Reflets de la Physique n°60 déc 18/jan-fév 2019
Reflets de la Physique n°60 déc 18/jan-fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°60 de déc 18/jan-fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Société Française de Physique

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : l'électricité nucléaire, questions ouvertes et points de vue.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
a. Voir page 19 l’entretien croisé avecC. Stéphan et P.Barbey. b. Voir page 22 l’entretien croisé avec J.-C. Gariel et S. Majnoni d’Intignano. 18 Reflets de la Physique n°60 En préambule aux deux entretiens croisés sur l’impact du nucléaire François Graner, physicien, CNRS, et Stefano Matthias Panebianco, physicien, CEA Éditeurs du dossier L’idée que l’opinion publique se fait du nucléaire civil et l’évolution de cette appréciation au gré des incidents, plus ou moins graves, et des articles de presse, est à l’image de la variété des positions, pour la plupart contradictoires, qui traversent la communauté scientifique, les politiques et de manière générale tous les acteurs de la société. Cette polarisation des avis est une caractéristique constante du débat sur le nucléaire. Pour autant, les opposants comme les partisans du nucléaire proposent des arguments qui méritent d’être présentés, analysés de façon critique, et évalués. Comme pour toute activité humaine technologique de grande échelle, complexe et diversifiée, l’évaluation de l’impact environnemental du nucléaire civil doit prendre en compte toutes les phases concernées par les nombreux procédés industriels qui caractérisent la filière. Les risques envisageables sont de nature très différente, sur des territoires variés, d’autant que malgré les dispositions prises lors de la conception et de l’exploitation des installations, un accident, qu’il soit lié à un évènement naturel, une faute humaine ou une malveillance, ne peut pas être exclu. Dans le cas du nucléaire, les différents aspects liés à la production d’énergie vont des conditions d’extraction minière du combustible jusqu’au devenir des combustibles usés, avec des spécificités qui sont au centre des débats sur cette technologie  : possibilités d’irradiation, de contamination, de pollution chimique ou d’explosion. Dans cet état d’esprit, nous avons voulu interroger des scientifiques partisans et opposés au nucléaire civil sur l’impact environnemental et sanitaire de la filière nucléaire civile, en situation non accidentelle (a). Pour cela, nous avons sollicité Claude Stéphan, physicien nucléaire qui a beaucoup écrit sur la filière nucléaire civile et qui en est plutôt un partisan, et Pierre Barbey, biologiste de l’Université de Caen, directeur des Installations de Mise en Oeuvre et de GEstion des Radioéléments (IMOGERE), qui a pris des positions critiques sur les émissions des centrales. Dans le même état d’esprit, nous avons sollicité Jean-Christophe Gariel de l’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN) et la juriste Sophia Majnoni d’Intignano, anciennement très active au sein de Greenpeace, pour commenter la prévention et la gestion d’un éventuel accident (b). Dans chacun des deux cas, les auteurs sollicités ont développé des arguments importants et complémentaires. Nous vous en proposons une sélection certes arbitraire, la plus synthétique possible. Les deux articles qui vont suivre n’engagent que notre responsabilité et non celles des personnes interrogées. Ils constituent un exemple du débat qui traverse le milieu scientifique et la société toute entière, débat où les domaines considérés sont aussi variés que la physique et l’ingénierie nucléaire, l’économie, la santé, et qui va jusqu’à des considérations sociologiques et morales. Pour illustrer plus en détail ce large éventail de sujets, ces deux entretiens croisés sont suivis d’autres textes plus spécialisés traitant du rôle des associations et de la sous-traitance dans le milieu du nucléaire, ainsi que des couts d’exploitation de la filière. ❚
Les problématiques du nucléaire Impact du nucléaire sur la santé et l’environnement en situation non accidentelle Entretien croisé (a) avec Claude Stéphan, physicien, CNRS, et Pierre Barbey, biologiste, Université de Caen De l’extraction du minerai au réacteur Lorsqu’on pense à l’impact sur l’environnement de l’exploitation de la filière nucléaire civile, on pense tout de suite au réacteur, ses rejets et à son éventuelle dangerosité sur les populations voisines. Cependant, il est important de considérer aussi la question en amont et de se pencher sur la vie du combustible nucléaire avant qu’il ne soit inséré dans un réacteur. En effet, bien que quelques milliers de tonnes (b) d’uranium naturel suffisent pour alimenter tous les réacteurs du parc français pendant un an, les procédures d’extraction du minerai comportent des contraintes et ce n’est pas