Ramdam n°136 jan/fév 2019
Ramdam n°136 jan/fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°136 de jan/fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Ligne Sud

  • Format : (148 x 211) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 12,0 Mo

  • Dans ce numéro : en attendant la neige.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
E cm E 2 page 26 1er au 15 février, ThéâtredelaCité à Toulouse. 18 et 19 février, Parvis à Tarbes. 22 février, Scène nationale à Narbonne. « RACONTER L’AMOUR » Saint-Valentin oblige, février est le mois rêvé pour (re)découvrir Le Triomphe de l’amour de Marivaux, dans une mise en scène de Denis Podalydès. Celui-ci nous confie deux ou trois choses qu’il sait des jeux de l’amour et du théâtre. C’est la première fois que vous montez une pièce de Marivaux. Pourquoi avez-vous jeté votre dévolu sur Le Triomphe de l’amour ? Tout d’abord parce que j’aime les personnages  : Léonide/Phocion, jeune princesse « don-juanesque » et pourtant vierge, travestie en homme et presque aussitôt démasquée ; Hermocrate, philosophe retiré et ascète, luttant pied à pied contre l’amour qui prend possession de lui et de sa raison ; Léontine, jeune vieille fille à la fois austère et incandescente, incapable de ne pas s’abandonner à une passion folle ; Agis, prince philosophe mais encore enfant du point de vue des sentiments, etc. Et puis j’aime aussi la triple relation amoureuse, réelle et fictive, entre Phocion et les trois personnages qu’elle séduit – tout cela dans le jardin philosophique du professeur Hermocrate. Quel(s) aspect(s) de la pièce souhaitez-vous faire d’abord ressortir ? La qualité, la beauté, le mystère des rapports de séduction, dans cette langue mathématique et sensuelle qui fait l’extrême charme autant que l’insigne difficulté de Marivaux. THÉÂTRE Vincent Pontet Quels sont vos principaux autres partis pris de mise en scène, notamment au niveau du décor et des costumes ? Nous sommes dans un jardin immense et vague, aux confins d’une propriété qui contiendrait un petit îlot au milieu des marécages. S’y trouve une petite cabane, la cabane du philosophe où celui-ci vient méditer  : son lieu de retraite – qui deviendra son piège. Nous sommes dans une nature sauvage, non domestiquée, pas un jardin à la française. Nos costumes (signés Christian Lacroix, NDLR) indiquent la fin du 18 e siècle, un choix fait essentiellement pour les silhouettes, que je voulais distinctes et romanesques. La pièce commence comme un conte puis devient une comédie amoureuse étrange, drolatique et amère. Marivaux siège depuis longtemps au panthéon des auteurs classiques. En quoi vous apparaît-il moderne ? Un auteur n’est pas classique parce qu’on continuerait à l’enseigner dans les écoles contre toute logique. À mes yeux, il est classique du seul fait qu’on continue à le lire, à le jouer, à le trouver vivant, énigmatique, drôle,
surprenant, émouvant... On cessera de jouer Marivaux dès lors qu’il apparaîtra mort, qu’il ne dira plus rien à personne, ne fera ni rire ni sourire ni réfléchir ni rêver. Alors il ne sera plus moderne. Ce n’est pas encore le cas. Très peu d’auteurs savent raconter et mettre en scène l’amour, dans toutes ses dimensions (physique, psychologique, sociale ou encore philosophique). C’est un atout considérable. Nous avons besoin régulièrement de nous faire raconter l’amour, combien c’est fou, douloureux, hilarant, stupide et magnifique. Marivaux est là pour ça. Vous êtes membre de la Comédie-Française depuis 1997. Que représente cette institution à vos yeux ? La Comédie-Française est mon port d’attache. Je m’y sens libre de pratiquer le théâtre qui me touche, à l’abri des pressions économiques, médiatiques et autres. J’appartiens à une troupe vivante, diversifiée (pas encore assez), renouvelée, où il ferait presque bon vieillir. Y viennent en outre depuis quelque temps les metteurs en scène les plus exigeants, qui nous obligent à une perpétuelle remise en cause. C’est parfois assez fatigant, très prenant et on y gagne moins bien sa vie qu’à la télévision ou au cinéma. C’est tout sauf un temple académique. Que vous apporte le théâtre que ne vous apporte pas le cinéma – et réciproquement ? Le théâtre m’apporte une satisfaction physique et linguistique à effet lent mais long. Le cinéma, une satisfaction nerveuse à effet instantané mais court. Les deux m’apportent le pur plaisir du jeu et je ne saurais me passer ni de l’un ni de l’autre. Propos recueillis par Jérôme Provençal M E E = page 27



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 1Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 2-3Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 4-5Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 6-7Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 8-9Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 10-11Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 12-13Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 14-15Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 16-17Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 18-19Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 20-21Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 22-23Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 24-25Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 26-27Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 28-29Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 30-31Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 32-33Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 34-35Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 36-37Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 38-39Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 40-41Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 42-43Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 44-45Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 46-47Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 48-49Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 50-51Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 52-53Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 54-55Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 56-57Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 58-59Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 60-61Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 62-63Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 64-65Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 66-67Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 68-69Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 70-71Ramdam numéro 136 jan/fév 2019 Page 72