Reflets de la Physique n°60 déc 18/jan-fév 2019
Reflets de la Physique n°60 déc 18/jan-fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°60 de déc 18/jan-fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Société Française de Physique

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : l'électricité nucléaire, questions ouvertes et points de vue.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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 » > Sous la 5 e République, le CEA continue le développement des UNGG à Marcoule, pour le plutonium 239 et l’énergie, ainsi que des REP et de l’enrichissement de l’uranium pour la propulsion navale (e). EDF, associé au CEA depuis le début des années 1950, développe ses propres UNGG à Chinon puis Saint-Laurent des Eaux, et ses REP dans la collaboration européenne Euratom tout d’abord. À la fin des années soixante, la France choisit pour l’énergie électrique entre ces deux technologies de réacteurs, toutes deux conçues et développées avec un objectif premier militaire, pour l’arme ou la propulsion nucléaire. Beaucoup a été dit et écrit sur la désormais fameuse « Guerre des Filières », qui fut aussi un long combat entre EDF et le CEA, ainsi qu’à l’intérieur de ces deux institutions [4,5]. La supériorité économique des REP sur les UNGG, argument principal de leur victoire à la fin 1969, a été remise en cause depuis [6]. Mais, comme la propulsion navale est probablement une application beaucoup plus exigeante que la production de plutonium, les REP bénéficient d’efforts majeurs de mise au point et d’amélioration (f). La propulsion navale est d’ailleurs toujours une utilisation très répandue de l’énergie nucléaire  : c’est en effet en mer – essentiellement dans les navires de guerre, de surface ou sous-marins – et non sur terre que l’on compte jusqu’à la fin de la guerre froide le plus grand nombre de réacteurs nucléaires [7]. Quand la crise du pétrole survient en 1973, les justifications techniques du choix de 1969 restent valides  : le REP est le choix unique de réacteur du plan Messmer [5]. Ainsi, conçus et construits au moment où la France s’est dotée de l’arme nucléaire et de sous-marins nucléaires, les réacteurs français pour l’énergie sont marqués par la dualité civil-militaire. Les réacteurs de première génération ont tout d’abord été optimisés pour la production du plutonium militaire ; ceux de seconde génération ont eu pour objectif premier la propulsion navale. Cette dualité est toujours présente dans le parc actuel composé de REP proches des chaudières de la marine. ❚ a. Si ce n’est qu’il « poursuit les recherches scientifiques et techniques en vue de l’utilisation de l’énergie atomique dans les divers domaines de la science, de l’industrie et de la défense nationale » [1]. b. L’eau lourde D 2 O est le modérateur utilisé dans la première « pile atomique » française, ZOÉ, qui a fonctionné de 1948 à 1976 dans le centre de Fontenay-aux-Roses du CEA.c. G1, refroidi à l’air, puis G2, refroidi au CO 2 sous pression et donc premier du type UNGG, sont prêts pour fournir le plutonium 239 du premier essai nucléaire français à Reggane en 1960. d. Certains parlent même de tabou, à droite comme à gauche, portant sur les décisions de la 4 e République concernant le nucléaire militaire [3]. Les gaullistes voudraient magnifier le rôle du Général, et la gauche non communiste cacher son rôle initiateur. Ce tabou serait préservé par la fermeture des archives gouvernementales.e. Pendant toute la période considérée, le CEA regroupe toutes les activités nucléaires, scientifiques ou industrielles, découlant de ses programmes. Ce n’est que dans les années 1970 que les activités du CEA sont filialisées ou séparées. De son côté EDF travaille à la conception et la construction des centrales électriques UNGG avec le CEA, et des REP avec la Franco-Américaine de Constructions Atomiques (Framatome), filiale commune entre Westinghouse, Schneider et Merlin-Gérin.f. Voir aussi dans ce dossier l’article de J. Bordé et M. Leduc (p. 37). 