Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
Question Philosophie n°2 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : Michel Serres nous parle vérité.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DOSSIER « À quoi sert la vérité ? » 18 Vers une définition de la « Vérité » Approcher le problème de la vérité suppose en premier lieu de briser l’identification « non philosophique » entre vérité et réalité. Car nous avons tous tendance à juger que ce qui est vrai est ce qui est réel. Un point s’impose. QUESTION DE PHILOSOPHIE
En général, on définit la vérité soit comme un jugement conforme à son objet (on parle alors de vérité-correspondance), soit comme un jugement non-contradictoire (on parle alors de vérité-cohérence ou de vérité formelle). Un caractère universel Son caractère universel la distingue de l’opinion, toujours particulière. D’un point de vue théorique, elle s’oppose à l’erreur et à l’illusion (qui diffère de l’erreur en ce qu’elle persiste même quand elle est expliquée). La vérité a aussi un sens pratique : la véracité désigne le fait de dire la vérité qui, dans ce cas, s’oppose au mensonge. Atteindre la vérité suppose des critères pour la séparer de ce qui n’est pas elle. Lorsque la vérité se reconnaît d’elle-même, ce critère est l’évidence. Mais souvent la vérité est cachée. Dès lors, si elle n’est pas révélée comme dans la religion, elle doit être démontrée. Le scepticisme considère, lui, qu’elle est inaccessible. Une notion philosophique par excellence La vérité (du latin veritas, « vérité », dérivé de verus, « vrai ») est la qualité de ce qui est vrai. C’est l’adéquation de l’idée, la pensée, avec son objet, adéquation de ce que l’on dit ou pense avec ce qui est réel. « La vérité n’est ni absolue, ni stable, ni univoque. » (Michel Foucault) On distingue aussi vérité et sincérité, cette dernière n’étant que la volonté de dire ce que l’on croit être vrai. De ce fait, il est difficile de séparer l’histoire de la vérité de l’histoire de la philosophie. Apparaissant pourtant antinomiques, les notions de philosophie et vérité sont inévitablement liées. D’ailleurs, la diversité des interprétations du mot engendre bien des controverses et a suscité de nombreuses « spéculations philosophiques ». Les réflexions de penseurs et de philosophes au cours des siècles constituent autant d’écoles différentes. Différentes écoles de pensée Platon veut que le discernement du vrai et la vérité même, placés hors du domaine des opinions et de sens, n’appartiennent qu’à la pensée et à l’intelligence. Pour Socrate dans le Cratyle, la vérité est pour chacun ce qui lui semble. Martin Heidegger, dans des analyses remontant jusqu’aux premiers pré-socratiques, dit avoir exhumé le sens originaire du concept de vérité comme alètheia, qui n’est pas encore un concept de relation mais l’expression du surgissement hors Platon Socrate du retrait, de l’étant en soi. Ce premier sens, aurait été, selon lui, perdu avec Platon et Aristote et l’idée de vérité aurait subi depuis son origine plusieurs transformations pour aboutir en dernier à la vérité-certitude que procure l’illusion de la calculabilité universelle qui est celle de maintenant. Michel Foucault, dans ses cours au Collège de France avait coutume de dire que la vérité n’est ni absolue, ni stable, ni univoque : « La vérité a une histoire qui en Occident se divise en deux périodes : l’âge de la vérité-foudre et celui de la vérité-ciel ». La vérité-foudre est celle qui est dévoilée à une date précise, sur un lieu déterminé et par une personne élue des dieux comme l’oracle de Delphes, les prophètes bibliques ou encore aujourd’hui le pape catholique parlant « ex cathedra ». Ce premier âge dure depuis des millénaires et a suscité des lignées de Michel Foucoult Martin Heidegger zélateurs, fléaux des hérésiarques, et inlassables bâtisseurs d’inquisitions. La vérité-ciel est en revanche établie pour tous, toujours et partout : c’est celle de la science, de Copernic, de Newton et d’Einstein. Ce second âge, fondé sur la raison scientifique, commence pour ainsi dire au XVIII e siècle mais possède également ses « grands prêtres ». Et Michel Foucault n’excluait pas qu’un jour ces derniers n’en viennent à défendre leur propre vision des choses et leurs prérogatives, en ayant recours à des arguments peu différents de ceux avancés en des époques antérieures. Quatre axes de réflexion Quand on philosophe sur le thème de la vérité, il se dégage quatre axes de réflexions et de définitions : La vérité matérielle, qui est l’adéquation entre ce qui est et le jugement que l’on énonce dans une proposition : cette adéquation est validée par l’expérience. Mais la nature de ce type de vérité est variable, car elle peut être qualifiée de vérité objective, relative, subjective, ou encore projective etc., suivant la théorie de la connaissance que l’on soutient (réalisme, relativisme, criticisme, constructivisme, etc.). La vérité formelle, qui est la validité des conclusions d’un système hypothético-déductif, procédant suivant des règles de déduction à partir de postulats et d’axiomes admis. Cette vérité est indépendante du contenu des propositions et dépend de son accord avec les lois de l’entendement. Dans ce cas, la vérité est une vérité de correspondance, et elle est a priori car elle ne dépend pas de l’expérience. Ce dernier point permet d’introduire une distinction : les vérités purement formelles et a priori sont appelées des vérités analytiques. Ces vérités sont nécessaires et ne nous apprennent rien sur le monde. Les vérités tirées de l’expérience sont quant à elle des vérités synthétiques, QUESTION DE PHILOSOPHIE 19



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