Reflets de la Physique n°57 avr/mai 2018
Reflets de la Physique n°57 avr/mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°57 de avr/mai 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Société Française de Physique

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier micronageurs naturels et artificiels.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 46 - 47  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
46 47
Note de lecture INTRO i—IDU TION À L'ORÉE DU COSMOS Ijn 5ih7IC de ICNOI utirin dans rastrononiEr Alâid 4- C’est à cette époque que la France se lance dans le projet très ambitieux de la Carte du Ciel, initié par l’amiral Mouchez, alors directeur de l’Observatoire de Paris, et qui réunit dix-huit pays afin de cataloguer des millions d’étoiles. Mais la nature même des galaxies n’était pas connue ! Ce n’est qu’en 1925-30, après un long débat sur la nature des nébuleuses, que l’existence des galaxies comme mondes à part, semblables à notre Galaxie, la Voie lactée, fut établie, ainsi que leur vitesse de récession, c’est-à-dire l’expansion de l’Univers. Les immenses progrès en astrophysique au 20 e siècle doivent beaucoup aux avancées fulgurantes à la fois de la technologie, mais aussi de la physique elle-même (relativité générale, physique quantique, physique des particules...)  : la technologie a permis de construire des télescopes de plus en plus puissants, au sol et dans l’espace, et ouvrant toutes les fenêtres sur l’Univers, de la radio aux rayons X et gamma, avec des détecteurs de plus en plus performants et un flux de données époustouflant, impossible à contrôler sans des moyens informatiques décuplés. Alain Omont nous montre au fil des chapitres comment les astronomes découvrent l’origine nucléaire de l’énergie rayonnée par les étoiles (et par notre Soleil). C’est au cours des années 1940-50 que la nucléosynthèse des éléments est établie  : tous les éléments lourds dont nous sommes constitués proviennent des étoiles, et les éléments légers sont fabriqués dans le Big-Bang. La découverte de centaines de molécules organiques dans le milieu interstellaire fut une surprise dans les années 1960-70  : elles expliquent peut-être l’origine de la vie sur Terre. La vie des galaxies apparaît aujourd’hui très tourmentée, avec des collisions violentes produisant des flambées de formation d’étoiles  : on sait 46 Reflets de la Physique n°57 À l’orée du Cosmos - Un siècle de révolution dans l’astronomie Alain Omont (EDP Sciences, collection Une Introduction à..., 2017, 263 p., 34  € ) Dans ce très beau livre joliment illustré de photos en couleurs, Alain Omont nous montre comment l’astronomie a fait des progrès exponentiels durant le dernier siècle. Un regard sur le passé et c’est l’étonnement  : alors qu’en 1900, l’astronomie semblait une science bien établie, profitant de sa situation privilégiée de science la plus ancienne dans toutes les civilisations, de l’Égypte à la Chine, et de la révolution copernicienne du 16 e siècle qui nous fit abandonner notre position au centre du Monde, il s’avère que nous connaissions très bien... juste le système solaire, avec ses planètes. Découvrez le rapport d’activité 2017 de la SFP maintenant reconstruire l’histoire de la formation d’étoiles de l’Univers et remonter le temps jusqu’aux abords du Big Bang, il y a treize milliards d’années. « Plus nos connaissances avancent, plus on s’aperçoit que l’on ne sait rien ! » Ce dicton s’applique parfaitement à notre approche du contenu de l’Univers  : depuis 30 à 40 ans, nous avons établi que l’essentiel de la matière était de nature exotique, faite de particules inconnues, et depuis 20 ans, que 70% du contenu de l’Univers est de l’énergie noire, encore plus inconnue, responsable de l’accélération de l’expansion. C’est la surprise de dernière heure, qui survient juste lorsque le 20 e siècle se termine. Mais entretemps, Alain Omont fait défiler devant nos yeux émerveillés toutes les découvertes concernant les objets compacts, les trous noirs, les quasars (découverts en 1963 par Maarten Schmidt), les pulsars, véritables toupies d’étoiles à neutrons (découverts en 1967 par Jocelyn Bell), dont la fusion vient d’être détectée par les ondes gravitationnelles. Enfin le chapitre passionnant sur les exoplanètes, mises en évidence en 1995 par Mayor et Queloz sur le télescope de deux mètres de l’Observatoire de Saint-Michel en Haute-Provence, vient terminer ce feu d’artifice. Depuis, plus de 4000 planètes extrasolaires ont été trouvées, ce qui relance les recherches de vie extraterrestre ailleurs dans la Voie lactée. Bien d’autres surprises vous attendent dans cet ouvrage très agréable à lire, truffé de superbes photos de l’Univers. Comme le souligne Alain Omont, toutes ces découvertes étaient la plupart du temps insoupçonnées  : la nature a beaucoup plus d’imagination que nous ! Françoise Combes, LERMA, Observatoire de Paris La Société Française de Physique a publié le 31 janvier dernier son rapport d'activité 2017, recensant les actions menées et les événements organisés par ses 293 bénévoles actifs. Ce rapport est consultable sur le site web de la SFP, www.sfpnet.fr. Vous souhaitez vous investir dans l’association ? Contactez-nous ! contact@sfpnet.frei& RAPPORT D'ACTIVITÉ
