Repères n°26 oct/nov 2015
Repères n°26 oct/nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de oct/nov 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : des profils en mutation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER PCR avec la radioactivité. Je travaille à diminuer les peurs. » Thierry Sarrazin acquiesce  : « Quand on ne sait pas, on a peur de tout. Certaines femmes de ménage confondaient le rayon lumineux rouge destiné à cibler le traitement sur le patient avec le rayonnement lui-même… » Au Centre Oscar Lambret, la PCR est soutenue  : « J’ai rendez-vous toutes les deux semaines avec le directeur. Il n’hésite pas à rappeler à l’ordre un praticien tardant à renouveler sa formation en radioprotection. Je travaille en bonne entente avec le médecin du travail. Avec lui, j’enquête en cas d’alerte de forte dose. » Un rôle parfois mal reconnu La situation est moins rose pour beaucoup d’autres PCR qui, souvent, se sentent mal reconnues. Un positionnement hiérarchique insuffisant dans l’organigramme et l’absence d’appui de l’employeur sont des handicaps auxquels les PCR sont souvent confrontées. Dans l’agroalimentaire où des bouteilles peuvent être radiographiées pour vérifier l’absence de corps étrangers, la radioprotection n’est parfois pas la priorité. À l’entrée des prisons où des contrôleurs de bagages à rayons X sont utilisés, d’autres questions de sécurité priment. Dans certaines entreprises, la PCR n’est en fait qu’une obligation à 14 I Repères N°26 I Octobre 2015 À la Somanu, société de maintenance nucléaire comptant une centaine de travailleurs, la PCR veille à la surveillance quotidienne de la dose reçue par le personnel. remplir pour l’employeur  : il paye sa formation sans lui donner les moyens d’exercer pleinement ses missions. Chez Horus, un groupe qui réalise des contrôles et essais non destructifs dans le nucléaire, la radioprotection est prise très au sérieux. Adeline Pagès, PCR, y travaille avec une équipe de 20 radioprotectionnistes pour 320 employés. « Il est parfois difficile de faire comprendre aux donneurs d’ordres – centrales et autres industries – qu’ils doivent intégrer dans le coût de la prestation le contrôle réalisé par nos techniciens et celui des PCR », souligne-t-elle. Transposition de la directive Euratom Une évolution, pas une révolution L a nouvelle directive 2013/59/Euratom a été publiée le 5 décembre 2013. Sa transposition en droit français, avant début 2018, pourrait faire évoluer de nouveau le statut des PCR, pour prendre en compte des notions de Radiation Protection Officer (RPO) et de Radiation Protection Expert (RPE). Toutefois, YannBillarand, spécialiste de la radioprotection à l’IRSN, rassure  : « Elle ne devrait pas entraîner de révolution. Les réflexions visent à adapter le dispositif actuel, en laissant la PCR au cœur des installations, celle-ci étant apte, dans la plupart des situations d’exploitation courante, à assurer le rôle d’expert en radioprotection défini dans la directive. Lorsque la situation l’exige – moment particulier de la vie d’une installation, niveau d’enjeu radiologique –, la PCR pourrait recourir à une compétence complémentaire en radioprotection dans l’entreprise ou en externe. » Pour renforcer leur positionnement, les PCR se sont organisées en réseaux régionaux (voir carte p.15). « Dans l’entreprise, ils peuvent dire ‘nous’, plutôt que ‘je’. Cela leur donne plus de poids », explique Christian Lefaure, animateur de la Coordination des réseaux de PCR et acteurs de la radioprotection (CoRPAR). Ces réseaux organisent des rencontres. Hélène Tournier, qui exerce en indépendante auprès de 90 cabinets dentaires dans la région toulousaine, explique  : « Cela me permet de ne pas être isolée ». Grâce à des interventions d’experts, elle met à jour ses connaissances. Partage d’expérience en réseau Céline Reuter, responsable de l’Inventaire national des sources radioactives à l’IRSN, y a présenté le système Sigis 1, où les PCR renseignent les sources présentes dans leur entreprise. En réseau, elles partagent leur expérience, à travers des exposés, comme une étude sur des gants atténuateurs pour protéger les mains du praticien en cardiologie interventionnelle. Pour les institutions publiques, c’est l’occasion d’entendre des remontées de terrain. « L’Institut adapte le Système d’information de la surveillance de l’exposition aux rayonnements ionisants (Siseri), où les PCR renseignent et consultent certaines données dosimétriques des travailleurs 2. Elles peuvent créer des listes du personnel, en fonction des services de Laurent Zylberman/Graphix-Images pour IRSN
