûne du ramadan dans le lieu le plus symbolique de notre foi ! » Quand on leur parle des températures ultra élevées dans la région, peu de réaction de leur part. « En France, les gens mangent devant nous, c’est pire », lance Aminata, les yeux rieurs. Sage programme, a-t-on envie de leur dire. Pas forcément le plus répandu en pays musulmans. Ramadan et fête D’après Rachid, « les sahra [veillées nocturnes] sont fréquentes à Alger. Certains se réunissent pour jouer aux cartes, par exemple. » Il n’est pas rare que la fête prédomine sur le Ramadan, mois de piété et de recueillement. Parfois, « il y a un côté trop festif. Les gens passent leurs nuits à faire la fête au lieu de se rapprocher de Dieu », déplore Mohamed. Un constat largement partagé par Faraj : « Après le ftour, beaucoup vont dans les bars, même dans les cabarets. Ils semblent être dans une démarche culturelle plutôt que religieuse… » Mais alors quelles différences avec un Ramadan en France ? À écouter Anissa, 19 ans, étudiante en droit, « passer un Ramadan en terre d’islam, c’est une chance ! » En vacances au Maroc pour un mois, elle attend le jeûne avec impatience. « Je ne redoute ni la chaleur ni la faim. En plus, j’ai hâte d’entendre l’appel du muezzin au moment du ftour. C’est une première pour moi. Je pense que cela va renforcer ma foi ! » ■ Nadia Moulaï Serhad
www.salamnews.fr 16 w En France, cette année, le jeûne durera de 16 heures à 14 heures par jour. Il est bien supporté par l’organisme à condition de suivre parfaitement des règles de bonne santé et d’hygiène alimentaire. Jeûne et santé Le jeûne religieux, pratiqué depuis des temps immémoriaux, est généralement observé dans un but de purification, de pénitence, de deuil ou encore de préparation à certains rites. Or ses bienfaits sur le plan médical n’ont été reconnus scientifiquement qu’à la fin du XIX e siècle. Depuis, les recherches entreprises dans le but de déterminer l’efficacité et l’innocuité du jeûne sur la santé ont démontré des résultats positifs dans le traitement de nombreux troubles : notamment, l’intolérance alimentaire, l’hypertension, l’insuffisance cardiaque congestive, l’eczéma, le psoriasis, la pancréatite aiguë, l’arthrite rhumatoïde, la goutte, le rhumatisme et certaines maladies psychosomatiques. Ainsi, un jeûne régulier allié à une excellente hygiène alimentaire aide tout un chacun à avoir une bonne santé. En islam, le jeûne du mois de ramadan consiste à s’abstenir, durant la journée, de manger, de boire et d’avoir des relations intimes. Ceux qui observent le jeûne avancent leur petit déjeuner pour le prendre à la fin de la nuit (avant la pointe de l’aube) au lieu d’être au début du jour, et retardent leur déjeuner jusqu’au coucher du soleil. Le malade et le jeûne du Ramadan D’une manière générale, le jeûne semble bien supporté par les personnes saines. Mais qu’en est-il des personnes malades ? Pour les maladies chroniques compliquées ou déséquilibrées, il est parfaitement établi qu’elles sont aggravées par le jeûne et l’abstention du jeûne s’impose. Pour les autres maladies, cette décision est étudiée au cas par cas en fonction de la maladie et du désir du malade. Selon la jurisprudence islamique, toute personne est autorisée à s’abstenir du jeûne Les médicaments compatibles avec le jeûne Par le Dr Anas Chaker, Association médicale Avicenne de France − www.amaf-france.org lorsqu’elle craint que ce dernier lui soit nuisible. Cela peut être évalué de deux façons : en se fondant sur l’expérience personnelle et/ou en suivant les conseils d’un médecin. Surtout, si un médecin avec qui le patient a établi une relation de confiance indique que le jeûne lui est nuisible, ce dernier ne doit pas jeûner. De fait, si une personne a l’autorisation de ne pas jeûner mais qu’il