Courrier des lecteurs Les universitaires turcs en procès En janvier 2016, 1128 universitaires turcs ont signé une pétition connue sous le nom de «Academics for peace» et intitulée «We will not be party for this crime», appelant à la paix dans la région du sud-est de la Turquie. Les procès des signataires, accusés de terrorisme par le pouvoir, se sont ouverts en décembre 2017 par petits groupes de quelques personnes. 145 collègues ont déjà comparu devant une cour pénale, et les dates des auditions ont été fixées jusqu’en octobre de cette année. Le 21 février, trois de nos collègues ont comparu devant la cour pénale devant laquelle ils ont présenté leur défense. Parmi ceux-ci la physicienne Ayse Erzan, très connue pour ses travaux en physique statistique, que pour ma part j’ai rencontrée pour la première fois en 1973 à Cargèse et de nombreuses fois depuis dans des réunions diverses, au Centre de physique théorique de Trieste ou à l’université de Rutgers notamment. Depuis 2011, nous avons été en contact à plusieurs reprises au sujet de l’Académie des sciences turque TÜBA, pour laquelle le gouvernement venait de décider, en dépit des protestations internationales, qu’un tiers des membres et le président seraient nommés par le gouvernement et un autre tiers par un conseil contrôlé par le gouvernement. Face à cette offensive antiscientifique, 70 membres de TÜBA ont démissionné pour fonder une académie indépendante digne de ce nom, intitulée Bilim akademisi. Ayse faisait partie de ces derniers et elle a joué un rôle central dans la formation de Bilim. Ayse m’a envoyé une transcription en anglais de sa déposition devant la cour criminelle d’Istanbul (https://bianet.org/english/law/194671-prof-dr-ayse-erzan-s-statement-of-defense). Elle a participé à une mission d’écrivaines, journalistes, politiciens en Turquie du sud-est, et elle décrit devant la cour ce qu’elle a vu. Je ne peux pas reprendre ici toute sa déposition, mais elle témoigne de manière forte de ce qu’elle a constaté de ses propres yeux. Permettez-moi de ne citer que les deux premiers paragraphes. Starting from August 2015, the events following the imposition of highly controversial curfews, lasting for months on end in the Southeastern part of Turkey, have resulted in the deaths of more than a thousand people, the total or partial destruction of more than tens of thousands of homes, workplaces, the forced eviction of more than 150 thousand people from their homes in just Diyarbakir, and created more than a million homelessin the whole region. On the 16th of September, just after the lifting of a nine-day curfew, I was in Cizre, with a group of women writers, journalists and politicians. In the building where condolences were being received, I saw the pain of the mourners who were carrying photographs of their children, mothers and other relatives. The government claimedthat only one civilian had been killed within the duration of the curfew ; however 21 people had lost their lives, many of them children, women or the elderly. Ainsi que la dernière phrase  : I do not accept the charge of «engaging in terrorist propaganda». I demand my acquittal. Que faire face à cette offensive d’un gouvernement, dont nous voyons bien qu’il est chaque jour plus dictatorial ? Le CODHOS, Comité des droits de l’homme de l’Académie des sciences, est intervenu à plusieurs reprises en écrivant aux autorités. Aucune réponse ne nous est parvenue, mais nos collègues poursuivis nous disent qu’il est important que les autorités sachent que leurs agissements ne passent pas inaperçus à l’extérieur des frontières. Dans un registre parallèle, nous sommes deux physiciens (Sébastien Balibar et moi) engagés dans le comité scientifique du programme PAUSE (programme d’accueil d’urgence des scientifiques en exil), créé début 2017 et financé majoritairement par le ministère de la Recherche, dans le but d’aider des chercheurs et doctorants contraints à l’exil par les menaces qui pèsent sur eux. La demande est initiée par un établissement universitaire qui souhaite les accueillir, et PAUSE, après examen des dossiers dans lequel nous tentons d’apprécier le degré d’urgence et les possibilités d’insertion, apporte un soutien complémentaire pendant un an. Le programme a débuté en 2017 et est soutenu par une petite centaine de collègues dans toutes les disciplines  : le contingent le plus nombreux venait de Syrie. La première session de 2018 s’est tenue en février et, cette fois, les demandes les plus nombreuses venaient de Turquie. Il est clair que les besoins sont grands. Édouard Brézin Académie des sciences, coprésident du CODHOS Reflets de la physique et ses lecteurs Reflets de la Physique n°57 47



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :