Rifraf n°218 mars 2016
Rifraf n°218 mars 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°218 de mars 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : B.Z.&T. bvba

  • Format : (220 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec le groupe Liima.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dix-huit ans et six albums qu’elle nous fait multiplier les départs, changer l’échelle de notre pupille. Qu’on se laisse mener par le bout de la langue de ‘Portsmouth’à ‘Tarifa’, en laissant ses amours et les nôtres frôler ‘Le Ravin’. Qu’on observe mieux le monde, ‘Derrière [son] Grand Filtre’, s’émerveillant de ses fantaisies et de ses doutes. Avec le rétrofuturiste ‘Zoo’, nous voilà plus que jamais à l’affût et le poil qui frise sous les ondoiements de cette charmeuse de cimes Françoiz Breut texte Anne-Lise Remacle I photo Jerôme Sevrette sibyllines. Celle qui tombe à pic Dans ta discographie, on distingue deux cycles  : le premier où tu étais interprète et le deuxième avec ‘À l’aveuglette’, ‘La chirurgie des sentiments’et ‘Zoo’où tu es devenue auteure… Françoiz Breut  : « Ça a été une étape essentielle pour moi de me mettre à l’écriture, même si ça n’était pas au départ une envie viscérale. Le métier de chanteuse – si je peux appeler ça un métier, vu qu’on est quand même là pour « jouer » – ça m’est tombé dessus. Dominique A écrivait de chouettes textes, mais je ne l’ai jamais tellement aiguillé. Après, j’ai demandé à d’autres de m’écrire des chansons parce que j’aimais leur style, mais je ne leur ai jamais proposé des thèmes, à part ‘À l’Origine du Monde’à Philippe Katerine. C’était davantage leur projection personnelle sur la chanteuse et au bout d’un moment, ça ne m’a plus convenu. » Sur ‘À l’aveuglette’, on y perçoit une forme d’exorcisme, sans doute une appréhension de te lancer seule…pour ‘La chirurgie des sentiments’et davantage encore pour ‘Zoo’, tu t’autorises l’audace. Tu parlais de « jeu », et la fantaisie se distille jusque dans les arrangements, les textures. F.B.  : « C’est aussi la rencontre avec Stéphane Daubersy qui m’a aidée à aller plus loin. Comme c’est le deuxième disque qu’on fait ensemble, on s’efforce d’essayer d’autres voies. Pour ce disque-ci, les démarrages de morceaux ont été plus difficiles. En répétition, il me demande parfois « mais qu’est-ce que tu veux au juste ? ». Parfois j’ai l’impression que je suis un peu à sec… pas que je n’apporte plus rien, mais le fait que je ne suis pas musicienne complique parfois la tâche. Un bon exemple, c’est ‘Zoo’  : il s’est absenté en me suggérant de chipoter sur Ableton Live. J’ai tapé sur les boutons à tâtons et ça nous a donné un rythme. C’est la magie de ces programmes ! Je ne joue pas de batterie, mais grâce à ça, j’ai réussi à reproduire quelque chose d’utilisable. Lui, qui joue de la guitare, trouve souvent ce qui va nous permettre de finaliser un morceau. » L’envie de travailler à Bristol, avec Adrian Utley (Portishead) comme producteur et Ali Chant comme ingénieur du son, comment est-elle venue ? F.B.  : « Cela faisait un an qu’on façonnait les maquettes dans les caves de la Carotte (café associatif de Schaerbeek aujourd’hui fermé,ndr). J’avais rencontré Adrian il y a quelques années et il était friand de mes premiers disques. Portishead était curateur d’une édition des All Tomorrow Parties où nous avions été invités à jouer. On voulait utiliser beaucoup de synthés parce qu’Antoine Rocca est un geek de vieux claviers. Stéphane connaissait la passion d’Adrian pour ce type de son et j’aimais bien la production qu’il avait fait pour ‘Too Bright’de Perfume Genius. Sur le disque précédent, on avait travaillé de façon plus artisanale et j’aime bien aussi le côté lo-fi mais là, on voulait que ça nous emmène dans une autre dimension et je vois bien la différence au niveau de la mise en avant de la voix, entre autres. » Dans ‘Mots croisés’(« Je cours après les mots, ils se cachent et trébuchent ») ou dans ‘Zoo’(« Deux chats errant sortent leurs griffes/[…] Traînent des mots au bout de ma langue ») , tu témoignes de la difficulté de l’écriture… F.B.  : « (cri du cœur) Ce n’est pas facile ! Je souffre (rires) ! Le fait de rapprocher la musique de la langue, c’est ce que je trouve vraiment intéressant, frotter les mots au rythme. Quand je commence à écrire, puisque c’est le premier travail avant même la mélodie, j’essaie d’introduire une certaine musicalité, de rechercher jusqu’au bout le mot qui se modèle le mieux. Quand un disque est fini, j’ai très envie de me replonger dans le dessin  : ça n’est pas plus facile, mais ça me permet de m’évader davantage, de me laisser plus aller. L’écriture d’un morceau, ça demande une telle concentration, une telle énergie que j’ai besoin d’autre chose. » On sent dans ton écriture un impressionnisme, un sensualisme… dans quelle mesure est-ce justement lié à ta pratique d’illustratrice ? Vois-tu en images avant de penser en mots ? F.B.  : « Oui, c’est toujours comme ça  : j’ai un film qui se fabrique dans ma tête et j’essaie de le mettre à plat avec des mots. C’est pour ça qu’inconsciemment, j’utilise beaucoup les couleurs, les textures et les matières dans mon lexique. J’aimerais beaucoup travailler sur de la musique de film. » Abordes-tu les langues étrangères - tu as chanté en anglais, italien et espagnol - de la même façon que le français ? F.B.  : « C’est une manière plus détendue d’aborder le chant. Le français est souvent trop carré, pas assez souple pour moi. L’écriture de ‘Deep Sea Diver’est arrivée à la fin du disque  : j’en avais assez d’écrire en français, et j’ai brodé une histoire en anglais. C’est beaucoup plus facile mais ce n’est pas le fait de se cacher derrière les mots parce que ce que je raconte là est assez limpide. Au départ, je voulais chanter en allemand pour remercier les auditeurs que j’ai là-bas grâce à Le Pop, mais on n’a pas eu le temps. J’ai beaucoup écouté Marlène Dietrich quand j’étais jeune. Finalement, ‘Morlocks und Die Streunerin’, c’est Rebekka Endler, une amie à la voix à la fois robotique et sensuelle, qui le dit. Le texte est inspiré de l’adaptation filmique de ‘La Machine à explorer le temps’d’H.G.Wells. » Ce n’est pas la première fois que tu gravites autour ‘ 4:\4 12 de la science-fiction ou des sciences  : c’était déjà le cas pour ‘L’ennemi invisible’et on retrouve ce type d’obsession dans les constellations de ‘La conquête’. C’est la précision, la poésie par inadvertance – je pense à « compteur Geiger » – que demande la langue pour ces sujets qui t’enthousiasme ? F.B.  : « On peut voir de la poésie dans n’importe quel sujet mais en réalité, c’est plutôt lié à des souvenirs personnels  : le nucléaire dans ‘L’ennemi invisible’, c’est parce que mon père travaille dans ce domaine et que j’ai été touchée par Fukushima. ‘Morlocks und Die Streunerin’, c’est parce qu’enfant, je jouais avec ma sœur à cette machine à remonter le temps. Les noms de galaxie, ça me fait rêver, ça me fascine simplement. » ‘Loon-Plage’résonne de façon particulière avec l’actualité, notamment avec l’agression récente de migrants à cet endroit. Voulais-tu transfigurer les menaces du réel à travers ce morceau ? F.B.  : « Ce dont je parle, ce n’est pas de la migration, mais c’est aussi un drame. Un photographe m’a contactée parce qu’il travaillait sur cette nature menacée de disparition et qu’il savait que j’avais habité dans le coin. Loon-Plage est une petite ville le long d’une grande étendue de dunes. EDF est venue y installer un terminal méthanier, au mépris de la zone protégée. J’avais de bons souvenirs, notamment d’une masure abandonnée appelée La Maison du Pendu. Un endroit magnifique, un paysage cinématographique avec au fond la raffinerie. » Tu déploies fréquemment une géographie intime. ‘Tarifa’, ‘Dunkerque’ou ‘Bxl Bleuette’parlent d’enracinement ou d’exil…tes propres migrations y sont sous-jacentes. F.B.  : « Quand j’ai commencé à chanter ‘Loon-Plage’, ça coïncidait avec un pic de toutes ces histoires là-bas, et j’avais beau parler de la faune et de la flore qui disparaît, j’avais bien conscience qu’il y avait des hommes en train de mourir dans des conditions inimaginables. Ces histoires de frontières, c’est abominable ! Mais ce morceau est avant tout un témoignage d’un endroit qui n’est plus là. J’ai voulu me mettre dans la peau d’une mouette qui est contrainte de partir mais ça n’est pas dit tel quel dans la chanson. » Un disque  : ‘Zoo’(Caramel Beurre Salé/La Baleine). Suivez le guide  : http://www.francoizbreut.be/ON STAGE 27/05 Cave aux Poètes I Roubaix 41Ph.
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