insiste pour le faire, il commet un acte répréhensible puisqu’il se nuit à lui-même. Il est donc indispensable de consulter son médecin traitant, car il est le seul capable d’orienter, le patient et de l’aider à prendre la bonne décision. Médicaments et jeûne Au cours du mois de ramadan, on note souvent une altération de l’efficacité thérapeutique et cela est souvent dû à des problèmes d’observance médicamenteuse. Ainsi, la prise médicamenteuse, après la rupture du jeûne, doit respecter les cinq paramètres suivants : une posologie adaptée, l’observance de la chronopharmacologie, le rythme d’administration, l’interaction avec les repas, la nature de l’effet thérapeutique. On recommande ainsi : pour les médicaments à prise unique, de les prendre juste après la rupture du jeûne ; pour ceux qui sont à prendre en deux fois, de répartir la prise entre la rupture du jeûne et le repas pris juste avant l’aube ; et en cas de prises multiples, de recourir de préférence aux formes à libération prolongée. Le mieux est donc de toujours consulter son médecin traitant un mois ou plus avant le début du mois de ramadan, afin de faire le point avec lui et d’opter pour un éventuel changement de traitement. ■ Gargarismes et aérosols buccaux, dentifrice, bain de bouche (à condition de ne pas avaler les produits utilisés) – crèmes, gels, pommades et patchs (mais pas le patch de nicotine) – gouttes ophtalmiques – gouttes et aérosols nasaux – aérosols broncho-dilatateurs (anti-asthmatiques) – injections intrarectales, suppositoires – injections sous-cutanées, intramusculaires et intra-articulaires – injections intraveineuses à but curatif – ovules gynécologiques et antiseptiques vaginaux – dialyse péritonéale. Michael Flippo Les astuces w Prendre impérativement le repas de l’aube (suhûr) : cela permet d’éviter la migraine, l’épuisement et d’avoir très soif durant la journée. w Rompre son jeûne dès qu’il est l’heure, avec des dattes (mûres et fraîches) et de l’eau afin d’augmenter la glycémie et d’hydrater le corps. w Penser à absorber l’équivalent d’au moins 1,5 litre d’eau, sous diverses formes : lait, thé, tisanes, soupes, bouillons… w Adapter les principes de la chrononutrition au Ramadan : − à la rupture du jeûne, le premier repas est plutôt sucré, sans être surchargé ; il comprend des dattes, des fruits secs et des boissons chaudes (thé, tisane, café…) ; − avant le coucher, le deuxième repas est plutôt léger ; il comprend une soupe de légumes, du poisson ou de la viande blanche, des légumes ; − avant la reprise du jeûne, le troisième repas est très solide ; il comprend un potage, de la viande, des féculents, des céréales, des laitages, sans oublier les fruits frais pour les vitamines. Les pièges 17 w Éviter l’excès de nourriture et l’excès de sucres. w En moyenne, le sommeil se trouve raccourci de deux heures, décalé de plus de trois heures, et souvent entrecoupé par le repas pris avant l’aube. Il faut savoir gérer son sommeil, l’idéal étant de se coucher le plus tôt possible le soir, pour essayer d’avoir une bonne nuit de sommeil. w Ne jamais arrêter un traitement médical avant de consulter son médecin traitant. w Ne pas jeûner en cas de diabète, d’ulcère gastro-duodénal, de maladies chroniques instables ou non stabilisées par le traitement, d’insuffisance rénale chronique (les jours de dialyse). w Ne pas jeûner en cas de maladies chroniques compliquées : insuffisance respiratoire, cardiaque, hépatique ; asthme ; hypertension artérielle ; épilepsie ; dépression ; tuberculose ; sida, etc. w Toute maladie aiguë qui nécessite un traitement immédiat permet au malade d’interrompre le jeûne : grippe, bronchite, angine, colique néphrétique, otite, septicémie, infarctus, etc.



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