Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : Michel Serres nous parle vérité.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 66 - 67  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
66 67
IDÉES Société Nouvelles technologies Avancée ou recul ? En ce XXI e siècle, l’humanité est au commencement de la plus grande transformation de son histoire. Nous entrons dans une nouvelle ère où la définition même de l’être humain va fortement évoluer. Si notre espèce est en train de réaliser des prouesses inimaginables en termes d’intelligence, de progrès matériel et de longévité, est-ce en finalité un bien ou un mal, un enrichissement ou une mise en danger ? 66 QUESTION DE PHILOSOPHIE ÈRE NUMÉRIQUE
Concept central de la pensée des Lumières et des courants évolutionnistes, le progrès incarne la croyance dans le perfectionnement global et linéaire de l’humanité. La société, tout en se développant, évolue vers le « mieux » : augmentation des richesses, progrès scientifique et technique... mais aussi amélioration des mœurs et des institutions, voire progrès de l’esprit humain. De la notion de progrès En Europe, ce n’est que tardivement - c’est-à-dire au XIX e siècle - que le « progrès » est devenue une notion économique, puis scientifique. C’est plus tardivement encore qu’elle a rejoint la notion d’innovation, au point d’y être confondue. En termes d’archéologie du savoir, la culture technique pré-industrielle (le système eau/bois/vent) apprit lentement à théoriser la capacité des sociétés à progresser, et découvrit, non sans débats et désaccords, que le progrès pouvait être pensé comme une potentialité. La culture technique de la première industrialisation (système fer/charbon/vapeur), au contraire, s’est fondée sur la notion de progrès, en basculant de la potentialité à la puissance, et en assimilant le progrès à la science. La culture technique de la seconde industrialisation (système pétrole/électricité/alliages), qui s’est élaborée à partir des années 1880, franchit un pas supplémentaire en assimilant le progrès à l’innovation, à la capacité d’innover, ce qu’aucune société n’avait encore théorisé. L’intérêt de la période dans laquelle nous vivons actuellement, tient à ce que nous nous trouvons dans un même système technique, mais à des niveaux de développement différents, selon les lieux et les pays. Au XXI e siècle, la notion de progrès a encore fait un pas de géant avec les nouvelles technologies et la révolution numérique qui entraînent de nombreux questionnements sur l’avenir de notre société et de l’Humanité toute entière. EXPERT LUC FERRY, PHILOSOPHE Créer une « posthumanité » « Vous connaissez la phrase de Bill Gates, qui a signé avec Stephen Hawking et Elon Musk la pétition contre le développement de l’intelligence artificielle militaire, en particulier contre les « drones tueurs » : « Ce qui est incompréhensible, c’est que les gens ne soient pas inquiets ». Or Musk, Gates et Hawking sont tout sauf des antimodernes hostiles aux nouvelles technologies. Il existe aux Etats-Unis tout un courant du transhumanisme, celui qui est représenté notamment par Ray Kurzweil et l’université de la singularité financée par Google, qui défend très sérieusement l’idée que nous allons être très bientôt capables de créer une « posthumanité », une nouvelle espèce très différente de la nôtre et beaucoup plus intelligente. En France, on croit encore, pour autant qu’on en ait seulement entendu parler, qu’il s’agit de science-fiction. On a tort, car les potentialités ouvertes par les biotechnologies associées à l’intelligence artificielle et à la robotique sont encore inimaginables. » (Propos recueillis par Valérie Loctin) Une troisième révolution industrielle « Ce qui est incompréhensible, c’est que les gens ne soient pas inquiets. » (Bill Gates) Sommes-nous aujourd’hui les témoins et les acteurs d’une troisième révolution industrielle - après une première fondée sur l’essor de la machine à vapeur et du chemin de fer, puis une deuxième symbolisée par l’exploitation de l’électricité et du pétrole ? Force est de constater qu’on assiste à chaque fois à l’apparition de grands réseaux (chemin de fer, électricité, Internet) et de grandes figures d’innovateurs (James Watt et sa machine à vapeur, Thomas Edison et son empire industriel, Bill Gates et son entreprise Microsoft) et en outre de l’émergence d’un imaginaire qui voudrait promouvoir la naissance d’une nouvelle humanité. De nombreuses innovations vont se fondre dans notre quotidien ou notre corps. Des domaines tels que les NBIC (nanotechnologies, biotechnologie, information et cognition) ouvrent grand l’univers des possibles, mais en suscitant de nombreuses interrogations. On voit apparaître des matériaux qui changent leurs propriétés en fonction de l’environnement, des nano-usines, des interfaces directes entre le cerveau et les ordinateurs, des robots qui mangent pour acquérir de l’énergie, l’observation en temps réel du cerveau humain... Jean-Michel Cornu, consultant international, directeur scientifique de la FING, explique dans son livre « Nouvelles technologies, nouvelles pensées ? La convergence des NBIC » (FYP Editions) que « nous sommes désarmés face à notre incapacité collective à faire des choix d’une ampleur historique et à les appliquer. Comment mobiliser l’intelligence collective des hommes face à ces défis majeurs ? Il est devenu primordial de poser le débat et y associer l’ensemble des acteurs de la société : chercheurs, politiques, industriels et citoyens. Il est urgent que les questions d’éthique accompagnent le développement des sciences et des technologies. » Vers une civilisation numérique « Il ne s’agit pas d’une révolution numérique, mais d’une civilisation numérique ». Cette phrase prononcée par Irina Bokova, directrice de l’Unesco, résume à elle seule l’importance des humanités numériques. « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, celles-ci ne sont pas l’affaire de quelques geeks lettreux, mais, traitant de notre patrimoine et de nos identités, elles nous concernent tous et nous accompagnent déjà au QUESTION DE PHILOSOPHIE 67



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 1Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 2-3Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 4-5Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 6-7Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 8-9Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 10-11Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 12-13Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 14-15Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 16-17Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 18-19Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 20-21Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 22-23Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 24-25Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 26-27Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 28-29Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 30-31Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 32-33Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 34-35Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 36-37Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 38-39Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 40-41Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 42-43Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 44-45Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 46-47Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 48-49Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 50-51Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 52-53Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 54-55Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 56-57Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 58-59Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 60-61Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 62-63Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 64-65Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 66-67Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 68-69Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 70-71Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 72-73Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 74-75Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 76-77Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 78-79Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 80-81Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 82-83Question Philosophie numéro 2 jun/jui/aoû 2016 Page 84