Repères n°26 oct/nov 2015
Repères n°26 oct/nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de oct/nov 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : des profils en mutation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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FAITS & PERSPECTIVES Gironde Les deux tempêtes de décembre 1999, ce sont des souvenirs de forêts Le Blayais dévastées, de jours sans électricité, de rues coupées… Pour les acteurs du nucléaire, c’est surtout le souvenir d’une centrale inondée. À la lumière de ces événements, EDF a présenté une nouvelle démarche de protection à l’égard des inondations. Elle a conduit à une refonte complète de la prise en compte de la sûreté des installations face à ces risques. À la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’IRSN a évalué les évolutions proposées par EDF. Le soir du 27 décembre 1999, les eaux de la Gironde ont envahi la centrale du Blayais, à une soixantaine de kilomètres de Bordeaux, en Gironde. Des défaillances ont affaibli le niveau de sûreté de deux des quatre réacteurs et entraîné le gréement de l’organisation nationale de crise. Comment en est-on arrivé là ? Trois semaines après, dès le 17 janvier 2000, and generated by the wind blowing on the estuary -)Waves went over the dike and caused site and buildings flooding Keas, of the'Monts ay mon cil ? Wei:Jing ha:ar ds  : I the phenomena which may, c1 of the sites. Blayais  : après la tempête, une meilleure protection Sûreté des installations. Après l’inondation de la centrale du Blayais lors de la tempête de 1999, l’IRSN s’est impliqué dans la réévaluation des risques inondations. La protection des installations a été améliorée. Systèmes d’alerte, structures, équipements et procédures ont été renforcés. 6 I Repères N°26 I Octobre 2015 1 Antoine Dagan/Spécifique/IRSN - Source  : IRSN l’Institut remettait un premier rapport sur cette inondation, ses conséquences et la gestion de la crise. Il en ressortait que le site était conçu pour faire face à une marée haute de niveau maximal, majorée d’une surélévation provoquée par une tempête, soit une hauteur d’eau de 5,02 mètres selon le système de référence Nivellement GLOSSAIRE Cote majorée de sécurité  : défini dans la RFS de 1984, ce niveau d’eau théorique auquel une installation doit pouvoir faire face sans dommage est calculé en fonction de sa situation géographique. Il prend en compte les marées en bord de mer et les crues en zone fluviale, et des marges de sécurité. Aléas  : ce sont les tournures imprévisibles des événements auxquelles les installations peuvent être confrontées  : séismes, inondations. Agression  : tout événement ou situation qui peut conduire, de manière directe ou indirecte, à un incident ou un accident. On distingue les agressions internes, qui trouvent leur origine dans l’installation, et les agressions externes, dont l’origine est extérieure à l’installation. général de la France (NGF). La conjonction d’un niveau d’eau élevé dans l’estuaire de la Gironde avec une forte houle due à des vents extrêmement violents n’avait pas été anticipée. Des vagues ont submergé les digues à plus de 5,30 mètres NGF. Circonstances aggravantes  : les plans d’urgence de l’exploitant n’avaient pas prévu qu’une tempête puisse entraîner concomitamment des coupures de l’alimentation en électricité de la centrale et l’isolement du site dû aux routes coupées. Après l’accident, des actions correctives ont été demandées à EDF – mise en place d’un système d’alerte fiable, remise en état de la digue, obturation des voies d’eau possibles… –, et une réévaluation de la protection de l’ensemble des centrales contre les inondations. La démarche « REX Blayais » À l’époque, c’est la règle fondamentale de sûreté (RFS) 1.2.e, de 1984, qui s’appliquait pour la protection contre les inondations. Cette RFS définit une « cote majorée de sécurité », c’està-dire le niveau d’eau à retenir (lire glossaire). Elle préconise de protéger les installations jusqu’à cette cote – calage des plateformes, obturation des voies d’eau possibles, etc. – et de mettre en place des systèmes d’alerte. Au lendemain de la tempête, une réévaluation de l’Aléa inondation 2 Patricia Mathieu/IRSN
