Question Philosophie n°9 jun/jui/aoû 2015
Question Philosophie n°9 jun/jui/aoû 2015
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°9 de jun/jui/aoû 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 24,9 Mo

  • Dans ce numéro : sommes-nous libres de penser ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DÉVELOPPEMENT Personnel on peut définir l’épreuve comme un « défi (…) que les individus sont contraints d’affronter » (Danilo Martuccelli, Forgé par l’épreuve. L’individu dans la France contemporaine, Armand Colin). Une définition aussi large a le mérite de pouvoir embrasser un large spectre de situations. Le seul point commun de situations différentes est d’exiger des individus une mobilisation personnelle en vue de réaliser leur rêve ou de faire face à un obstacle sur leur chemin. Le philosophe Philippe Auzenet explique  : « Tous, que nous le voulions ou non, nous traversons un jour la tempête de l’épreuve. A tout âge, quelle que soit notre race ou notre culture, quelles que soient nos croyances, l’épreuve survient à cause d’une crise, d’un conflit, d’une opposition, d’une maladie, d’un traumatisme, d’un chagrin qui éprouve alors notre parcours de vie, notre courage, notre résistance, notre constance. Soudain, l’épreuve casse notre rythme de vie, et nous place face à notre pauvreté intérieure, notre faiblesse, notre incapacité à réagir. Elle nous montre nos limites en nous projetant parfois seul à terre, sans force. Et nous n’avons alors aucune idée du moyen par lequel nous allons nous en sortir  : l’impasse est là, devant nous, bien fermée, et barricadée. Après une période où nous restons comme assommés, nous commençons à réfléchir, pour essayer d’identifier puis de surmonter l’obstacle, ou de le contourner ; au pire nous décidons de fuir car nous n’aimons pas affronter les événements qui bousculent notre rythme de vie et notre philosophie. En ce sens, l’épreuve nous teste, elle teste notre profondeur de vie, notre détermination, notre assurance. Elle dévoile nos vraies motivations, et nos aptitudes cachées. Les épreuves de la vie nous dévoilent à nous-mêmes et nous incitent à souvent mieux nous connaître et nous dépasser  : nous découvrons alors ce que nous sommes réellement, mais aussi ce que nous ne sommes pas. » Combattre, fuir, subir Dans l’obscure nuit que les épreuves répandent sur nos vies, tout n’est cependant pas que ténèbres. Car les épreuves révèlent, elles phénoménalisent. Sous leur sombre lumière, tout se montre sous son vrai jour. Condamnés par le pire à donner le meilleur, nous qui les essuyons faisons alors nos preuves. Dans l’épreuve, l’ego apparaît donc comme jamais il ne le fait, non pas comme il le doit, mais toujours comme il est. « Confronté à une épreuve, l’homme ne dispose que de trois choix  : combattre, ne rien faire ou fuir », écrivait en 1976 le biologiste Henri Laborit. Un problème, trois solutions  : combattre, fuir, subir. Il se trouve qu’à la même époque, le socioéconomiste Albert O. Hirschman était arrivé à des conclusions similaires, mais à partir d’un tout autre point de vue. Il en a déduit un « répertoire d’actions » de portée générale se ré- « Le malheur n’est jamais pur, pas plus que le bonheur. Un mot permet d’organiser une autre manière de comprendre le mystère de ceux qui s’en sont sortis  : la résilience, qui désigne la capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit d’adversité. » (Boris Cyrulnik) L’épreuve nous montre nos limites et nous invite à les dépasser. 56 QUESTION PHILOSOPHIE
sumant à trois formules  : exit (partir), voice (protester), ou loyalty (se soumettre). Selon Frédéric Worms, auteur de « Revivre, éprouver nos blessures et nos ressources » (Flammarion), « Accepter ne veut pas dire se résigner. Au contraire, il s’agit de lutter contre un sens du mot revivre - la répétition de nos souffrances - et de tendre vers l’autre - le renouvellement. C’est une orientation. Nous ne nous débarrasserons pas d’une direction en allant vers l’autre. Le passé ne s’efface pas d’un claquement de doigts, et surtout pas le chagrin  : c’est même une injustice de la vie ! Nous préférerions nous souvenir des choses positives et oublier les choses négatives, alors que le contraire se produit. » Tous potentiellement résilients L’être humain a cependant la capacité de surmonter les épreuves de la vie. Cette capacité à surmonter les traumatismes et les épreuves s’appelle la