Reflets de la Physique n°61 mar/avr/mai 2019
Reflets de la Physique n°61 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°61 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Société Française de Physique

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur l'amplification d'impulsions laser par dérive de fréquence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Séances posters Elles ont combiné des posters nationaux et des posters de recherche des participantes. Chaque pays a montré sur son affiche soit des statistiques actuelles dans son pays, soit une action phare. Sur le poster français (photo ci-contre), la charte gender fairness at conferences (a) a été décrite. Nous avons à plusieurs reprises présenté la charte de la Société Française de Physique pour la parité aux conférences. Cette charte a par la suite été envoyée par courriel aux country team leaders en expliquant la démarche attendue  : adapter l’introduction et les statistiques à leur pays, contacter la société nationale de physique et les entités concernées pour leur demander d’envoyer la charte à tous les organisateurs de conférences en conditionnant leur aide à sa signature, récolter les rapports de fin de conférence et alerter l’entité aidante en cas de non-respect criant. Nous avons reçu un très bon accueil de la part de nombreux pays et la charte apparait dans les recommandations du congrès à l’IUPAP. Certains pays (Pays-Bas, Argentine) ont déjà une action équivalente. D’autres sont en train de mettre en place de telles règles (Royaume-Uni, USA, Allemagne). Les représentantes de plusieurs pays vont essayer de promouvoir l’action (au Canada, la commission WIP a déjà proposé une telle charte ; au Portugal, en Irlande, en Ateliers A. Science et éducation Plusieurs points saillants sont apparus lors des discussions  : inclure les parents et les familles dans les actions, prévoir des interventions récurrentes plutôt que des actions isolées, permettre des réflexions régulières sur ce qui est appris  : pourquoi est-ce important ? où cela intervient-il dans ma vie ? donner aux enseignants de primaire qui n’ont pas de bagage scientifique une formation sur la démarche scientifique, organiser des activités où les élèves/étudiants sont actifs, avec un aspect ludique, les adapter aux différents groupes d’âge et utiliser du matériel de la vie de tous les jours, attirer les filles qui aiment l’art, les couleurs, la mode, etc., vers la physique en soignant l’esthétique lors des expériences, encourager les garçons à se joindre aux activités liant la physique et l’art, pour contrer les stéréotypes auxquels ils sont soumis, veiller à ce que la physique reste synonyme de modernité, avec des activités qui suivent les tendances et les technologies actuelles. B. Pratique de la science et éthique Tony Mayer (Nanyang Technological University, Singapour) a présenté un exposé sur l’éthique en recherche. Jenny Dyer (Head of Diversity, IOP) et Val Gibson (Cavendish Laboratory, Cambridge) ont décrit les programmes Juno et Athena SWAN de l’Institute of Physics (IOP) britannique. L’ébauche de la charte pour les femmes en physique de Waterloo (c) a été peaufinée avant sa présentation au prochain comité exécutif de l’IUPAP. 44 Reflets de la Physique n°61 Véronique Pierron-Bohnes devant le poster français. Finlande, en Lituanie, au Mexique, au Japon et à Taiwan, les team leaders vont la proposer ; en Inde, en Tunisie et au Cameroun, elles vont faire de leur mieux, mais sans grand espoir). Pour d’autres pays comme le Pakistan, les femmes n’ont pas ce type de préoccupations, car elles sont encore aux prises avec des problèmes de scolarisation ou de nombre extrêmement réduit de femmes en physique (et plus généralement en sciences de l’ingénieur et en mathématiques). Les membres présentes du groupe de travail WG5 ont demandé au conseil exécutif de l’IUPAP que les recommandations qui se trouvent sur son site (b) soient vraiment appliquées.C. Perception culturelle et préjugés Une première session a traité des préjugés implicites et de leur prise de conscience. La plupart des femmes de couleur font face à des discriminations et des micro-agressions. Comment induire des changements culturels ? (Donner aux personnes les moyens de lutter contre les impacts des préjugés implicites, des stéréotypes, etc.) Étude de cas  : situations vécues en tant que victime, amie ou collègue, conseiller, responsable administratif… Lutter contre les préjugés implicites peut améliorer l’environnement de la discipline  : il faut que les plus grands défis rencontrés par les femmes soient ceux posés par la physique et non par leur environnement. Une deuxième session a été consacrée aux actions de l’IOP pour améliorer l’équilibre de genre en physique au lycée  : faire des actions au niveau de toute l’école, développer un cadre pour signaler et gérer les cas de harcèlement sexuel et moral de tous les groupes sous-représentés, encourager et féliciter les hommes qui encouragent les femmes en physique, décrire aux élèves la vie de femmes qui ont eu des succès en physique pour qu’elles puissent leur servir de modèles. Une troisième session a porté sur la diversité culturelle et les projets multinationaux (par exemple, les projets Shemera et Target) qui ont un rôle important dans les problèmes de genre. Il faut cependant que les participants prennent en compte les spécificités nationales et soient attentifs aux préjugés inconscients.