sans conséquence sur l’environnement et les populations. Le premier impact est de nature radiologique  : en effet, l’uranium est légèrement radioactif et la décroissance de sa radioactivité conduit entre autres à la formation de radon, un gaz radioactif présent en quantité dans les mines  : une mine d’uranium a dix à cent fois la radioactivité naturelle (c). Le principe de l’extraction de l’uranium reposant sur une action mécanique (concassage et broyage) suivie d’un traitement chimique, toutes ces substances radioactives sont également libérées de la texture minérale qui les confinait et deviennent facilement mobilisables avec le passage de l’eau. L’extraction de l’uranium sur le territoire français, commencée en 1949 et essentiellement terminée dans les années 1990, a vu l’exploitation d’environ 250 sites, répartis dans 27 départements, qui ont amené à la production de 76 000 tonnes d’uranium. Si la totalité de l’uranium utilisé pour la consommation française est aujourd’hui importée (principalement du Niger, du Canada, d’Australie et du Kazakhstan), il n’en a pas toujours été ainsi et l’impact n’en est pas pour autant amoindri. D’une part, le choix d’importer la matière première de pays étrangers ne fait que déplacer hors du territoire français l’impact de l’industrie minière. D’autre part, même dans les mines françaises aujourd’hui fermées, il subsiste quelques activités de contrôle (d). Quel est l’impact du fonctionnement d’une centrale nucléaire sur l’environnement, les terres et les populations avoisinantes ? Quelles sont les phases industrielles de la filière, de l’extraction du minerai à l’exploitation des centrales, qui comportent les effets sensibles les plus controversés ? Deux chercheurs répondent à nos questions en exprimant des points de vue opposés. Claude Stéphan reconnait que les conditions du développement des premières mines et les pratiques d’exploitation à l’époque ont alimenté l’opinion défavorable sur l’extraction d’uranium. La perception du public est largement fondée sur les impacts sanitaires et environnementaux découlant de pratiques appliquées à une époque révolue où il n’y avait pas vraiment de réglementation. Effectivement, dans les débuts, les travailleurs étaient exposés à des niveaux de rayonnement aujourd’hui considérés comme dangereux, pouvant provoquer, en particulier, des cancers du poumon. C’est principalement, après la fermeture de la plupart des sites miniers français, la mobilisation d’associations relative à des situations de pollution radioactive ou de gestion des déchets miniers et des terrils qui ont conduit les pouvoirs publics à réagir. D’une part, en engageant un important travail d’expertise pluraliste entre 2006 et 2010 et en instituant localement des « Comités de suivi des anciens sites miniers », mais aussi en renforçant l’encadrement réglementaire concernant la gestion de ces anciens sites. » > Reflets de la Physique n°60 19



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 1Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 2-3Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 4-5Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 6-7Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 8-9Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 10-11Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 12-13Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 14-15Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 16-17Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 18-19Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 20-21Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 22-23Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 24-25Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 26-27Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 28-29Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 30-31Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 32-33Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 34-35Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 36-37Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 38-39Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 40-41Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 42-43Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 44-45Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 46-47Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 48-49Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 50-51Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 52-53Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 54-55Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 56-57Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 58-59Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 60-61Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 62-63Reflets de la Physique numéro 60 déc 18/jan-fév 2019 Page 64