Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : Michel Serres nous parle vérité.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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IDÉES Société 68 « Certaines perspectives ouvertes par les innovations technoscientifiques sont enthousiasmantes, d’autres effrayantes. » (Luc Ferry) quotidien » remarque Dominique Vinck, Professeur à l’Université de Lausanne et spécialiste de la sociologie des sciences et des techniques. QUESTION DE PHILOSOPHIE Dématérialisation du savoir, démocratisation de la culture, mais aussi mort du livre et création de nouvelles inégalités, les humanités numériques font débat. Dominique Vinck montre dans son livre « Humanités numériques : La culture face aux nouvelles technologies » que les humanités numériques vont bien au-delà de la diffusion de l’informatique. Elles sont un défi posé à notre société pour la nouvelle humanité que nous voulons construire. Aussi fascinant qu’effrayant Le numérique au sens large (informatique, réseaux, médias, Internet) a envahi l’ensemble des activités humaines, des plus personnelles aux plus collectives, et profondément modifié notre rapport aux autres, à l’espace, au temps. Porteur d’innovations permanentes, il fascine et effraie tout autant, et fait l’objet de multiples débats, analyses, controverses. Pour saisir ce qu’est vraiment la « révolution » numérique et ses principaux enjeux, l’ouvrage didactique de Dominique Boullier - Sociologie du numérique (Ed. Armand Colin) - vient nous fournir des cadrages théoriques, des concepts clés ainsi qu’une synthèse critique des travaux réalisés sur le sujet. Après avoir dressé une histoire du numérique, il en analyse les usages, les dimensions économiques, cognitives, organisationnelles et socio-politiques. Il interroge enfin le rôle des sciences sociales et leur responsabilité pour faire exister des « social data sciences » dans le cadre du nouveau domaine des « humanités numériques ». Éclairée par un point de vue fort et engagé, cette sociologie inédite du numérique constitue un outil essentiel pour comprendre l’un des phénomènes majeurs du XXI e siècle. Dans son livre « L’ère numérique, un nouvel âge de l’humanité : Cinq mutations qui vont bouleverser notre vie » (Le Passeur Editeur), Gilles Babinet, entrepreneur dans le domaine du numérique et premier Les humains numériques sont un défi posé à notre société pour la nouvelle humanité que nous voulons construire. président du Conseil national du numérique nous pose la question : « Notre monde court-il à la catastrophe ? L’innovation est-elle en panne au point que nous ne puissions trouver les m solutions pour nous extraire d’une crise telle que la France a et le monde occidental n’en ont pas connu depuis la Seconde Guerre mondiale ? L’Histoire nous enseigne pourtant que les périodes de crise ont souvent précédé celles de forte croissance économique et de progrès social. Ainsi, l’avènement d’une nouvelle économie de la connaissance a commencé à bouleverser plus profondément et durablement la société que ne l’a fait la révolution industrielle. » Gilles Babinet démontre que nous sommes, bien qu’au paroxysme de la crise, à l’aube d’une révolution de l’innovation sans précédent, d’un changement de paradigme majeur pour l’humanité. Il identifie cinq domaines dont l’évolution en cours, intrinsèquement liée au numérique, va changer toute notre vie : la connaissance, l’éducation, la santé, la production et l’État. Pour chacun d’eux, il explique les enjeux
des changements et en précise les contours, nous invitant à retrouver foi dans l’innovation et la raison, nos meilleures chances de rebond - et peut-être de salut. La révolution transhumaniste Dans son tout dernier essai, le philosophie Luc Ferry nous place face à nos contradictions, nos peurs et nos doutes : « Ne croyez surtout pas qu’il s’agisse de science-fiction : 18 avril 2015, une équipe de généticiens chinois entreprenait « d’améliorer » le génome de quatre-vingt-trois embryons humains. Jusqu’où ira-t-on dans cette voie ? Sera-t-il possible un jour (bientôt ? déjà ?) « d’augmenter » à volonté tel ou tel trait de caractère de ses enfants, d’éradiquer dans l’embryon les maladies génétiques, voire d’enrayer la vieillesse et la mort en façonnant une nouvelle espèce d’humains « augmentés » ? Et de nous rassurer : « Nous n’en sommes pas (tout à fait) là, mais de nombreux centres de recherche « transhumanistes » y travaillent partout dans le monde, avec des financements colossaux en provenance de géants du Web tel Google. Les progrès des technosciences sont d’une rapidité inimaginable, ils échappent encore à toute régulation. En parallèle, cette « infrastructure du monde » qu’est le Web a permis l’apparition d’une économie dite « collaborative’, celle que symbolisent des applications comme Uber, Airbnb ou BlaBlaCar. Selon l’idéologue Jeremy Rifkin, elles annoncent la fin du capitalisme au profit d’un monde de gratuité et de souci de l’autre. N’est-ce pas, tout à l’inverse, vers un hyperlibéralisme, vénal et dérégulateur, que nous nous dirigeons ? Certaines perspectives ouvertes par les innovations technoscientifiques sont enthousiasmantes, d’autres effrayantes. » Le livre du philosophe cherche d’abord à faire comprendre, et à réhabiliter, l’idéal philosophique de la régulation, une notion désormais vitale, tant du côté de la médecine que de l’économie. Toujours plus d’intelligence artificielle L’évolution de l’intelligence artificielle pourrait-elle sonner le glas L’évolution de l’intelligence artificielle pourrait-elle sonner le glas de l’humanité ? À LIRE de l’humanité ? C’est en tout cas ce que pense le célèbre astrophysicien de 72 ans, Stephen Hawking. Selon lui, l’évolution du rapport entre l’homme et la machine pourrait ainsi ne pas avoir les conséquences escomptées : « Les formes primitives d’intelligence artificielle que nous avons déjà se sont montrées très utiles. Mais je pense que le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine », a-t-il expliqué. Plus précisément, il redoute qu’une fois créée, l’intelligence artificielle ne poursuive son développement d’elle-même à un rythme qui pourrait devenir incontrôlable. « Une fois que les hommes auraient développé l’intelligence artificielle, celle-ci décollerait seule, et se redéfinirait de plus en plus vite. Les humains, limités par une lente évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser et seraient dépassés », a-t-il poursuivi. Un scénario qui fait, il est vrai, froid dans le dos, et qui prouve une fois encore que de la fiction à la réalité, il n’y a plus qu’un pas que l’Homme est en train de franchir. A ses dépens ? Seul l’avenir nous le dira… n G.F. « La révolution transhumaniste » de Luc Ferry, Ed. Plon, 216 pages, 17,90 €. « 100 innovations qui vont changer votre vie » de Soon Soon Soon, Dunod, 192 pages, 19,90 €. QUESTION DE PHILOSOPHIE 69



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