résilience. Le terme, emprunté à la physique, désigne le retour à l’état initial d’un élément déformé. Les psychiatres américains spécialisés dans la petite enfance, ont adopté le mot dans les années 90. Il a ensuite été popularisé en France par Boris Cyrulnik. A en croire le psychothérapeute, « environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence, qu’il s’agisse d’un inceste, d’un viol, de la perte précoce d’un être cher, d’une maladie grave ou d’une guerre ». Notre développement est régi par un certain nombre de déterminants génétiques. La résilience est une force qui permet de se reconstruire après avoir subi des épreuves particulièrement éprouvantes. Il peut s’agir du décès de ses parents, du suicide d’un proche, d’un emprisonnement, les exemples de certains ouvrages se basant sur la survie en camp de concentration. C’est une merveilleuse capacité, c’est entendu, le problème étant qu’elle paraît dans un premier temps totalement injuste. Injuste dans le sens où face à des épreuves identiques, certains font preuve d’une résilience naturelle, tandis que d’autres n’y parviennent pas en dépit d’efforts parfois immenses. C’est que la résilience n’est pas affaire de volonté, elle est totalement intériorisée. Une sorte de don non pas inné, mais consécutif à une structuration précoce de la personne, lors de sa petite enfance. Il est heureusement possible de temps à autre de rattraper le temps perdu. « Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les évènements, mais l’idée qu’ils se font des évènements. Il ne faut pas demander que les évènements arrivent comme tu le veux, mais il faut les vouloir comme ils arrivent ; ainsi ta vie sera heureuse. » (Epictète) Lorsqu’une épreuve survient dans notre existence, il y a toujours une leçon de vie à en tirer. Une épreuve est une situation ou un événement difficile, éprouvant, qui nous fait souffrir physiquement ou psychologiquement. Cette souffrance nous sort de notre « zone de confort », c’est-à-dire des conditions habituelles, stables et rassurantes de notre existence. La souffrance d’une épreuve nous amène à nous poser des questions  : « Pourquoi cela m’arrive-t-il ? Qu’aije fait pour cela ? Que dois-je faire pour m’en sortir ? ». C’est ce questionnement intérieur, la recherche de compréhension et les réponses auxquelles nous aboutissons qui nous conduisent à apprendre une nouvelle leçon de vie. Subir une épreuve sans en retirer de leçon de vie est une terrible perte de temps et d’énergie. Car alors, on souffre inutilement, sans aucun bénéfice secondaire. On ne progresse pas. Il faut donc rester vigilant et se questionner quand on subit une épreuve  : Chercher à comprendre la leçon de vie que cette épreuve peut nous enseigner. Une leçon de vie à en tirer Lorsque survient une épreuve, nous devons relever deux défis fondamentaux, à condition que nous soyons attentifs à notre croissance. D’abord, nous devons nous efforcer de comprendre pourquoi cette épreuve surgit dans notre vie. Cela nous permettra d’identifier les changements que nous pouvons apporter à notre vie, afin d’éviter qu’une situation similaire ne se représente à l’avenir. Ensuite, nous aurons aussi à nous concentrer sur la stratégie à adopter pour lutter contre cette épreuve et la surmonter. A moins de mobiliser tous nos efforts pour relever ces deux défis, nous ne profiterons pas de l’occasion qui nous est offerte de croître par suite de cette épreuve. À LIRE Si on y parvient, cette souffrance n’aura pas été inutile. On aura progressé et on en sortira grandi. n J.B. 3 SECRETS POUR TOUT SURMONTER L’auteur de cet ouvrage nous révèle 3 secrets pour parvenir à surmonter les épreuves de la vie. Il propose un système de pensée révolutionnaire et inédit en tirant les enseignements fondamentaux de ses longues années de recherches passées auprès des mourants, des comateux et de ceux qui ont connu une expérience de mort provisoire appelée aussi Near Death Experience (NDE). Les lecteurs seront surpris d’apprendre que le bonheur inconditionnel fait partie intégrante de nos personnalités en restant inscrit dans nos gènes pour optimiser notre état de santé. Ils seront stupéfaits de pouvoir y accéder avec une facilité aussi déconcertante. « Les 3 clés pour vaincre les pires épreuves de la vie » de Jean- Jacques Charbonier, Guy Trédaniel Editeur, 287 pages, 18 € . QUESTION PHILOSOPHIE 57



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