Reflets de la Physique n°62 jun à sep 2019
Reflets de la Physique n°62 jun à sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de jun à sep 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Société Française de Physique

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier, le nouveau système international d'unités.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Publications Peut-on faire mieux que le peer review ? Une enquête menée auprès des physiciens et physiciennes en juin 2018, par la Commission des publications de la Société Française de Physique Les publications scientifiques sont la carte de visite des chercheurs, elles traduisent leurs découvertes et avancées, font connaitre leurs travaux et sont un moyen important de communiquer les progrès de leur recherche. Par ailleurs, elles sont aujourd’hui la base du processus d’évaluation, celle d’une personne, d’un projet ou d’une unité de recherche. La majorité des sondés s’accorde pour penser que le peer review est une étape essentielle à maintenir dans la publication de nos articles, mais également qu’il nécessite quelques innovations pour s’adapter aux comportements des différentes communautés. La reconnaissance de l’activité du rapporteur reste un problème majeur si l’on veut maintenir ce gage de qualité. 50 Reflets de la Physique n°62 Contexte de l’enquête Ce n’est qu’une hypothèse, mais elle est considérée valide et juste par une grande majorité de physiciens  : la publication d’un article scientifique (en physique) ne prend sa valeur complète que si elle passe par un processus d’évaluation. Aujourd’hui, dans la plupart des cas, ce processus est une relecture par des pairs (peer review), très souvent dans sa forme « simple – aveugle », c’est-àdire que l’éditeur scientifique et les relecteurs (ou rapporteurs, reviewers) connaissent le nom de l’auteur, qui, lui, ne connait que le nom de l’éditeur scientifique. Ce mécanisme est souvent critiqué  : le relecteur peut avoir une lecture biaisée par inadvertance ou par mauvaise volonté, être trop subjectif, pas toujours expert ou trop lent. Il peut favoriser les équipes et chercheurs qui lui sont proches ou très connus ou, pire encore, freiner la publication de vraies découvertes venant de la concurrence. Chacun connait une anecdote à ce sujet et, même sans ces « faits divers », on sait que parfois la publication originale et pertinente dont on était si fier ne passe que moyennant d’âpres luttes avec certains relecteurs, tandis qu’une pièce cousue un peu rapidement trouve grâce auprès du premier évaluateur. En revanche, devant le nombre croissant de publications, en particulier en provenance des pays du BRIC (a), on constate aujourd’hui que les sollicitations à expertiser des articles se multiplient pour tous les chercheurs. Ceux d’entre nous qui sont impliqués en tant qu’éditeur scientifique se rendent compte qu’il est de plus en plus difficile de trouver de bons rapporteurs. Alors se pose la question  : le peer review est-il devenu obsolète ? Est-il à bout de souffle ? Doit-on le réinventer ou l’abandonner ? Afin de prendre le pouls de la communauté scientifique sur ce sujet, nous avons recueilli les avis des membres de la Société Française de Physique dans une enquête menée en juin 2018. Une vingtaine de questions dans un formulaire en ligne ont recueilli 155 réponses. Pour presque toutes les questions, nous avions laissé de la place pour des commentaires, possibilité largement saisie par les sondés, que l’on remercie vivement pour leur implication dans le débat. L’enquête a été complétée par un test comparant diverses approches du peer review sur un article scientifique (voir l’encadré, p.53). En août 2018, lors des Journées de la Matière Condensée (JMC) à Grenoble, un débat a eu lieu pour conclure l’enquête.
e Pensez-vous que l'évaluation de la qualité d'un article scientifique, quelle que soit sa forme, est importante avant sa publication ? Oui  : 95,5% Non  : 4,5% 95,5% 4,5% 1. La très grande majorité des sondés pense qu’un processus de peer review est important. 34,2% 36,8% 29% Le peer review peut être biaisé par la compétition entre équipes, une liste d’auteurs prestigieuse, ou d’autres facteurs. Pour éviter ces biais, il faudrait que le peer review  : Soit fait en double aveugle (le relecteur ne voit pas le nom de l’auteur)  : 36,8% Soit fait en triple aveugle (ni le relecteur ni l’éditeur scientifique ne connaissent le nom de l’auteur)  : 29% Soit au contraire un processus transparent où les noms des relecteurs sont publiés  : 34,2% 2. Différentes pistes existent pour s’affranchir des biais du peer review. Aucun des trois processus ne convainc une majorité de physiciens. Au sein et autour de la SFP Profil des personnes qui ont répondu Il s’agissait pour deux-tiers d’enseignants-chercheurs et de chercheurs en activité, le tiers restant étant largement dominé par des collègues retraités ou émérites (15%) et des postdoctorants (10%). Il faut noter que seules 11% des réponses émanaient de femmes. Très peu ont indiqué qu’ils étaient doctorant, ingénieur ou physicien dans l’industrie. Le rapport du nombre de théoriciens au nombre d’expérimentateurs était de deux sur trois. Les questions sollicitaient l’avis de nos collègues auteurs et/ou relecteurs et, dans la plupart des cas, plusieurs réponses étaient possibles. Valeur et intérêt du peer review À notre première question « Pensez-vous que l’évaluation de la qualité d’un article scientifique (rigueur, méthode employée, accessibilité du texte, intérêt pour la communauté scientifique...), quelle que soit sa forme, est importante avant sa publication ? », un « oui » écrasant à plus de 95% est un indicateur fort (fig. 1). Les commentaires étaient nombreux et portaient majoritairement sur la vérification et la validation du contenu scientifique, sur la limitation nécessaire du nombre de (mauvais) articles, mais aussi sur l’enrichissement du contenu d’un article grâce à un regard extérieur. Dans le contexte contemporain de «likes» et de «retweets» pour s’exprimer dans le monde numérique, nous voulions savoir si d’autres formes d’évaluation étaient plébiscitées. À notre grande surprise, très peu de personnes (< 10%) estiment que la certification de qualité peut se faire, soit par cooptation par une communauté soit par statistiques bibliométriques a posteriori. Avis des relecteurs Le processus actuel de peer review est lent  : relire et comprendre un article prend beaucoup de temps. On notera que 60% des collègues ont indiqué qu’ils acceptaient de relire les articles dans d’autres thématiques que la leur, parce que cela leur permettait de vraiment se plonger dans un travail qu’ils n’auraient pas forcément lu. Seulement 7% des relecteurs ont eu l’impression d’avoir perdu leur temps devant le refus des auteurs ou de l’éditeur de prendre en compte leurs remarques. Certaines expérimentations pour faire évoluer le peer review sont intéressantes, mais les communautés réagissent différemment. Cela explique sans doute pourquoi, à la question « triple aveugle, double aveugle, ou chacun connait chacun ? », un équilibre se manifeste entre les trois options (fig. 2). S’il n’est certes pas utile de proposer des relectures en double aveugle dans une petite Reflets de la Physique n°62 51



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