Reflets de la Physique n°60 déc 18/jan-fév 2019
Reflets de la Physique n°60 déc 18/jan-fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°60 de déc 18/jan-fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Société Française de Physique

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : l'électricité nucléaire, questions ouvertes et points de vue.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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42 Reflets de la Physique n°60) 7r(n2MC CfraveliDe. Pe PaiueL oexSein chooz neinin, Cattertoill Uri, e sceuzahk ne. Fesaeriheirn, Dampiem 3,in Beiletike sur-Loir Le emelt.e., di,len _:x) Le Biller-1\111 creyola watert.n13 `frics tir. Crin marceae kCadarache e'Toulon, ste Le nucléaire civil et militaire dans la France de Sarkozy, vu par Cabu. Les réacteurs de recherche, tels que l’Institut Laue-Langevin situé dans la ville de Grenoble, ne sont pas mentionnés. nucléaires usagés  : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de «désactivation» repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il n’est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche. » Au moment où Le Nouvel Observateur publie cet article alarmiste, la piscine est recouverte d’une structure métallique lourde de 60 tonnes et non d’une bâche en plastique. Elle sera ensuite entièrement vidée de ses combustibles nucléaires. Parmi les errements de la presse à propos de l’accident de Fukushima, l’attribution des 20 000 morts du tsunami de mars 2011... à l’accident nucléaire par l’Humanité lors de l’anniversaire de l’évènement, en 2016. Avec un tel traitement, comment s’étonner de ce que, selon l’enquête sociologique annuelle de l’IRSN (b), une majorité de Français considèrent l’accident japonais comme « plus effrayant » que celui de Tchernobyl, dont le bilan sanitaire est pourtant bien plus grave ? Éléments rationnels L’anomalie de fabrication survenue sur le fond et le couvercle de la cuve de l’EPR en construction à Flamanville a provoqué la parution de centaines d’articles. La plupart d’entre eux ont précédé le travail d’analyse des conséquences de cette anomalie sur la capacité de la cuve à remplir sa fonction. Et d’annoncer ou de suggérer que la cuve ne pouvait certainement pas être utilisée… ce qui s’est révélé, in fi ne, une « information » médiocre. Après l’autorisation donnée par l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) pour cette cuve, il ne restait plus que l’accusation de collusion avec les industriels contrôlés pour justifier les articles publiés auparavant. Le débat public sur l’économie ou le bilan des avantages et inconvénients du choix nucléaire pour la France est toujours grevé par une ignorance entretenue. Lorsque la Cour des comptes fait le bilan très complet des couts du nucléaire depuis son origine (c), la presse aligne les milliards... mais sans les mettre en comparaison avec d’autres sources possibles d’électricité. Les anciens « prélèvements sur les bénéfices » puis les milliards de
 » > dividendes versés à l’État depuis 2006 par EDF, dont l’origine se situe pour l’essentiel dans la production nucléaire, sont ignorés. Un calcul simple, comme celui consistant à comparer le cout du « grand carénage » et des mesures post- Fukushima à celui d’un investissement identique en capacités de production assurant la continuité de l’approvisionnement n’est jamais fait (voir encadré, NdE). Du coup, Le Monde en vient à titrer sur une mystérieuse « Obsession française » pour expliquer le choix d’un socle nucléaire majoritaire pour l’électricité, opéré depuis 1974 par tous les gouvernements et majorités parlementaires. Voire à évoquer le nucléaire militaire comme source de cette obsession. Pourtant, l’économie, le cout de l’électricité pour les entreprises et les ménages comme la volonté initiale de desserrer l’étau de la contrainte extérieure – financière et d’approvisionnement alors en pétrole – suffisent à expliquer ce choix par des éléments discutables mais rationnels. À ces éléments s’ajoute, depuis que la communauté internationale a pris conscience du problème climatique, l’avantage crucial d’une source d’électricité décarbonée. Mais l’enquête sociologique annuelle de l’IRSN indique que près de la moitié des Français persistent à croire que les centrales nucléaires contribuent « beaucoup ou assez » à ce changement climatique. Si la presse n’est pas la seule responsable de cette incompréhension massive, comment l’exonérer totalement de cet état piteux de la diffusion des connaissances de base sur ce sujet crucial ? Éléments pour le calcul proposé par