leur entreprise », note Pascale Scanff, en charge de Siseri. Sur un autre registre, YannBillarand, expert en radioprotection à l’IRSN, est invité par la CoRPAR. Cette dernière bénéficie du soutien de l’Institut par une convention qui prévoit des retours d’expérience des professionnels. Autre secteur, autre profil de PCR. La Somanu (Société de Maintenance Nucléaire), basée à Maubeuge (Nord), est une filiale d’Areva. Avec ses 60 employés, c’est une petite entreprise. Pourtant, ses 4 000 m² d’ateliers « chauds », zones contrôlées, et ses 2 000 m² d’entrepôts, abritent des pompes primaires pesant jusqu’à 50 tonnes, des conteneurs de combustible, etc., venant de centrales du monde entier. Une centaine de travailleurs, en comptant les salariés des entreprises clientes et de sous-traitants, s’activent à leur réparation ou leur démantèlement. « De tels moyens, c’est quasi unique au monde », constate Jean- Claude Sotiaux, PCR de l’entreprise. La dosimétrie, une priorité Pour assurer la sécurité des travailleurs et la protection de l’environnement, il s’appuie sur six radioprotectionnistes. La surveillance quotidienne de la dose reçue par les travailleurs est sa priorité. Il renseigne les Dossiers d’intervention en milieu radiologique/radioactif (DIMR). Ces documents décrivent les phases du chantier, les moyens de prévention, la dose prévisionnelle et la durée d’intervention pour chaque technicien. Ces données seront confrontées jour après jour aux doses réellement mesurées. Jean-Claude Sotiaux garde un œil sur une centaine de dosimètres passifs – pour la surveillance de l’environnement – et sur les portiques de contrôle à l’entrée et la sortie des ateliers, des vestiaires, et du site lui-même. Il accompagne parfois les équipes, comme bientôt en Chine, pour superviser la décontamination d’un équipement. Pour réaliser leurs missions, les PCR peuvent s’appuyer sur plusieurs entités de l’Institut. En cas de dose significative, les experts du laboratoire de dosimétrie de l’IRSN (LDI) les aident à PCR Carte des réseaux régionaux de PCR Quinze réseaux couvrent aujourd’hui tout le territoire métropolitain et une partie de la France d’Outre-mer. Un seul est spécialisé dans le domaine médical. L’infographie présente quelques exemples d’action. Grand-Ouest 469 inscrits Lettre bimensuelle analysant les publications récentes Réseau Centre 150 inscrits Journées thématiques (mesure des rayonsX, signalétique…) Réseau Poitou-Charentes 26 inscrits Réso100 inscrits Organisation de journées scientifiques tous les deux ans Réseau plurisectoriel (industrie, recherche et médical) APCRAP 100 inscrits Ramip 140 inscrits Travaux pratiques Radirs d’utilsation d’outils 100 inscrits de mesure avec la CMIR des pompiers Réseau PCR 971 30 inscrits en déterminer la cause. Ils proposent des bilans – répartition et évolution des doses collectives… – à présenter à leur comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Les PCR clientes du LDI peuvent consulter les résultats dosimétriques, dans le respect de la réglementation  : les résultats de dosimétrie passive obtenus pour la surveillance individuelle de l’exposition externe n’étant accessibles qu’aux médecins du travail. Pour aider à l’élaboration des études de poste 3, l’Institut a élaboré un guide (cf. bibliographie). Le Laboratoire d’analyses médicales radiotoxicologiques (LAMR) présente ses activités lors de séminaires destinés aux PCR et aux médecins du travail. Il participe à leur formation et répond à leurs questions pratiques par téléphone. Réseau Nord 120 inscrits Développement d’un outil informatique pour les calculs d’application de la norme NF C 15-160 R-Pac 50 inscrits AIRCAP 200 inscrits À lire sur le webmagazine PCR et CSE  : cumuldes mandats ? Reportage  : le quotidien d’une PCR médicale DOSSIER Résalor 70 inscrits Organisation de travaux dirigés pour la mise en œuvre des normes Est-Rad 80 inscrits Organisation de journées thématiques (sur la norme NF C 15-160…) Réseau Rhônes-Alpes 210 inscrits 2 journées de formation et d’échanges par an, rapprochement PCR médicales et industrielles PCR grand Sud 45 inscrits Réunion sur des sites industriels Réseau médical (médecine de soins, préventive, médico-légale, biologie médical) Réseaux confraternels et appuis des experts  : autant de soutiens qui permettent aux professionnels d’assurer au mieux leur mission. 1. Système d’information et de gestion de l’inventaire des sources 2. Dans le respect de la réglementation  : certaines données, relevant du secret médical, ne sont accessibles qu’aux médecins. 3. Études dosimétriques de poste de travail, nécessaires pour bien identifier les risques d’exposition aux rayonnements, mettre en œuvre le processus d’optimisation, classer les travailleurs et délimiter les zones de travail. À voir sur le webmagazine Reportage à la Somanu Études de poste Octobre 2015 I Repères N°26 I 15 Antoine Dagan/Spécifique/IRSN



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