Rifraf n°218 mars 2016
Rifraf n°218 mars 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°218 de mars 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : B.Z.&T. bvba

  • Format : (220 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec le groupe Liima.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Héros des temps modernes, les trois d’Efterklang nous font à nouveau la surprise. Sublime. Associés au batteur finlandais Tatu Rönkkö, Casper Clausen et co. enflamment la sphère pop, on n’a nulle envie d’éteindre l’incendie. Inventif et bondissant, ‘ii’brandit tellement haut l’étendard de la musique made by Scandinavians qu’on deviendrait jaloux. Quelques échos de crooners plantés dans le coeur, une multitude d’envies électroniques envoyées dans les guiboles, pour un disque qui va compter au moment du bilan 2016. Non, peut-être. ON STAGE 08/04 More Music I Concert Gebouw, Bruges 09/04 Motel mozaique I Rotterdam (NL) Liima texte Fabrice Vanoverberg I photo Thomas M. Jauk Tatu et l’île fantastique J’adore ton bonnet jaune, mon rayon de soleil du jour. Casper Clausen  : « Je suis content que ça illumine ta journée par ce temps maussade. C’est le genre de truc que tu portes quand tu sais que tu vas passer une bonne journée. » Comment Tatu et toi vous êtes-vous connus ? Casper  : « En 2012, on cherchait un nouveau batteur pour Efterklang. Parmi la dizaine de personnes présentes lors de l’audition à Berlin, il y avait ce gars. Vu qu’il avait amené plein de bons biscuits, on l’a engagé (rires). Non, il est tout de suite sorti du lot. Je me souviens qu’il avait apporté une boîte à meuh et la connexion s’est faite naturellement. Il a joué deux ans avec nous dans Efterklang et après cette période, on se sentait prêts à faire un truc ensemble. » Quel a été le déclic ? Casper  : « C’est l’invitation d’un festival en Finlande, dirigé par le violoniste Pekka Kuusisto et qui s’appelle Our Festival. Ce gars est un des meilleurs violonistes au monde, on l’a rencontré lors d’une de nos dates à St Jacques de Compostelle. Après le concert, il est venu nous voir et nous a proposé une résidence. Il voulait que nous composions de nouveaux morceaux pour son festival. Pour nous, c’était aussi le moment de faire quelque chose avec Tatu. En prime, c’était en Finlande, Tatu est finlandais et nous avons passé deux semaines dans une petite maison à Jyväskylä, à trois heures au nord d’Helsinki. » Dit comme ça, on dirait que c’est au milieu de nulle part... Casper  : « Tatu ne dirait pas ça mais pour moi, c’était clairement au milieu de nulle part. » Tatu Rönkkö  : « En fait, c’est une région avec plein de lacs et de forêts, où vivent plein de petits animaux, mais pas d’ours ou de rennes. Après la résidence, nous sommes redescendus près du lac Tuulasa où avait lieu le Our Festival, à une petite heure d’Helsinki. » 08 Casper  : « C’est le lac où Sibelius et d’autres fondateurs de la culture musicale finlandaise vivaient et comme à son époque, il y a toute une série de petits concerts près du lac, dont le nôtre. Mais on y jouait aussi de la musique pour piano de Bach, Pekka s’est produit en compagnie de Samuli Kosminen, le batteur de múm... » Ça doit être un événement incontournable de l’été en Finlande. Tatu  : « Oui mais c’est en même temps très intime et cosy. On y entend des collaborations qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Pekka est un gars super curieux, qui ne s’intéresse pas qu’au classique. C’était la première fois qu’il proposait une résidence et c’est tombé sur nous. J’ai appris qu’entre-temps, le système des résidences continue, c’est cool. Pour nous, ça a été comme ouvrir une boîte où nous avons trouvé toute une série d’influences. Non seulement musicales, mais aussi des rituels finlandais comme le sauna ou passer du temps dans la nature. Ce sont des trucs qui ont une influence sur toi, consciente ou non. » Casper  : « Quatre chansons de l’album ont été créées là-bas. Le premier morceau ‘Your Heart’, ‘Trains In The Dark’, ‘Woods’et le dernier ‘Change Of Time’. ‘Woods’est un bon exemple. Quand nous arrivons dans un nouvel endroit, nous aimons capter des échantillons sonores du lieu. Nous sommes allés dans les bois enregistrer des sons de la nature et ces captations sont devenues les ingrédients principaux de la chanson. A chaque résidence que nous faisons, il y a des connections directes avec les sonorités de l’endroit. » Même si votre musique s’apparente plus à de la pop, le procédé rappelle étrangement la musique concrète. Tatu  : « C’est très intéressant... » Casper  : « Pourquoi ça te fait penser à ça ? » Tatu  : « Un gars comme Pierre Schaeffer était un pionnier de la musique concrète. Il a été le premier à enregistrer des sons pour les utiliser dans des boucles, pour en faire
