Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : Michel Serres nous parle vérité.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DÉVELOPPEMENT Personnel SORTIR DE FUSION S’attacher à se détacher ! La passion et la fusion entraînent souvent de la souffrance. Et si le véritable amour était plutôt celui qui privilégie l’altérité et le détachement dans la confiance et le partage ? Les spécialistes nous rapportent que l’amour passionnel ne durerait que trois années au maximum, un peu plus si l’on se trouve souvent séparés et que le manque de l’autre vient jouer les prolongations. L’époque de la fusion Dans un « jeune » couple, c’est l’époque où l’on ne cesse de s’appeler, de s’envoyeremails ou textos. Une époque où la vie sexuelle est également intense, tellement le besoin de la présence physique de l’autre se fait pressant. Il n’est d’ailleurs pas rare que l’on en oublie de manger, que l’on se sente plus beau, séduisant… et surtout complètement accro. Il suffit que l’autre 60 QUESTION DE PHILOSOPHIE ait oublié son téléphone, qu’il n’ait plus de batterie ou que l’on échange quelques mots conflictuels pour que le monde s’effondre et qu’une souffrance aigue liée au chagrin d’amour s’installe. Souffrance vite oubliée et remplacée par l’exaltation dès que les relations sont revenues au beau fixe. En bref, des sentiments excessifs, qui vus de l’extérieur, peuvent sembler un peu ridicules si l’on n’a pas connu cela, ou plutôt si l’on a oublié ce que l’on a vécu. Mais aussi une sensation extrêmement profonde d’être vivant. Bien évidemment, les scientifiques se sont penchés sur la question pour nous expliquer que les phéromones qui nous ont rapprochés, ont également donné lieu à l’apparition de substances chimiques fabriquées par le cerveau, procurant de fait un plaisir intense. Peu importe à vrai dire les explications concrètes, le fait est que le phénomène s’apparente en effet à un état de dépendance. « Le mariage n’est-il pas avant tout « une longue conversation » ? Le meilleur ami, ou la meilleure amie, c’est l’amour sans souffrance, sans manque, c’est la complicité sexuelle sans la douloureuse fusion. » (Jacques de Saint-Victor) Une dépendance dont on décroche finalement, contrairement au tabac ou à la drogue, pour la raison simple que nous ne sommes pas seuls en cause. L’autre aussi interagit sur la situation, les sentiments peuvent s’émousser chez l’un et pas chez l’autre ou l’amour continuer, mais la situation changer. Il arrive aussi que le couple ne franchisse pas l’obstacle de la fin de la fusion, car finalement cet amour fou prédispose à des concessions, des efforts que les conjoints ne sont pas prêts à poursuivre ad vitam ae-
ternam une fois la vie ayant repris un cours plus normal. Une nouvelle vie Lorsque le couple perdure à ce moment un peu délicat, chacun reprend peu à peu sa place et sa personnalité réelle, parfois certaines habitudes. Une évolution saine puisque l’on ne peut rester éternellement dans cette phase atypique, quelques mètres au dessus du sol. Chacun reprend ainsi sa personnalité propre, la fusion ayant effacé quelques aspérités. On revoit ses amis parfois un peu délaissés et peu à peu il est possible de laisser éclore ses différences. Finies les journées où l’on se quittait le moins possible, chacun recrée son pré carré. A moins qu’une autre destinée ne se profile, assez traditionnelle. Le couple s’installe et souhaite concrétiser son amour par la naissance d’un enfant. Dans ce cas, une fois l’enfant né, c’est souvent la fatigue, les tâches multiples quotidiennes, le travail de l’un et de l’autre qui viennent à bout de l’amour ancien pour parvenir à un nouvel équilibre. Les sentiments sont toujours profonds mais n’ont plus la même intensité permanente. Equilibre parfois difficile à trouver, à moins que l’on ne fasse plus vraiment attention, se laissant simplement porter par les événements comme ils viennent. La fusion fait donc place à la prise en compte de l’autre. Non plus un alter ego, mais un alter tout court. Une nouvelle maturité L’amour mature présente aussi bien des avantages. Il est en effet hors de EXPERT PAULE SALOMON, AUTEURE DE « LA SAINTE FOLIE DU COUPLE » DE LA FUSION DANS LE COUPLE « Au commencement de la relation on est fusionnel, c’est normal, c’est une grâce et c’est délicieux. C’est la première étape. Ensuite, au bout de six mois, d’un an ou deux, ça dépend des personnes, on cesse d’avoir pour seule envie de se regarder dans les yeux et on commence à ressentir les besoins de notre « moi », de notre personne. On n’est plus tout entier consacré au « nous » et on s’aperçoit que l’autre a des besoins différents des nôtres, qu’il n’est pas, comme on le croyait au départ, tout entier consacré à une sorte de réparation narcissique de nous-mêmes. Car très souvent, nous sommes les uns et les autres des êtres incomplets, des handicapés du « moi « et nous demandons à l’amour de l’autre de nous réparer à cet endroit-là ; nous n’avons pas confiance en nous et l’amour de l’autre nous sert à avoir confiance en nous. Donc, désormais, chacun consacrera une bonne partie de ses forces non plus au « nous » mais à nouveau à son « je ». C’est normal, mais en même temps cela entraîne souvent une sorte de déséquilibre car l’un continue à plus nourrir le couple et l’autre, par opposition, s’affranchit davantage de la relation et fait en sorte que le « nous » serve ses propres besoins. » question de faire du sur place toute sa vie sous prétexte que l’on veut renouveler les mêmes sensations année après année. Cela peut paraître moins glamour et pourtant quoi de plus aventureux que de se mettre en couple avec l’autre et de le découvrir sans aveuglement. Voici sans doute la véritable aventure. Et une aventure risquée d’ailleurs, car voir l’autre avec plus d’objectivité peut aussi mener à la déception, voire à la rupture. Il faut donc faire preuve d’un certain courage pour continuer à aller de l’avant. Cela est beaucoup moins facile que de se projeter dans QUESTION DE PHILOSOPHIE 61



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