Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : Michel Serres nous parle vérité.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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EXPERT DÉVELOPPEMENT Personnel RICHARD LANGEVIN, PSYCHOLOGUE. Relations fusionnelles « mère-enfant » « La relation fusionnelle est une relation où les frontières personnelles ne sont pas clairement établies entre la mère et l’enfant. Il existe alors une relation de dépendance mutuelle l’un à l’autre autour du besoin de l’enfant de se construire comme humain différent ; et de la mère, d’assurer d’abord la survie physique de son enfant pour qu’il devienne grand et différent d’elle dans un second temps. » l’autre et de l’aimer en s’aimant soimême. Heureusement, la déception n’est pas toujours au rendez-vous, et si l’on ne se laisse pas laisser aller à continuer une relation par simple habitude, il est alors possible de parvenir à une complémentarité enrichissante. Accepter que l’autre ait aussi sa vie, ses hobbies, sans nous sentir obligées d’y adhérer est finalement un soulagement. De même, le fait de pouvoir poursuivre ses propres activités sans avoir forcément à être à deux est important. D’autant qu’aujourd’hui, un couple qui vieillit ensemble passe de bien plus nombreuses années à deux que par le passé, du simple fait que nous vivons plus âgés. Comment donc supporter des années de symbiose sans respirations personnelles ? La peur n’évite pas le danger et le fait de vouloir être toujours présent n’empêchera pas AU COMMENCEMENT ÉTAIT… L’ATTACHEMENT Selon A. Guedeney et N. Guedeney (2002), « Une figure d’attachement est une figure vers laquelle l’enfant dirigera son comportement d’attachement. Sera susceptible de devenir une figure d’attachement toute personne qui s’engage dans une interaction sociale animée avec le bébé et durable, et qui répondra facilement à ses signaux et à ses approche ». 62 QUESTION DE PHILOSOPHIE La relation fusionnelle parent-enfant est également une erreur à corriger. le conjoint de papillonner ailleurs si l’envie lui en prend. Au contraire. Sans respect de l’autre et de son autonomie, il ne pourrait exister de couples mixtes par exemple ou multi-culturels. Car qui dit altérité dit reconnaissance de l’autre dans sa différence, aussi bien culturelle, religieuse que personnelle. Une attitude fondamentallement respectueuse de la personnalité de l’autre, de qui l’on attend qu’il adopte également la même attitude vis-à-vis de nous. Parvenir à créer une relation avec un ami/amant, voici un défi intéressant qu’il n’est pas simple de remporter. Le choix nous appartient donc. La décision de vivre des amours passionnels à répétition ou la décision de vivre une histoire plus longue en s’épanouissant à la fois dans « Dans le détachement se cache La sagesse de l’incertain. Cette sagesse nous libère des entraves créées Par le passé, par le connu. Elle ouvre la porte de la prison qu’a construite Notre conditionnement au passé En acceptant d’entrer dans l’inconnu, Dans le champ de tous les possibles, Nous nous abandonnons À l’esprit créatif, au chorégraphe De la danse de l’univers. » (Deepak Chopra) une union, mais aussi en tant que personne à part entière. Il est clair que l’âge agit en faveur d’une vie un peu plus calme. Pourtant, à chacun et chacune de faire ses choix. Après tout c’est bel et bien de notre vie qu’il s’agit et nous n’en avons qu’une. La notion de détachement Le détachement est une notion philosophique, psychologique et religieuse qui désigne une disposition ou un état idéal dans lequel l’individu ne serait pas affecté par les situations de l’existence quotidienne. Il s’agit donc d’une prise de recul mais pas d’une indifférence. > Sur le plan philosophique La philosophie elle-même est une manière de se détacher des réalités ordinaires en ne vivant que par les
