Safran n°2 nov 07 à fév 2008
Safran n°2 nov 07 à fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de nov 07 à fév 2008

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Citizen Press

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : origines, marchés et technologies de pointe... la biométrie pose son empreinte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Préfecture de Police de Paris/Tout droit réservé dossier contextE. Comment garantir une identité dans un monde de plus en plus dématérialisé ? La biométrie s’impose aujourd’hui comme l’une des réponses les plus fiables à cette problématique complexe. La biométrie de la tête aux pieds Henri Léon Scheffer est le premier criminel identifié par la police parisienne grâce à ses empreintes digitales, en octobre 1902. Novembre 2007 safran magazine 1 Une arme contre la fraude à l’identité La biométrie apparaît comme l’une des meilleures parades contre la fraude à l’identité, beaucoup plus fréquente qu’on ne le pense dans les sociétés modernes. Aux États- Unis, par exemple, une enquête menée par la Federal Trade Commission a estimé à 53 milliards de dollars par an le préjudice causé à l’économie américaine par ce type de fraude ! Au Royaume-Uni, l’estimation est de 1,72 milliard de livres. Et tout indique que ces fraudes se développent rapidement. Il est vrai qu’Internet poursuit sa vertigineuse croissance, et dans ce monde virtuel, il est encore facile de se faire passer pour un autre. La biométrie a, semble-t-il, toujours été un moyen de garantir l’identité. Deux siècles avant Jésus-Christ, l’empereur chinois Ts-In-She authentifiait déjà certains scellés avec une empreinte digitale… Tombée en désuétude, la biométrie a été redécouverte par William James Herschel au milieu du xix e siècle : « Cet officier anglais était chargé de construire des routes au Bengale, explique Bernard Didier, directeur technique et du développement des affaires chez Sagem Sécurité (Groupe Safran). Il eut l’idée de faire signer les contrats de ses sous-traitants avec leurs empreintes digitales, afin de pouvoir les retrouver plus facilement en cas de contrat non honoré… ». Le principe de la biométrie était posé : identifier une personne à partir de certaines de ses caractéristiques anatomiques (taille, empreintes digitales, iris, odeur, etc.) ou comportementales (reconnaissance de la démarche, du bruit des pas, de la façon dont une signature est apposée à la main, etc.). La biométrie est indissociable de la question de l’identité. En effet, jusqu’à présent, il était facile de prouver son identité par ce que l’on détient (la clé pour prouver qu’une voiture est à soi) ou par la connaissance d’un secret (un mot de passe). Les pièces d’identité officielles
font office de preuve, mais « si on vous demande parfois deux titres d’identité, c’est que la société remet en cause la confiance qu’elle avait dans ces documents », souligne Bernard Didier. Les « preuves » d’identité montrent donc leurs limites puisqu’elles peuvent être falsifiées. Audelà de ce problème, des transactions sont aujourd’hui réalisées sur Internet sans que l’acheteur et le vendeur ne se rencontrent. La biométrie apparaît alors comme le seul maillon possible entre monde réel et monde virtuel, pour garantir l’identité des parties et réaliser les opérations de manière sécurisée. Du document officiel à l’accessoire personnel La plus ancienne application de la biométrie est policière ; toutes les grandes polices du monde sont équipées de systèmes capables 100 millions de titres d’identité biométriques délivrés à travers le monde. Sagem Sécurité est le numéro un de ce secteur porteur. de saisir, stocker, retrouver et comparer des millions d’empreintes digitales dans des temps très courts. Aujourd’hui pourtant, le marché qui connaît les plus fortes croissances est celui des usages civils : cartes d’identité, passeports, cartes d’électeur, cartes de sécurité sociale et de retraite, etc. Avec plus de 100 millions de titres d’identité biométriques délivrés à travers le monde, Sagem Sécurité est le numéro un de ce secteur porteur. Dans tous ces cas, la biométrie est utilisée contre les fraudes et les abus. Pour les cartes électorales, par exemple, la biométrie permet d’éviter le doublevote. « Au Gabon, l’opposition a ainsi demandé au Président de mettre en place un système électoral biométrique pour éviter les fraudes », précise ainsi Philippe Larcher, directeur Programmes, Produits de Sagem Sécurité (Groupe Safran). Au Congo, la République démocratique est un des récents pays d’Afrique à utiliser la biométrie pour identifier les électeurs, grâce à un financement européen en partenariat avec l’ONU. Autre usage civil de la biométrie : le 3 questions à DR Pour quelles raisons un organisme comme l’OCDE s’est-il intéressé à la biométrie ? La biométrie est en plein essor. Or, si sa vocation première est de renforcer la sécurité des citoyens, elle peut présenter, si son utilisation est dévoyée, des risques vis-à-vis de la protection de la vie privée et des données personnelles. Des inconvénients de quelle nature ? Une donnée biométrique n’est pas une donnée comme une autre et sa vie ne s’arrête pas avec la collecte ; elle est ensuite traitée, stockée, elle peut transiter sur des réseaux et être partagée. Il y a donc contrôle d’accès. Aéroports, centrales nucléaires et ports sont, par exemple, des sites sensibles désormais équipés de systèmes d’identification efficaces. Enfin, loin des applications citoyennes, la biométrie est parfois démocratisée – voire à la mode – dans des usages où le confort l’emporte sur la sécurité. Tel est le cas pour les contrôles d’accès dits logiques, qui l’utilisent comme sésame pour déverrouiller un assistant personnel (PDA) ou un téléphone mobile, en remplacement du traditionnel code PIN. Bien d’autres applications encore font appel à la biométrie ; citons notamment Anne Carblanc*, administrateur principal à l’OCDE Du bon usage de la biométrie un risque qu’une biométrie collectée pour une finalité soit utilisée pour un autre objet, ou compromise. Or, nous n’avons pas d’œil ou de doigt de rechange en cas de problème. Quelles sont les principales parades contre ce type de détournement ? La principale protection est d’ordre juridique. Au niveau européen ou national, de nombreux textes protègent les données personnelles et la vie privée. L’un des principes majeurs est la transparence. On ne doit pas pouvoir collecter des informations à l’insu des personnes. Il faut leur expliquer la finalité de la collecte et à quel usage les informations sont destinées. Toute personne ainsi « biométrisée » doit également savoir qui détient ces données, afin de pouvoir demander des corrections en cas d’erreur. Un autre principe essentiel est d’ordre technique : les systèmes biométriques doivent comporter des dispositifs de sécurité destinés à éviter les piratages, les usurpations ou les détournements indésirables. Au-delà de l’obligation légale, c’est aussi une condition essentielle de la confiance entre l’entreprise qui collecte les données et les individus. * Responsable au sein de l’OCDE d’un groupe de travail sur la sécurité de l’information et la protection de la vie privée qui a publié, en 2003, un rapport sur les technologies fondées sur la biométrie, Anne Carblanc revient pour Safran Magazine sur les risques liés à la biométrie, et les façons de les maîtriser. 14-15 les permis de conduire, les terminaux de paiement, le contrôle aux frontières. Au fond, les techniques biométriques servent donc la démocratie et les citoyens, alors même qu’elles sont à tort parfois montrées du doigt pour les risques qu’elles feraient courir aux libertés individuelles (voir l’interview d’Anne Carblanc). Elles deviennent indispensables, et c’est précisément pour cela que leur usage doit être encadré. « Notre position, chez Sagem Sécurité, est d’expliquer les possibilités techniques, afin de permettre aux politiques de faire des choix éclairés », souligne Bernard Didier. D. baudier safran magazine Novembre 2007



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