Repères n°45 avr/mai/jun 2020
Repères n°45 avr/mai/jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de avr/mai/jun 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 12,7 Mo

  • Dans ce numéro : comment maîtriser les risques lors du transport des matières radioactives.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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INTÉRÊT PUBLIC Des citoyens sont acteurs de la surveillance de l’environnement Lycéens, riverains de centrales nucléaires… Tous peuvent contribuer à OpenRadiation 1, un projet participatif à visées scientifiques et pédagogiques. L’enjeu ? Constituer une base de données citoyenne de mesures de la radioactivité ambiante. 1 Comment fonctionne le dispositif ? « Le dosimètre d’OpenRadiation est constitué d’un compteur Geiger relié à une application sur smartphone 1. Celle-ci sert de moniteur, de GPS et envoie les données sur le site internet doté d’un outil cartographique », décrit Paulina Lordachi, quinze ans, élève de seconde au lycée Louis-de-Broglie à Marly-le-Roi (Yvelines). Dans cet établissement, huit passionnés de sciences encadrés par deux enseignantes, Hélène Castel et Vanessa Martin, s’engagent dans le projet de sciences participatives. Dénommé OpenRadiation, il mesure la radioactivité dans l’environnement. Enthousiastes, ces élèves assemblent eux-mêmes le kit du dosimètre et soudent ses composants électroniques. À tour de rôle, ils réalisent des relevés autour de la ville. « Un expert de l’IRSN est venu avec nous faire les premières mesures », se souvient Paulina. Elle énumère quelques consignes simples à respecter  : se trouver à un CLI de Golfech Page 20 - Repères N°45 - avril 2020 La mesure effectuée par Véronique Auguste (à droite) avec les habitants s’affiche en direct sur un portable. mètre du sol, dans un espace dégagé, attendre une cinquantaine de « coups », ce qui peut prendre deux à cinq minutes… Originaire de Moldavie, cette jeune fille, qui envisage une carrière de médecin radiologue, est marquée par la catastrophe de Tchernobyl, dont les effets se font encore sentir. « Dans mon pays d’origine, nous ne pouvons plus consommer les champignons. » Elle occupe une partie de ses vacances à mesurer la radioactivité ambiante dans la forêt de Marly-le-Roi. 1. OpenRadiation est conduit par l’IRSN, l’Institut français des formateurs risques majeurs et protection de l’environnement (IFFO-RME), Planète Sciences et le Fab Lab de Sorbonne Université, dans un partenariat ouvert (associations, partenaires académiques et instituts publics). 2 Pour en savoir plus  : http://www.openradiation.org Qui contribue au projet ? Les lycéens, mais aussi les professionnels, associations et particuliers peuvent s’emparer du dosimètre d’OpenRadiation. « Nous avons deux capteurs », précise Véronique Auguste, chargée de mission à la Commission locale d’information (CLI) de Golfech (Tarn-et-Garonne). « L’un sert pour des mesures régulières devant notre CLI, située à 1 km de la centrale. L’autre sera mis à disposition de nos 200 membres et des maires des 106 communes relevant du PPI (plan particulier d’intervention) de la centrale de Golfech. » Objectif ? Élaborer un programme de mesures pour mieux connaître la situation radiologique en temps réel, tout en incitant les élus à être acteurs de cette information. "ebink —Irc Zone d'aliénation de la centrale de Tchernobyl Kamaryn et Pripiat sont bien visibles sur la carte d’OpenRadition montrant les alentours de Tchernobyl. Les élèves du lycée de Kamaryn en Biélorussie, à 28 km de Tchernobyl, s’intéressent au risque radiologique. Kiryla Shapeska, Ihar Shapeska et Sofiya Suprun (de gauche à droite) avec leur directeur, Fodar Yermkod (en arrière-plan), utilisent OpenRadiation.
OpenRadiation 3 Quel est l’enjeu scientifique ? Géolocalisées, les mesures faites par les citoyens complètent les données issues du réseau de balises de surveillance de l’environnement déjà en place. « Il y a une complémentarité des cartes de données » commente Jean-François Bottollier-Depois, expert en radioprotection à l’IRSN, porteur du projet OpenRadiation. « Nous avons cherché à concevoir un dosimètre aussi Le kit OpenRadiation. 5 fiable que possible, malgré sa simplicité. L’incertitude associée aux relevés est de l’ordre de 20%, ce qui est très correct. » Après deux ans d’expérience, les chercheurs confirment la pertinence des mesures effectuées. « Les citoyens grossissent les rangs des vigies pour détecter d’éventuelles mesures anormales. » Pour en savoir plus  : jeanfrancois.bottollier@irsn.fr Quel intérêt pédagogique ? Présenté dans le cadre de l’enseignement de la radioactivité au programme de la classe de première, le dispositif OpenRadiation « donne du sens aux apprentissages. Il permet de travailler en petit comité, avec enthousiasme et passion », confie Hélène Castel, professeure de physique au lycée Louis-de-Broglie. La contribution des élèves au projet OpenRadiation est basée sur Sophie Brändström/Signatures/Médiathèque IRSN 4 INTÉRÊT PUBLIC Hélène Castel, professeure de physique au lycée Louis-de-Broglie (Marly-le Roi), et Florent Mosnier, élève, présentent OpenRadiation. Comment les citoyens s’approprient-ils le dispositif ? L’utilisation de ce dispositif après Fukushima montre que l’appropriation est facile. Lorsque les gens en ont la possibilité, ils s’emparent des moyens disponibles pour se forger leur propre évaluation du risque radiologique auquel ils sont exposés. Ces données complètent celles recueillies par les stations fixes existantes. En 2017, trois dosimètres OpenRadiation sont utilisés par les lycéens de Kamaryn en Biélorussie, située à 28 km à vol d’oiseau du réacteur n°4 de Tchernobyl. En trois mois, ils réalisent 650 mesures de débit de dose. En cas d’accident nucléaire, ces mesures de terrain compléteraient celles fournies par les différents dispositifs de l’Institut  : réseau d’alerte Téléray, moyens de mesures mobiles… Elles permettraient d’avoir une vision plus complète de la situation radiologique du territoire impacté. le volontariat. Ouverte à toutes les filières, l’expérience mêle sciences, électronique, numérique, mais aussi responsabilité et citoyenneté. « En participant à la surveillance radiologique de l’environnement, élèves comme professeurs ont le sentiment d’accomplir une mission utile à tous. » Pour en savoir plus  : Toutes les informations pour se procurer le dispositif sur openradiation.org Page 21 - Repères N°45 - avril 2020



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