Revue de la gendarmerie nationale n°241 déc 11 à mai 2012
Revue de la gendarmerie nationale n°241 déc 11 à mai 2012

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 98 - 99  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
98 99
Histoire « LES GEnDArmES QuI onT DéSoBéI ET onT AIDé DES JuIFS » 98 civile peuvent entraîner des sanctions, des arrestations et des déportations. des brigades qui taisent la présence des juifs À travers toute la France, souvent dans les localités rurales et éloignées, des brigades ont caché l’existence des Juifs et méritent toute l’attention pour leur courage exemplaire. on peut mentionner à titre d’exemple, la brigade de Tence en Haute-Loire, la brigade de Belley dans l’Ain, la brigade de monistrol-d’Allier en Haute-Loire, la brigade de Bouglon et de Clairac dans le Lot-et-Garonne. Parmi les régions les plus troublées et les départements où se produisent fréquemment des attentats contre les voies ferrées, la Creuse se fait remarquer. Le 4 novembre 1943, alors que les Allemands organisent une rafle à La Souterraine, l’adjudant maxime de Felletin, ayant eu connaissance de l’opération, avertit les 32 Juifs domiciliés dans le canton. Il réussit à empêcher ainsi leur arrestation. À Guéret et dans la plupart des bourgs creusois, des gendarmes ont la même attitude courageuse, limitant ainsi le nombre des arrestations de Juifs. À Bas-en-Basse en Haute-Loire, une famille de Juifs polonais du nom de nathan Gerecht qui habite la villa robert de l’église reçoit la protection du brigadier de gendarmerie roze, commandant de la Brigade qui les accueille chez lui. D’autres Revue de la Gendarmerie Nationale 4 e trimestre 2011tre 2012 gendarmes de cette localité préviennent les Juifs, alors qu’ils sont eux-mêmes chargés de les interpeller. Dans le département de l’Indre, plusieurs gendarmes de la brigade d’Argenton-sur- Creuse, au sud de Châteauroux, aident les Juifs à fuir et à se cacher avec le soutien de l’abbé Pierre Perreau, passeur et résistant. L’abbé Perreau, qui anime plusieurs « colonies de vacances », notamment à Paumiers, près du barrage d’éguzon, les utilise comme des abris provisoires pour des enfants juifs évacués en urgence. L’adjudant Paulin Carmier, le chef Faivre et d’autres gendarmes à Argenton-sur-Creuse exécutent quant à eux les ordres de Vichy avec peu d’enthousiasme. L’adjudant Paulin Carmier qui connait bien les lieux, favorise le passage de la ligne de démarcation aux Juifs et aux autres fugitifs. Le gendarme Jules Braquemont prévient régulièrement P.Lévy de la rue Victor Hugo, des menaces d’arrestation. Dans le Puy-de-Dôme, les gendarmes de Champeix, désignés par les Allemands pour arrêter les Juifs en résidence forcée à Saint-nectaire, s’arrangent pour les prévenir avant de se rendre sur place. Ainsi lorsqu’ils arrivent, les Juifs sont introuvables. C’est ainsi que la plupart de ceux qui doivent être déportés dans le Puy-de-Dôme, échappent à cette destinée. Le 24 novembre 1943, une note du préfet de l’Allier prescrit l’arrestation de plusieurs familles juives. La brigade de
monistrol-d’Allier réduit la liste à quelques noms de réfugiés ayant déjà quitté la région, permettant ainsi de sauver une vingtaine de personnes, parmi lesquelles la famille Abraham qui avait trouvé refuge dans la commune. L’exemple des localités refuges Dans les villages «refuges», tous les habitants taisent la présence des Juifs et contribuent à leur survie en leur fournissant du travail, des vêtements, de la nourriture et surtout un lieu pour se cacher. Dans cet univers clos qui s’inscrit dans les mentalités du terroir, la population est unanimement solidaire de l’action en faveur des Juifs. Ces refuges sont cependant différents de ceux qui ont permis aux réfractaires du Service du travail obligatoire de se cacher. Généralement, le succès des opérations dépend également de l’attitude des gendarmes. À Vialas, le gendarme Alfred Pellet chargé d’arrêter le chef de la famille Julliard (Juifs belges), vient les avertir la veille. Cette attitude est en réalité adoptée par plusieurs habitants. Environ 25 familles vivent dans ce village et chacune se charge de venir en aide à environ 75 personnes. Dans cette région désertée du fait de la guerre, il est relativement facile de trouver une maison vide et de la D.r. transformer en un refuge. Ensuite, il faut nourrir, vêtir les personnes qui se cachent, leur fournir du travail et les prévenir d’une éventuelle arrestation. Le pasteur Burnan, d’origine suisse, s’occupe de la protection de familles juives fuyant les nazis, en les cachant luimême, où en incitant des familles à les accueillir. La commune de Cazaubon, dans le Gers, fait partie de ces rares communes de France où les Juifs, pourtant recensés, échappent aux rafles. Les gendarmes osent refuser d’obéir aux ordres. Lorsqu’ils enquêtent sur la présence des juifs, ils le font en fermant les yeux et en falsifiant les faits. une quarantaine de Juifs ont habité ou transité par Braux, dans les Alpesmaritimes à partir de 1940. Grâce à l’aide, au courage et la complicité de toute la population, du curé de la paroisse au maire, y compris des gendarmes, aucun d’eux n’est pris ou arrêté par les Histoire « LES GEnDArmES QuI onT DéSoBéI ET onT AIDé DES JuIFS » Les gendarmes Fougère et Mangon avaient caché des juifs pendant la guerre. Ils seront honorés à titre posthume. 4 e trimestre 2011 Revue de la Gendarmerie Nationale 99 i



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 1Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 2-3Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 4-5Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 6-7Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 8-9Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 10-11Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 12-13Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 14-15Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 16-17Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 18-19Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 20-21Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 22-23Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 24-25Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 26-27Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 28-29Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 30-31Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 32-33Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 34-35Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 36-37Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 38-39Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 40-41Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 42-43Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 44-45Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 46-47Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 48-49Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 50-51Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 52-53Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 54-55Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 56-57Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 58-59Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 60-61Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 62-63Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 64-65Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 66-67Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 68-69Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 70-71Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 72-73Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 74-75Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 76-77Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 78-79Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 80-81Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 82-83Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 84-85Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 86-87Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 88-89Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 90-91Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 92-93Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 94-95Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 96-97Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 98-99Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 100-101Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 102-103Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 104-105Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 106-107Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 108-109Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 110-111Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 112-113Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 114-115Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 116-117Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 118-119Revue de la gendarmerie nationale numéro 241 déc 11 à mai 2012 Page 120