36 Reflets de la Physique n°60r, sw oo,"rr voo>wr, +r roM1dr M  : LI Références 1.Ordonnancen°45-2563du30octobre1945instituant uncommissariatàl’énergieatomique,Journal officiel de la République française. Lois et Décrets.31.10.1945,256 ; 77 e année.Paris:Imprimerienationale.Texteaccessible surinternet.L’ordonnanceestparfoisdatéedu18octobre1945. 2.B.C.Reed,«TheManhattanProject», Phys. Scr. 89(2014) 108003[articleenaccèslibre]etAtomic Bomb : The Story of the Manhattan Project,Morgan&Claypool(2015). 3.D. Mongin, « Auxoriginesduprogrammeatomiquemilitaire français », Matériaux pour l’histoire de notre temps, 31(1993), www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_1993_num_31_1_404097 D.Mongin, La Bombe atomique française 1945-1958,Bruylant (1997). 4.G. Hecht, Le rayonnement de la France  : Énergie nucléaire et identité nationale après la Seconde Guerre mondiale, LaDécouverte(2004,rééd.2014) ; oulaversionoriginale The Radiance of France : Nuclear Power and National Identity after World War II,MITPress(1998,rééd.2008). 5.M. Boiteux, Haute Tension,ÉditionsOdileJacob(1993). 6.R.Cowan,«NuclearPowerReactors:AStudyinTechnological Lock-in»,The Journal of Economic History 50(1990)541-567. 7.NuclearNotebook,«NuclearWeaponsatSea», Bulletin of the Atomic Scientists(septembre1990).
Le nucléaire et la société française Nucléaires civil et militaire  : des recherches liées Jacques Bordé, physicien, retraité du CNRS, et Michèle Leduc, physicienne, CNRS Le développement du nucléaire civil et celui du nucléaire militaire en France sont intimement liés. Dès l’origine, en particulier à travers toute l’histoire du CEA, l’étude de la physique nucléaire s’est développée dans l’interaction constante entre la recherche fondamentale et les applications industrielles, civiles et militaires (a). Encore aujourd’hui, une partie de la recherche nucléaire civile s’attaque à des problèmes fondamentaux dont la solution intéresse les militaires pour améliorer, diversifier et mieux contrôler leur arsenal nucléaire. De même, la recherche militaire sur l’armement nucléaire est considérée comme duale par les décideurs politiques, c’est-à-dire qu’elle devrait avoir des retombées pour la recherche civile, pas seulement nucléaire, et pour l’industrie en général (surtout de l’armement, mais pas seulement). À ce titre, l’État donne un budget conséquent aux militaires, justifié devant les citoyens en affirmant qu’une partie sert à la recherche civile, et tire notre industrie vers le haut avec une technologique d’excellence (b). C’est le sens de deux rapports parlementaires récents [1, 2]. Le développement du nucléaire en France est le fruit de choix politiques qui ont établi un lien étroit entre la recherche militaire et celle sur les applications civiles. Les conséquences de ce lien sont multiples et ont conduit les physiciens à s’interroger sur leur rôle. Des croisements multiples Outre la connaissance approfondie des noyaux et des réactions nucléaires, de nombreux domaines de recherche sont communs au nucléaire militaire et au nucléaire civil. Citons par exemple la séparation isotopique, le traitement des déchets et le démantèlement des équipements, les questions de sécurité et de cyber-sécurité, la pérennisation de l’approvisionnement en combustibles, la miniaturisation des composants, la compréhension de la sismologie, etc… La médecine nucléaire a longtemps bénéficié des équipements militaires mieux dotés, notamment pour la fourniture en produits radioactifs à partir d’uranium enrichi de qualité militaire. De même, les militaires ont bénéficié de l’expertise des médecins nucléaires pour la radioprotection des soldats et la santé publique dans les zones d’essais nucléaires. Aujourd’hui il y a une justification à la coopération dans ce domaine médical, à cause de l’impact des bombes dites sales et des armes à uranium appauvri. » > Reflets de la Physique n°60 37



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