idées. Elle peut cependant être comprise comme une tentative de comprendre les réalités ordinaires par une véritable réflexion. Quand la philosophie aborde la question du détachement, elle pose conjointement celle de l’action. Selon certains philosophes, c’est le détachement qui fournit une liberté à l’esprit et permettrait d’accéder à la vérité, au « vrai », ou comme pour Plotin, à la « vie spirituelle » que l’attachement aux choses sensibles nous empêcherait de vivre. Pour d’autres, il n’est pas souhaitable ni concevable, et pour d’autres encore, « l’attachement au détachement » serait même une sorte de contradiction voire une « ruse de la conscience ». C’est notamment le cas du stoïcisme qui vise à l’absence de souffrance par l’absence de passions. Sénèque, Épictète, Marc Aurèle décrivent la perspective stoïque originelle. Épictète prône un détachement total de ce qui est indépendant de la volonté de l’homme. Selon ce système de pensée, tout ce qui arrive est conforme à la « nature universelle », puisque tout survient suivant une cause globale, qui lie toutes les causes entre elles. L’éthique stoïcienne invite l’Homme à une prise de distance sans qu’il s’agisse pour autant d’une inactivité ou d’un « désœuvrement » Face aux épreuves, les stoïciens nous ont en effet appris que la seule manière d’atteindre la paix consiste donc à se détacher de toutes ces choses, pour se retirer dans la citadelle imprenable de notre liberté intérieure. Là où personne ne peut nous contraindre, là où nous jouissons d’une parfaite indépendance. Ainsi, dans une quelconque épreuve, l’homme sage ne récrimine pas contre le cours du monde, ne s’emporte pas en vain, mais s’attache au contraire à ce qui dépend de lui : il maîtrise sa crainte, qui seule est terrible, ne se laisse pas entraîner par ses représentations, refuse son assentiment aux délires de l’imagination et reste libre et maître de lui-même. > Sur le plan psychologique Freud évoque la notion de « détachement » dans une perspective différente et dans le contexte de la relation avec les parents, concluant qu’une relation « non distanciée » ATTACHEMENT, NON-ATTACHEMENT, DÉTACHEMENT « Attachement, non-attachement, détachement. L’un vaut-il mieux que l’autre ? Est-il possible d’aimer sans s’attacher ? Il paraît que oui. C’est l’Amour inconditionnel, celui qui donne sans rien attendre en retour, celui qui ne se calcule pas, celui qui ne fait jamais dire : « avec tout ce que j’ai fait pour toi ! ». Celui à qui l’on donne peut-être indifférent, peu importe, on lui donne parce qu’on aime l’être humain qu’il est, même s’il paraît plein de défauts, même si l’on sait que la rencontre sera de courte durée. Il n’y a dans cet amour aucune attache, seulement un instant présent pleinement vécu, un instant où l’on se sent poussé à donner pour donner, donner par plaisir, donner par amour et non par devoir. » Extrait tiré du livre « En Chemin vers Soi, les 7 Clefs » avec eux est le « noyau de toutes les névroses ». Une telle distanciation que nous avons tous intérêt à pratiquer le plus tôt possible, et tout au long de notre vie, aurait donc pour effet de nous défaire des « fixations affectives névrotiques ». > Sur le plan religieux La notion de détachement, qui fait partie, entre autres, de la compréhension des religions bouddhistes et hindouistes, est l’une des bases fondamentales du bonheur. En effet, l’attachement, quelle que soit sa forme, est la source de tous les malheurs et conflits dans le monde. Que cela soit à un niveau individuel ou collectif, le fait d’être attaché à quelque chose ou quelqu’un que Selon certains philosophes, c’est le détachement qui fournit une liberté à l’esprit et permettrait d’accéder à la vérité. l’on perd ou que l’on a peur de perdre, va enclencher des émotions négatives plus ou moins sérieuses. Mais celui qui est détaché n’est pas la victime de ses émotions. En pratiquant le détachement émotionnel, on peut donc rester fortement attaché à quelqu’un, tout en se détachant de tous les dangers de la relation fusionnelle. Le détachement émotionnel est ainsi une étape indispensable pour celui qui veut s’élever vers la plénitude de son esprit. C’est une étape difficile pour celui qui est affecté par un émotionnel envahissant, mais la maîtrise de cela est indissociable d’une vie heureuse. La quête du détachement est donc non seulement une libération intérieure qui permet de mieux vivre avec les autres mais aussi un acte de tolérance vis-à-vis soi qui nous permet de nous accepter dans nos imperfections. A bon entendeur… n E.B. À LIRE LIBERTÉ INTÉRIEURE ! Chacun de nous n’aspiret-il pas de tout son cœur à la liberté et à l’unité intérieures ? Or, personne ne peut acquérir ces biens très précieux sans accepter de purifier sa manière d’aimer. Cela a un prix : le détachement. Se détacher, c’est se libérer pour s’envoler dans les hauteurs de Dieu... Tel est l’itinéraire spirituel que ce livre vous propose d’emprunter. « L’art d’être libre : Les bienfaits du détachement » de Joël Guibert, Editions de l’Emmanuel. QUESTION DE PHILOSOPHIE 63



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