Repères n°26 oct/nov 2015
Repères n°26 oct/nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de oct/nov 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : des profils en mutation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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STRATÉGIE Management des connaissances, un cercle vertueux Transmission. Le management des connaissances vise à maintenir, transmettre et développer les savoirs de l’IRSN, afin de garantir dans le temps la qualité de son expertise. Une analyse stratégique par domaine a permis d’identifier les actions à mener et les priorités. L’interview de sachants sert à élaborer des livres de connaissances. Capitaliser les savoirs en les explicitant Les analyses stratégiques identifient des « sachants » porteurs de connaissances critiques. Un travail de capitalisation vise à les expliciter en les restituant suivant plusieurs points de vue fondamentaux – phénomènes, concepts, activité, savoir-faire, histoire, lignée – lors d’interviews. « Cette codification permet d’accéder à la structuration des savoirs dans l’esprit des sachants », explique Martial Jorel, directeur du management des connaissances. Cet exercice donne lieu à l’élaboration de livres de connaissances qui seront mis en ligne 22 I Repères N°26 I Octobre 2015 Thierry Borredon/Signatures/IRSN L a connaissance est une valeur incontournable pour la maîtrise des risques nucléaires et radiologiques. Sa pérennité et son évolution pour les besoins futurs constituent un enjeu. Pour y répondre, l’IRSN s’est doté d’une direction du management des connaissances. « Nous avons défini un cercle vertueux qui repose sur l’analyse stratégique de notre patrimoine de connaissances, explique son responsable, Martial Jorel, directeur du management des connaissances. Elle permet de décliner des actions et de définir des priorités sur l’ensemble du cycle des connaissances – capitalisation, transfert, partage et innovation. » Ne pas oublier l’histoire et les méthodes Une expérimentation a été menée en 2013 sur le domaine des réacteurs à eau pressurisée. « Il s’écoule près d’un siècle entre la conception d’une centrale et son démantèlement, dans un portail dédié en cours de construction. « On touche à l’immanent, à l’approche personnelle des problématiques. L’objectif de ces livres n’est pas de produire des documents de référence mais de réaliser des outils de partage évolutifs », souligne Martial Jorel. L’explicitation des savoirs passe aussi par l’accès aux raisonnements formalisés dans les avis d’expertise sur les quarante dernières années. Ces raisonnements peuvent être retrouvés à l’aide d’outils de recherche, grâce à l’historique et à la traçabilité des travaux menés à l’Institut au fil des ans.
relève Martial Jorel. Entre-temps, plusieurs générations passent et il est vital de ne pas oublier l’histoire et les méthodes. » L’analyse du domaine « environnement » a été menée en 2014. « La démarche a explicité notre stratégie dans l’ensemble des secteurs que nous traitons. Nous avons réalisé un examen exhaustif des connaissances présentes et à venir, afin de mettre en œuvre cette stratégie », indique Jean-Christophe Gariel, directeur de l’environnement de l’Institut. Concrètement, il est apparu que ce n’étaient pas les connaissances pointues qui manquaient le plus mais plutôt « un spectre large » permettant à certains salariés d’être de « super généralistes ». Le domaine de la crise est en cours d’analyse. À chaque fois, il s’agit de croiser les besoins de connaissances identifiés par les domaines « métiers » avec ceux issus de la stratégie opérationnelle. Le résultat de cet exercice se traduit par un plan d’actions élaboré au cours d’un séminaire final. Ces initiatives couvrent plusieurs thématiques  : structuration du référentiel de connaissances, constitution de communautés de partage, mise en place de systèmes d’apprentissage, mobilité… Les connaissances sont partagées au sein de l’université interne. « Cette courroie de transmission se compose de trois structures  : l’école de la crise, l’école de l’expertise et l’école support, précise Marie- Christine Robé, ancienne chef de service. L’objectif est de guider les jeunes qui arrivent à l’IRSN sans savoir comment acquérir les connaissances nécessaires à l’exercice de leur métier. » Vision pragmatique d’ensemble « Auparavant, complète Jean-Michel Deligne, qui pilote l’école de la crise, les formations étaient dispensées sans vision programmatique d’ensemble ». Depuis trois ans, l’Institut développe au contraire la Les ouvrages de référence remis au goût du jour STRATÉGIE Le site Internet www.irsn.fr donne accès à des ouvrages, parmi lesquels les documents de référence. Aujourd’hui, l’attention portée au management des connaissances pousse à aller plus loin, en mettant à jour des ouvrages qui commençaient à dater. « Pour la sûreté, par exemple, nous en étions restés au Libmann, un ouvrage qui remonte à 1996 », note Jean Couturier, expert senior à la direction du management des connaissances de l’Institut. Depuis, il y a eu le réacteur nucléaire EPR et des événements comme le Blayais ou Fukushima. « Nous publierons prochainement une nouvelle édition de Éléments de sûreté nucléaire, les réacteurs à eau sous pression, qui tiendra compte de ces événements », annonce Jean Couturier. Un nouvel ouvrage de référence intitulé Éléments de sécurité et de non-prolifération, rédigé par Jean Jalouneix, paraîtra d’ici à la fin de l’année 2015. D’autres projets suivront, parmi lesquels un ouvrage consacré aux réacteurs de recherche. Tous nécessitent des vérifications scrupuleuses et une rigueur extrême. « L’idée est d’éclairer l’évolution des techniques par l’Histoire et de recenser les questionnements et les enseignements tirés des événements du passé », souligne l’expert, qui regrette que « dans nos travaux, l’on peut avoir tendance à supprimer la référence aux difficultés du passé, alors que ces dernières sont fondamentales dans la transmission des savoirs d’une génération à l’autre ». La sûreté n’est pas un « absolu », conclut-il. Elle se perfectionne « au fil du temps » et rien ne serait pire que de vouloir « faire du passé table rase ». transversalité des compétences et des moyens, pour « impulser une culture commune de gestion de crise ». In fine, la démarche contribue à faire évoluer le niveau des compétences. « L’accident de Fukushima nous a amené à la création du concept de ‘noyau dur’. Ce dernier a eu un impact important sur la création et le partage des connaissances. Ce sujet fait actuellement l’objet d’une thèse, conclut Martial Jorel. Notre cercle vertueux débouche sur la créativité, l’innovation et la prospective. C’est aussi une de nos raisons d’être. » www Pour en savoir plus Les derniers rapports d’expertise de l’IRSN  : www.irsn.fr/FR/expertise Les ouvrages scientifiques de l’IRSN  : www.irsn.fr/ouvragesscientifiques Martial Jorel  : martial.jorel@irsn.fr Jean Couturier  : jean.couturier@irsn.fr Octobre 2015 I Repères N°26 I 23



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