1. La centrale du Blayais avec sa digue principale en front de la Gironde, exposée plein ouest. 2. Intervention de Vincent Rebour, hydrogéologue de l’IRSN, lors du forum Eurosafe en novembre 2012 à Bruxelles. 3. La digue de la centrale du Blayais, avant la fin des travaux de remise en état, en janvier 2000. (lire glossaire) et des risques qu’il représente pour les installations a été entreprise par les acteurs du nucléaire français. Des travaux d’amélioration des protections (voir infographie) et une révision des mesures en cas de crise ont été demandés à EDF. Les équipes de l’Institut ont été sollicitées pour analyser la méthodologie de l’exploitant et évaluer l’aléa inondation et les démarches de sûreté mises en œuvre  : c’est la démarche générale « REX Blayais ». Étudier aléas et protections Vincent Rebour, hydrogéologue à l’IRSN, était impliqué au moment de l’inondation de 1999. « L’eau avait pénétré loin du front de mer. On se demandait si elle ne venait pas d’une remontée de la nappe phréatique. L’analyse menée au centre de crise de l’IRSN avait révélé que non », se souvient-il. Avec son équipe d’experts, il étudie les caractéristiques des sites d’implantation des installations en termes d’aléas géologiques – dont les séismes –, hydrologiques – dont les inondations – et météorologiques. Il mène une activité de recherche et de veille  : « Après les récentes crues dans le Var, ou la tempête Xynthia, même si aucune installation n’a été affectée, mon équipe envisage les conséquences qu’auraient eu ces phénomènes. Elle intègre les probabilités dans nos traitements statistiques », décrit-il. 3 F. Cottereau/MaxpppCe qui a changé à la centrale du Blayais depuis 1999 Depuis l’inondation en 1999, une série de moyens ont été mis en place pour accroître la robustesse des installations. Ils ont été complétés après l’accident de Fukushima en 2011 pour faire face à des situations extrêmes  : séisme, inondation et tornades. AU MOMENT DE L’INONDATION 1. Pertes électriques. L’inondation en 1999 a entraîné des pertes électriques externes. Des groupes électrogènes de secours ont dû être utilisés. 2. Une digue de protection insuffisante. En 1999, la digue qui » ceinture » la centrale s’élevait à 5,2 m côté Gironde pour une hauteur d’eau évaluée en 1983 à 5,02m. 3. Galeries techniques noyées. L’eau a envahi plusieurs locaux contenant des matériels importants pour la sûreté. 4. Station de pompage noyée. Deux des quatre pompes du circuit SEC (eau brute de sauvegarde) du réacteur numéro 1 ont été noyées. Le niveau de sûreté a été dégradé sans affecter le refroidissement du cœur. 5. Système d’alerte non pris en compte. Une alarme de niveau haut de la Gironde est apparue le 27 décembre 1999 vers 22h. Les équipes de conduite ne l’ont pas traitée comme telle. 6. Les équipes de crise sont intervenues. Une cinquantaine d’agents EDF d’astreinte ont été appelés pour renforcer les équipes présentes. 1 4 <, I ou e tf DEPUIS L’INONDATION 1. Groupes électrogènes rajoutés. Des groupes – un par réacteur – ont été mis sur les toits des bâtiments des auxiliaires nucléaires pour parer une défaillance des groupes électrogènes de secours. 2. Renforcement des systèmes de protection. Les digues ont été réhaussées à 6,20 men front de la Gironde. Elles ont été renforcées par un enrochement de blocs de 1,5 à 2,5t. Un mur pare houle de 8,50 m de haut complète le dispositif. La digue arrière a été rehaussée à 5,75m. 3. Protection volumétrique. Les locaux contenant des équipements importants pour la sûreté ont été rendus étanches par obturation des ouvertures jusqu’à une hauteur de 20 cm au-dessus du sol. 4. Mise en place d’appoints en eau supplémentaire. Ils sont ou seront créés pour refroidir le réacteur. 5. Alerte météo plus efficace. Il utilise des valeurs mététorologiques différentes (vitesse du vent) pour mieux anticiper le risque d’inondation. Les premières actions de vigilance sont réalisées 36 h avant le risque. 6. Mise en place de la FARN. La Force d’action rapide du nucléaire est déployée progressivement depuis 2012, à la suite de Fukushima. Elle doit intervenir sous 24 heures en cas d’urgence sur n’importe quel réacteur en France. 7. Création d’un centre de crise local (CCL) pour gérer des événements extrêmes. L’installation pourra accueillir sur plusieurs jours les agents FARN et des experts qui travailleront avec EDF et les pouvoirs publics. Octobre Avril 2013 2015 I Repères N°17 N°26 I 7 Antoine Dagan/Spécifique/IRSN - Source  : IRSN



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