Revue de la gendarmerie nationale n°246 jun/jui/aoû 2013
Revue de la gendarmerie nationale n°246 jun/jui/aoû 2013
  • Prix facial : 6 €

  • Parution : n°246 de jun/jui/aoû 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Délégation à l'Information et à la Communication de la Défense

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur la gendarmerie et l'enseignement supérieur... un partenariat naturel.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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défEnSE-SécURiTé LA CrIMInALITé orGAnISéE, L’AuTrE TErrorISME (2) Les articles 706-73 et 706-74 du Code de procédure pénale listent des infractions, comme le meurtre, les enlèvements, les vols, les infractions à la législation sur les armes et sur les étrangers...commis en « bande organisée » (article 132-71 Code pénal  : « tout groupement formé, toute entente établie »). Cette liste peut être complétée par le législateur. structurée d’au moins deux malfaiteurs, agissant de façon concertée pour commettre des infractions punies d’au moins quatre ans de peines privatives de liberté. Seules les infractions graves sont visées et les activités transnationales sont particulièrement concernées. Depuis 2001, les occidentaux menés par les états-unis ont défini des menaces, parmi lesquelles le terrorisme islamiste tient le premier rôle. Parallèlement, le Livre blanc de 2008 identifiait les grands trafics criminels, en notant l’interpénétration croissante des menaces et le continuumentre sécurité intérieure et défense. Malgré ce constat alarmant, la lutte contre la criminalité organisée peut parfois sembler délaissée, alors que cette forme de violence présente des caractéristiques similaires au terrorisme. Cette menace doit-elle être assortie du titre d’«ennemi» pour bénéficier d’une réponse adaptée ? Profitant des opportunités qu’offrent la globalisation et la contestation de la puissance étatique, la criminalité organisée se développe, tel un nouvel ennemi contre lequel les démocraties doivent impérativement agir si elles veulent lui survivre. 18 Revue­de­la­Gendarmerie­Nationale 2 e trimestre 2013 Le monde moderne, un terreau favorable à la criminalité organisée La mondialisation du phénomène criminel est relativement récente. La fin de la Guerre froide a favorisé le développement des grands trafics transnationaux. Au niveau stratégique, l’émiettement du monde conduit à une multitude de microétats qui n’ont pas d’outils de puissance. Ce mouvement s’accompagne d’une contestation du rôle de l’état, y compris dans les vieilles démocraties. Dans les territoires matériels et immatériels, cela se traduit par l’apparition d’espaces moins (3) Jean-François Gayraud et François Thual, Géostratégie du crime, éditions odile Jacob. (4) rapport réalisé par le Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco). (5) Ministère de l’économie et des finances. contrôlés (3), terreau fertile pour les trafiquants, comme le montre leur prospérité. Au-delà des définitions, que recouvre donc la réalité ? La criminalité organisée prend plusieurs formes, toutes lucratives. Ainsi, le rapport annuel sur la criminalité organisée en France (4) met en évidence la présence dans notre pays du grand banditisme classique, du «néobanditisme» des cités, mais aussi d’organisations criminelles transnationales. Les trafics de stupéfiants sont les plus développés. La contrefaçon de produits de luxe, mais aussi de produits de consommation courante, de médicaments ou de technologies de pointe représente de 200 à 500 milliards
de dollars par an (5). La traite des êtres humains qui comprend la mendicité ou la prostitution, se développe largement en Europe sous la pression de pays de l’Est. Les activités sont tellement larges que même des travaux publics sont attribués à des groupes mafieux, comme cela a été révélé sur le chantier de Fukushima. L’ampleur des fonds engendrés montre que le monde moderne est particulièrement favorable aux criminels. Ceux-ci ont besoin de bases arrière physiques et de réseaux matériels de communication. La France ou encore l’Allemagne font ainsi office de terre de repli, de blanchiment ou d’investissements. Car les criminels vivent, investissent une partie de leurs revenus en biens matériels et en loisirs, ou réalisent des placements dans l’économie légale (résidences, entreprises, restaurants, boutiques, etc.). La résistance au crime est loin d’être toujours suffisante. Les états faibles, aux structures de gouvernance fragiles, peinent à résister à la corruption, à déceler les activités illicites, à combattre les criminels. Ces états deviennent alors des bases arrière ou des zones de transit confortables. C’est le cas au Sahel, axe de pénétration ouest-Est et Sud-nord des narco-trafiquants, entre autres activités. Cette région du monde, « angle mort de l’action internationale », est l’objet de développements d’acteurs (6) rapport du Sénat n°207 du 16 décembre 2011, « Évolution du contexte stratégique depuis 2008 ». de 2008 avait identifié ces développements (6). 2 e trimestre 2013 Revue­de­la­Gendarmerie­Nationale­ i défEnSE-SécURiTé illégaux qui déstabilisent les états. Le Livre blanc La professionnalisation de la criminalité s’accompagne d’une forme de «ghettoïsation». Ainsi, certains espaces sont l’enjeu de luttes internes et d’un combat contre l’état. Les connexions transnationales avec les cités sensibles permettent de promouvoir ces activités, en empruntant aux techniques de management. Les jeunes sont recrutés et formés, puis de l’argent ou de la drogue leur sont fournis comme mise de départ. Bien entendu, la violence réapparaît comme mode privilégié de règlement des conflits. Perfusant certains quartiers, les groupes criminels se substituent à la fonction sociale de l’état. À Marseille, cité d’un million d’habitants où s’écoule une tonne de cannabis par semaine, 50% (7) Colloque InHESJI, « La criminalité organisée dans la grande Europe », 16 octobre 2012, sous la direction de Michel Ventre. (8) Estimating Illicit Financial Flows Resulting From Drug Trafficking and Other Transnational Organized Crimes, onuDC 2011, cité in Géostratégie du crime. LA CrIMInALITé orGAnISéE, L’AuTrE TErrorISME des règlements de compte seraient liés à ce trafic (7). Au sein même des populations, les criminels s’intègrent à l’économie et pratiquent la corruption. Environ 1 150 milliards d’euros ont été blanchis en 2009 selon le rapport l’office des nations unies contre la drogue et le crime 2009 (8), soit près de 3% du produit intérieur brut mondial. Ces organisations usent de 19



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