Sylvestre Huet Conversation citoyenne Pourquoi la presse fait-elle si mal son travail sur ce sujet (d) ? Les raisons en sont multiples, des choix idéologiques à l’incompétence, en passant par la difficulté objective du sujet qui exige un investissement en temps rarement disponible pour les journalistes. Elles sont accentuées par le total désintérêt pour la technologie, et souvent même pour l’appareil productif, de la plupart des rédactions en chef. Estelle pour autant la seule responsable de l’état du débat démocratique sur le sujet ? Ce serait là une conclusion beaucoup trop indulgente pour les industriels. Ces derniers ont en effet usé et abusé du discours publicitaire cachant les difficultés réelles, comme cette présentation récurrente des déchets nucléaires réduits au volume « d’une piscine olympique ». Au regard des dimensions du projet CIGEO d’enfouissement de ces déchets – des galeries souterraines de plusieurs dizaines de kilomètres, des alvéoles de plusieurs centaines, des installations de surface de taille industrielle – la volonté de duper est patente. Si la loi et les règles obligent les industriels à déclarer chaque incident aux autorités, le discours tenu vise systématiquement à minimiser les risques. À chaque incident ou problème technique rencontré les industriels privilégient des « éléments de langage » typiques d’une démarche publicitaire ou propagandiste au détriment d’une information détaillée et honnête. D’expérience personnelle, nombre de dirigeants d’EDF estiment les Français (voire les journalistes) trop « bêtes » pour comprendre la technologie qu’ils utilisent. D’où le recours aux ficelles publicitaires plutôt qu’à l’exposé rationnel. Si les industriels apparaissent Le nucléaire et la société française toujours réagir à des informations diffusées par l’ASN et l’IRSN, c’est qu’ils ne prennent jamais l’initiative de faire part des difficultés rencontrées et encore moins de leurs erreurs ou fautes, comme on a pu le constater dans l’affaire des falsifications de documents relatifs à la fabrication de composants lourds à l’usine de Creusot Forge, avant et après son acquisition par Areva. Cette attitude s’oppose à celle de l’ASN et de l’IRSN qui constituent à l’inverse de précieuses sources d’informations fiables pour les journalistes. Lors de l’accident de Fukushima, les propos lénifiants des directions d’Areva et d’EDF tranchaient abruptement avec ceux de l’ASN, réalistes sur la dimension de la catastrophe. Soulignons toutefois un paradoxe  : il n’est pas interdit de voir dans la sévérité et la capacité à « parler vrai » de l’ASN (autorité administrative indépendante depuis 2006) et de l’IRSN un effet positif de l’exigence de sureté très forte de la population française dont témoigne, avec ses défauts, la couverture médiatique du risque nucléaire. ❚ a. Le dépistage systématique montre une incidence de 11 cancers de la thyroïde pour 100 000 enfants et par an dans la préfecture du Fukushima contre 23 à 130 dans trois autres préfectures (Aomori, Hiroshima et Yamanashi) indemnes de contamination pour la période 2011/2014. b. http://barometre.irsn.fr/barometre2017/#page=1c. Voir dans ce dossier l’article d’A.-S. Dessillons (p. 29). d. NdE  : voir en fin de dossier (p. 62) quelques exemples de travaux de presse, y compris critiques du nucléaire, réalisés de façon compétente.e. Voir dans ce dossier l’article de J. Percebois (p. 52).f. Voir dans ce dossier l’article de N. Maïzi et F. Briens (p. 49). LaCourdescomptesestimeà100milliardsd’eurosle « grandcarénage » (75eninvestissement+25enexploitation)d’ici2025, soitapproximativement1,7milliardsd’eurosparréacteur.Ord’ici2025,34réacteursvontatteindrelalimitedes40ans, cequireprésente31,6GWinstallés,àremplacers’ilsnesontpasrénovés.Ilfaudraitpourcelaconstruireenviron20EPRde 1,6GW.Ensupposantqu’enproductionrégulièrelecoutd’unEPRtombeà5,6milliardsd’euros(soit3500euros/kWinstallé), le cout total serait de l’ordre de 112 milliards d’euros. Lesdeuxcoutsestimés,bienqu’ilsneconstituentqu’unordredegrandeurapproximatif,sontdonccomparables.Mais construire,danscesseptannées,unevingtained’EPRapparaitcommeunemissionimpossible.Sionconstruitplutôtde l’éolienouduphotovoltaïque,ilfautincluredanslecalcullescoutsdesinstallationssupplémentairesaugaznaturelpour compenserl’intermittence,etleredimensionnementduréseaupourtenircomptedespicsdeproductionàabsorberpourne pas perdre l’électricité produite (e).L’autresolutionétantdediminuerlaconsommationd’électricité (f). Remerciements à Roland Lehoucq, NdE. Reflets de la Physique n°60 43



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