de la musique abstraite. » Casper  : « Oui, comme la compositrice danoise Else Marie Pade, une vieille dame qui avait étudié avec Pierre Schaeffer et qui est morte tout récemment. Toutefois, pour moi, la musique concrète a une connotation très académique, très centrée sur la partition. » Tatu  : « Je viens de lire les notes de Pierre Schaeffer, où il disait qu’il était vraiment fasciné par ces sons de gares, ces bruits de train et comment il a utilisé tous ces accidents dans sa musique, comment il improvisait en studio. Plus on s’immerge dans la musique concrète, plus on y découvre des choses. C’est pour ça aussi que nous enregistrons tous ces sifflements, ces bruits de cloches pour les intégrer dans notre musique. » Était-ce compliqué de les intégrer à vos chansons ? Casper  : « Nous avons essayé de travailler ces sons de la même façon que Chris Watson pour les trucs géniaux qu’il a faits pour la BBC, sa façon unique de faire le lien entre les sons de la nature et la composition musicale. Bien sûr, nous ne donnons pas nécessairement la même importance à tous ces sons, ils sont moins sacrés que dans la musique concrète. Nous les voyons davantage comme un point de départ, quand la chanson est terminée ils sont parfois imperceptibles. » C’est vrai qu’à l’écoute de l’album, on entend plus de collisions bienvenues, du genre Bryan Ferry de passage chez Apparat. Casper  : « C’est une chouette description... » Même que sur certains titres, on trouve des échos à la David Bowie, une sorte d’hommage involontaire d’avant sa mort. Casper  : « Ah, si seulement ça pouvait être vrai. Nous sommes tous fans de sa musique et son apport à l’histoire de la musique a été tellement important que...(il cherche longuement ses mots). Je prends tes mots comme un compliment, ce n’est pas quelque chose que nous avons fait intentionnellement mais ça fait plaisir. » Vous vous êtes rencontrés à Berlin. Vous y habitez toujours ? Tatu  : « Oui. » Casper  : « Je viens d’emménager à Lisbonne. Et Rasmus vit à Copenhague, ce qui fait deux mecs à Berlin, un troisième au Danemark et moi au Portugal. » Quelle part de Berlin avez-vous amenée dans l’album ? Tatu  : « Weißensee (rires). C’est un coin de l’est de la ville où le gouvernement communiste avait une prison... » Casper  : « Et aussi un coin où il y a pas mal de néo-nazis. C’est une étrange combinaison de post-communisme et d’autres trucs. C’est l’endroit de Berlin où Efterklang a eu un temps son studio et des morceaux comme ‘5’13’ou ‘Russians’ont été enregistrés lors de notre résidence là-bas. » La part plus technologique de l’album vient-elle de Berlin ? Casper  : « Oui. Berlin est une ville très intello mais en même temps, elle est aussi très physique, avec toute cette culture des clubs et de la techno. C’est là que nous avons senti que ça pouvait devenir intéressant, qu’on pouvait partir dans une direction plus dansante, où les gens ne viendraient pas seulement au concert pour écouter, mais aussi pour danser. » Tatu  : « Alors qu’à Istanbul, c’était un moment très noir. Nous étions en résidence dans un club très sombre qui venait d’être rénové, on composait et jouait sur la même scène, dehors il faisait tout gris, il pleuvait, ça caillait... » Casper  : « C’est là qu’est né le titre ‘Roger Waters’, il s’appelle ainsi parce qu’on avait du Pink Floyd dans nos bagages. On a pris un de leurs morceaux, un riff dont a enlevé deux ou trois notes, finalement on en a presque fait un remix. Juste qu’on ne sait plus trop pourquoi on a pris ce titre-là, sans doute qu’on avait écouté du Floyd la veille. » Tatu  : « Puis est venue la quatrième résidence à Madeira, où a été créée la chanson ‘Amerika’. La chanson est née de cette espèce de groove qu’on avait entendu la veille sur un morceau de Boards of Canada. On a essayé d’en retranscrire le beat à notre sauce, de percer l’intrigue derrière la surface du titre. » Casper  : « Et comme on pratique le songwriting collectif, on essaie des trucs tous ensemble et si ça marche, on les garde. » y Liima ‘ii’4AD/Beggars Des héros de la pop moderne. Associés à un nouveau batteur, le Finlandais Tatu Rönkkö, depuis 2012, les trois gaillards d’Efterklang nous balancent un nouveau projet, tout chaud, tout boulette. Et pan dans le mille, voilà que Casper Clausen, Rasmus Stolberg et Mads Brauer terminent le tour d’Europe en pole position. Écrasée, la concurrence. Fruit d’un périple aux quatre résidences, ‘ii’ouvre la discographie de Liima telle une déflagration. Inventive et excitante, leur pop électronica convoque les sursauts d’Apparat et dévoie les sortilèges de l’Animal Collective. Ce n’est pas tout, la richesse sonore déborde de chaque instant du bidule, passionnant de bout en bout. Le fantôme de Bowie vient faire un tour, la classe de Brian Ferry pointe le bout de son nez, on ne plus où frissonner du cortex. Pan ! (fv) IGGY POP POST POP DEPRESSION NEW ALBUM 18.03.2016



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