Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : Michel Serres nous parle vérité.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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PHILOSOPHIE De toujours INVENTEUR… À PLUS D’UN TITRE Ce petit philosophe austère avait toujours une mise particulièrement soignée. Hypocondriaque, très préoccupé de sa santé, l’homme faisait tout pour parvenir à vivre jusqu’à un âge avancé, d’où cette vie saine. C’est ainsi qu’il remarque que les rubans servant à fixer les bas de soie de l’époque sur la jambe risquaient de gêner la circulation du sang. Il inventa donc un dispositif adaptable entre le porte-jarretelles et le fixe-chaussettes. Maniaque, certainement, mais aussi bricoleur ! faut avoir recours à l’expérience, soit une approche influencée par différents éléments, dont la capacité de compréhension ou la sensibilité. L’homme est un être doté de pensées et de sentiments, et il est de ce fait incapable de saisir son environnement tel qu’il est sans y introduire d’a priori. La métaphysique a pour objet l’étude de l’immortalité, de concepts tels que la liberté, Dieu, qui sont par nature insaisissables par l’homme. C’est se bercer de mots savants autant que d’illusions que de vouloir aborder la métaphysique dans son essence même. Voici pour Kant ce qui délimite le savoir possible. L’homme aura beau vouloir faire usage de sa raison, de sa « raison pure », il lui est impossible d’envisager les concepts autrement qu’à travers un prisme forcément déformant. De la raison Lorsque Kant évoque la question de la raison, cela désigne tout ce qui ne vient pas de l’expérience, sans préjugés ni apriori. Ce qu’il nomme « la raison pure » est théorique, mais il existe également une raison pratique qui est porteuse d’une morale. Kant décide donc de procéder de façon systématique à la critique de 32 LE SAVIEZ-VOUS ? Kant ne se maria jamais : « Lorsque je pouvais avoir besoin d’une femme, je ne pouvais en nourrir aucune ; lorsque je pus en nourrir une, je n’en avais plus besoin. » QUESTION DE PHILOSOPHIE « J’entends présentement crier de tous côtés : « Ne raisonnez pas ! L’officier dit « ne raisonnez pas, exécutez ! » Le percepteur « ne raisonnez pas, payez ! » Le prêtre : « Ne raisonnez pas, croyez ! » Il y a partout limitation de la liberté. » la raison dite spéculative, et souhaite démontrer au lecteur quels sont le champ d’action et les limites de cette dernière. Noumène et Phénomène Ainsi, le temps est-il existant avant même que l’on en ait l’expérience. Un objet existe en tant que tel et pourtant il convient de le penser, de le comprendre pour qu’il intègre notre esprit et soit rangé par lui dans une catégorie bien précise. Cela a une conséquence majeure : le temps, l’espace, l’objet ont une existence avant que l’on ne soit en mesure de les appréhender. Ils précèdent la connaissance. Cette distinction faite, on peut distinguer le noumène du phénomène. Le noumène désigne la chose en soi, tandis que le phénomène désigne ce que la chose est pour le sujet. Dieu, to be or not to be Kant traite dans son ouvrage la question de la soi-disant existence de Dieu et réfute les preuves avancées jusque-là de son existence. Or, Dieu est un noumène d’après la définition kantienne, sa réalité ne peut être niée ou prouvée, du moins par un être humain. Le philosophe aborde ainsi le monde des idées, dont l’idée de Dieu, qui désigne un concept compréhensible par la raison, mais demeure insaisissable par les sens. Nous sommes dans l’univers de ce que l’on nomme « la dialectique transcendantale ». Kant évoque la preuve cosmologique, qui implique que la présence de la vie elle-même présuppose et même exige l’existence d’un Etre suprême, nommé Dieu. La révolution est faite : Kant affirme donc que l’existence de Dieu ne peut en aucun cas être démontrée. Mais attention, cela ne présage nullement de sa non-existence, bien au contraire. En fait, la science ne peut prouver l’existence, ni la non existence de Dieu, car sa nature même lui échappe. L’important à retenir est que l’on ne peut connaître le monde et les objets qu’à travers notre prisme individuel et l’homme est donc apte à appréhender les objets en tant que phénomènes, mais pas au-delà. Que dois-je faire ? Kant avance qu’une action se doit d’être accomplie si elle est effectuée par respect du devoir et sans que l’on en attende un quelconque avantage. Cette dimension morale donnée à l’action est primordiale pour Kant, qui met donc en avant l’intention louable qui a impulsé l’action. La bonne volonté est donc la notion qui doit guider l’action, étant donné qu’il est impossible de définir ce qui est bon en tant que tel, sans restriction aucune. Cependant, cette bonne volonté ne devrait pas être la résultante d’un sentiment, il s’agit tout simplement de faire ce que l’on estime être le bien par devoir. Pour Kant, ce n’est pas un choix, mais un impératif. Cette notion de devoir est donc totalement séparée de l’idée de récompense. En ce sens, elle se rapproche par exemple de la notion de charité Kant procède de façon systématique à la critique de la raison dite spéculative.
qui veut que l’on aide autrui, non pas pour obtenir le satisfecit de l’environnement social ou pour gagner le paradis, mais parce qu’il s’agit d’une action que l’on peut qualifier de bonne de façon intrinsèque. On le voit, chez Kant, la morale est érigée à hauteur de loi, car elle est absolument nécessaire et doit être librement choisie. Elle est ainsi liée à la philosophie juridique et politique. A la différence d’autres approches philosophiques, la loi morale kantienne est universelle, et ne se préoccupe, ni des conséquences des actions imposées par le devoir, ni d’une recherche d’objectif comme le fait de parvenir au bonheur. La position de Kant est inflexible sur ce point, et cette notion de devoir moral est prédominante. L’action effectuée par devoir pur est une notion universelle : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle ». Morale & éducation Kant émet également de nombreux avis en matière d’éducation. Et on peut dire qu’il est résolument moderne lorsqu’il affirme que les écoles manquent d’une chose qu’il nomme « le catéchisme du droit », sorte de formation à l’honnêteté. Ce catéchisme « devrait comprendre des cas, qui seraient populaires et se présenteraient dans la vie quotidienne et qui soulèveraient naturellement la question : cela est-il juste ou non ? » Une façon d’inculquer dès le plus jeune âge un comportement droit, respectueux des règles de la morale. Autre facteur essentiel, la personne doit être respectée, car elle est une fin en soi contrairement aux choses. L’EXEMPLE DU VERRE Pour pouvoir rentrer dans le verre, un liquide doit pouvoir prendre la forme de celui-ci. D’une façon identique, pour pouvoir se former à notre capacité de compréhension, une idée doit pouvoir s’adapter à la forme de cette capacité. Chez Kant, la morale est érigée à hauteur de loi, car elle est absolument nécessaire et doit être librement choisie. QUESTION DE PHILOSOPHIE 33



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