Reflets de la Physique n°63 oct/nov/déc 2019
Reflets de la Physique n°63 oct/nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de oct/nov/déc 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Société Française de Physique

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : physique et matérieux anciens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Maçonnerie sur arcs.1111111M 0 1000 2000 0 Ly-10781 Ly-15133 Transept sud Ly-3922 1000 2000 Reconstruction noter que la distribution de date dans le Ly-7856 premier intervalle est bimodale, ce qui a M son importance pour la modélisation 0 1000 2000 chronologique qui suit. i Tour-Clocher St-Martin 14C Ly-7857 4 A A À id I 111111111i 0 TL Bdx 9456 TL Bdx 9457 TL Bdx 9459 TL Bdx 9461 TL Bdx 9472 Inclinaison 1000 2000 5. Modélisation chronologique de la tourclocher de la collégiale Saint-Martin à Angers. Modèle mis en place avec le logiciel Chrono- Model à partir des informations chronologiques disponibles. Chacune des quatre boites correspond à un événement de construction et contient les distributions de dates calibrées. Les emplacements des prélèvements sont indiqués sur la figure 2a. Dans le cas de l’évènement tour-clocher (couleur orange), les sept dates mesurées (une par 14C, cinq par thermoluminescence, une par archéomagnétisme) sont supposées contemporaines, aux erreurs près. Les trois autres évènements sont caractérisés chacun par une seule mesure au 14C. La datation relative du plus ancien vers le plus récent, représentée par les flèches, fournit une contrainte supplémentaire en imposant un ordre temporel aux quatre évènements. La combinaison de l’ensemble de ces informations fournit un inter valle de dates plus précis pour la construction de la partie « Tour-Clocher », soit entre 790 et 920 AD, à 95% de niveau de confiance. Modélisation chronologique pour préciser la datation de la tour-clocher Le programme d’étude sur la tourclocher comprenait, outre la datation archéomagnétique, une série de datations par radiocarbone (14 C) et par thermoluminescence (TL) opérées sur différents états identifiés dans la tour. Il était important de comparer ces trois datations en introduisant une information supplémentaire  : la datation relative des différents états fournie par les observations d’archéologie du bâti. Pour la partie « tour-clocher » qui nous intéresse, nous disposons d’une datation au 14 C sur du charbon de bois retrouvé dans le mortier de maçonnerie, de cinq datations TL sur briques et de la datation AM par l’inclinaison. En supposant la contemporanéité de ces dates et en appliquant les contraintes de datation relative entre les différents états (fig. 5), nous avons pu calculer les distributions de date de chacun des états en utilisant le logiciel de modélisation chronologique ChronoModel (https://chronomodel.com/) [6]. Le calcul de la combinaison pour la tour-clocher montre alors que seul l’intervalle [640 ; 890] AD est compatible avec les autres Explorer le terrain datations, et mieux encore, que seule la partie autour du second mode de cet intervalle est cohérente avec les dates obtenues par radiocarbone et thermoluminescence. La modélisation chronologique permet ainsi de ne retenir qu’une seule des deux solutions chronologiques fournies par l’archéomagnétisme, et donc de resserrer la date de construction à l’intervalle [790 ; 920] AD, à 95% de confiance. Conclusion En conclusion, l’analyse archéomagnétique a permis de mettre en évidence un mode original de positionnement des briques à la cuisson, différent de celui opéré à l’époque romaine et, plus tard, du Moyen Âge à nos jours. Nous avons montré qu’il était possible de corriger les effets de ce positionnement sur l’inclinaison moyenne des aimantations. Grâce à cette correction, la date fournie par l’archéomagnétisme devient cohérente avec les datations par radiocarbone et thermoluminescence. Enfin, la combinaison statistique de la datation archéomagnétique avec les autres datations montre que l’état « tour-clocher » de la collégiale Saint-Martin a été construit pratiquement un siècle et demi avant la date estimée jusque-là par les historiens de l’Art. L’auteur remercie chaleureusement Didier Gourier pour la révision minutieuse du texte, ainsi que Philippe Dufresne pour la mise en forme des figures. Références 1 Ph. Lanos, « L’archéomagnétisme », dans J. Evin et al., La datation en laboratoire (réédition 2005),pp. 124-170, collection « Archéologiques », éditions Errance (Paris). 2 Ph. Lanos, «The effects of demagnetizing fields on thermoremanent magnetization acquired by parallel-sided baked clay blocks», Geophys.J. of R. Astr. Soc., 91 (1987) 985-1012. 3 Ph. Lanos, « Pratiques artisanales des briquetiers et archéomagnétisme des matériaux d’argile cuite. Une histoire de positions de cuisson », Histoire & Mesure, IX – 3/4 (1994) 287-304. 4 Ph. Lanos et al., «Archaeomagnetism, methodology and applications : implementation and practice of the archaeomagnetic method in France and Bulgaria», European Journal of Archaeology, 2 (1999) 365-392. 5 S. Blain et al., «Combined dating methods applied to building archaeology : the contribution of thermoluminescence to the case of the bell tower of St Martin’s church, Angers (France)», Geochronometria, 38 (2011) 55-63. 6 Ph. Lanos et A. Philippe, «Hierarchical Bayesian modeling for combining dates in archaeological context», Journal de la SFdS 158 (2017) 72-88. Reflets de la Physique n°63 59



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