D. Développement professionnel et prise de responsabilité La première session a commencé par une présentation de Claudia Eberlein, physicienne d’origine allemande (de l’Est) qui a fait l’essentiel de sa carrière en Angleterre et est maintenant Head of Department of Physics and Astronomy à l’Université du Sussex. Elle a présenté son parcours et les difficultés rencontrées pour atteindre son poste de full professor et sa responsabilité de département. La seconde session visait à discuter ce qui, lors de ses études secondaires, voire dans son éducation, peut amener une fille à choisir la physique. Daniela Bortoletto (Université d’Oxford) a présenté les conférences CUWIP, qui regroupent les filles qui font des études de niveau undergraduate en physique (USA et UK), ainsi que les groupes de discussion Women in physics (aux niveaux undergraduate et graduate), pour motiver les filles à continuer. Florence Mutonyi D’ujanga (Université de Makerere, Ouganda) a présenté ses actions de sensibilisation des jeunes femmes ougandaises à la physique. Le soutien des parents ou de l’entourage, la volonté d’indépendance sont des facteurs importants. Un autre point clé Évènements sociétaux Roy Sambles et Jocelyn Bell Burnell 1) Remise de la Médaille du Président de l’IOP à Prof. Dame Jocelyn Bell Burnell, «for her outstanding contributions to physics through pioneering research in astronomy, most notably the discovery of the first pulsars, and through her unparalleled record of leadership within the community», par le président actuel de l’IOP, Prof. Roy Sambles. C’est grâce à sa persévérance que les objets exotiques et inattendus que sont les pulsars ont été découverts pour la première fois. Ils sont devenus des outils puissants pour explorer la physique de l’extrême et tester la relativité générale. Jocelyn Bell Burnell occupe aujourd’hui de grandes responsabilités au sein des communautés de la physique et de l’astronomie  : présidente de la Royal Astronomical Society et de l’Institute of Physics, entre autres. Elle a participé à la création du prix Athena SWAN qui récompense celles et ceux qui s’engagent pour faire progresser les carrières des femmes en sciences. En 2016, le prix’Very Early Career Female Physicist Award’, décerné par l’IOP Women in Physics Group, est devenu le prix’Jocelyn Bell Burnell’en son honneur. Elle a été primée par des prix de plus de 35 institutions. Au sein et autour de la SFP consiste à parler de la sous-représentation des femmes en physique, car les jeunes femmes comprendront ainsi que le problème vient de la société et non d’elles-mêmes. Cela les aidera à se forger une identité en tant que physiciennes. Les premières femmes responsables de département peuvent encourager d’autres femmes par leur exemple, et servir de modèle en retournant dans leur village pour montrer qu’on peut réussir en étant physicienne. Les efforts des gouvernements sont également très importants. Lors de la troisième session, un physicien de Taïwan, Minn-Tsong Lin, a montré comment un changement du mode d’évaluation des projets de recherche a conduit à une augmentation du taux de succès parmi les femmes scientifiques. Plus précisément, il s’agissait d’éviter les jugements purement quantitatifs, de prendre en compte la contribution des différents coauteurs, et de faire en sorte que les évaluateurs prennent le temps de contacter l’entourage académique des candidats. L’atelier s’est terminé par une discussion sur les recommandations à faire ressortir lors du bilan. La charte proposée par la France a été discutée à ce moment-là comme recommandation à faire, car plusieurs participants l’avaient remarquée lors de la session poster. 2) Visite surprise de Malala Yousafzai (d), prix Nobel de la paix en 2014 pour son action sur les réseaux sociaux dès l’âge de onze ans, en faveur de la scolarisation des femmes au Pakistan et dans les pays en voie de développement. Welcorn Jen M aiala Yousa Après avoir été blessée par les talibans en 2013, elle a été soignée à Cambridge où elle vient de finir ses études secondaires. Elle va commencer des études «Politics, Philosophy and Economics» à Oxford. Malala a raconté ses actions dans les pays où les jeunes filles n’ont pas le droit à une scolarité sereine. Elle a décrit sa fondation qui construit des écoles, et ses voyages pour soutenir la scolarisation des filles, notamment au Liban pour les réfugiées syriennes, en Jordanie, au Nigéria, à Gaza. Elle a beaucoup ému les participantes des pays où la scolarisation des femmes reste problématique, et impressionné les autres par ses propos responsables et d’une grande sagesse pour ses vingt ans. «I decided to speak out because there was no other option. If you stay silent, nothing will change.» (a) www.sfpnet.fr/charte-de-parite-pour-les-conferences-scientifiques, charte signée par la SFP, la SFO et l’INP du CNRS. (b) http://iupap.org/sponsores-conferences/conference-policies/, paragraphe Women in physics  : «The presence of women on the local organising committee, the international advisory committee and as plenary and invited speakers is a condition for IUPAP sponsorship. The application should include a list of the organising and advisory committees as evidence that women are included, and the numbers of women invited speakers should be included in the application andupdated when the approved financial support for the sponsored conference is requested. The conference report will include the number of women speakers and attendees at the conference.» (c) http://wgwip.df.uba.ar/Waterloo Charter_Ver5p.pdf (d) Des mesures de sécurité spéciales ont été prises (secret jusqu’à quelques minutes avant son arrivée ; interdiction de faire des photos et d’envoyer des sms qui en parlent jusqu’à ce qu’elle soit partie). Seules les représentantes de certains pays choisis par elle ont été autorisées à discuter avec elle. Liz Hingley, IOP and University of Birmingham Reflets de la Physique n°61 45



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