Pulsations n°2019-07 jui/aoû/sep
Pulsations n°2019-07 jui/aoû/sep
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-07 de jui/aoû/sep

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Hôpitaux Universitaires de Genève

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9 Mo

  • Dans ce numéro : les bienfaits de la natation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Juillet - Septembre 2019 D o s s ier Pulsations Suite de la page 16 exposant à la lumière du jour, ce qui est désormais possible dans les nouveaux espaces des SI. Des capteurs de bruit sont installés pour limiter les perturbations et, enfin, les soignants se rendent au chevet du patient seulement lorsque c’est nécessaire. « Nous avons beaucoup de techniques à disposition, mais nos gestes sont source de souffrance. Nous devons continuellement nous interroger sur les risques et bénéfices pour le patient », estime la Pre Ricou. Qualité des soins Dans cet esprit, les SI adhèrent au mouvement « smarter medicine » qui encourage les soignants à ne pratiquer que les gestes indispensables, dans une perspective de qualité et d’économicité des soins. Pour Hélène Lenoir, infirmière spécialisée et « quality officer », cela s’inscrit parfaitement dans la culture de ce service qui a ses particularités  : « Avec des patients gravement atteints, des traitements complexes et un personnel très nombreux, nous devons trouver un équilibre entre ce qui est réalisable et les bénéfices qu’on peut en tirer. » Cette recherche de qualité est constante, en témoignent les nombreux projets qualité en cours (maintien de l’intégrité cutanée « Sauve ma peau ! », prévention des pneumonies acquises sous ventilation mécanique « GeNoVAP », fin de vie avec des groupes d’accompagnement « End Of Life », etc.). Ne pas tomber dans l’excès de soins est un enjeu important, confirme le Pr Pugin  : « Dans cet univers hautement technologique, nous devons garder l’humain au centre. Cela signifie avoir une pratique médicale éthique et conforme aux déterminations des patients et de leur famille. » Et pour que ces derniers soient bien soignés, le personnel doit l’être aussi, conclut le chef de service  : « Malgré la dureté de la médecine intensive, nous devons préserver son attractivité, encourager la formation et fidéliser notre personnel soignant. » 18 rom L’hypnose en renfort On recourt à l’hypnose clinique pour améliorer le vécu des patients et atténuer l’empreinte du séjour aux soins intensifs (SI). « L’expérience hospitalière les place spontanément dans un état de conscience modifié. Ils ont une sorte de perméabilité et de résonnance émotive propices à l’hypnose », explique Solenne Ory, infirmière spécialisée en SI, qui la pratique dans le cadre du Programme hypnose, soutenu par la Fondation privée des HUG. Tout patient conscient peut bénéficier d’une séance d’hypnose pour modifier la perception de symptômes tels que la douleur, l’anxiété, ou encore améliorer son sommeil. Mais cette technique peut aussi être intégrée dans la relation de façon moins formelle. Pour les soignants formés, c’est une manière différente d’amener les soins, ajustée à chaque patient. Ainsi, un regard, un geste, une parole accompagnent un geste médical invasif, un examen délicat, dans l’espoir d’une plus grande acceptation. Souvent en état de choc, lourdement appareillés et figés dans un environnement hostile, les patients vivent une forme de morcellement. L’utilisation de cet outil leur permet d’être acteurs et partenaires des soins, et surtout leur redonne un contrôle dans un contexte où presque tout leur échappe. Il Il s’agit de les aider à mobiliser leurs propres ressources pour les remettre en mouvement met transformer les sensations inconfortables. Et aussi de les emmener ailleurs, hors de la chambre d’hôpital, au-delà d’un tuyau dans la gorge ou d’un membre douloureux.
Témoignage #2 Dossier Teymour, 24 ans  : « Aujourd'hui, je vais bien » « J’ai été hospitalisé en mai 2018 à cause d’une mauvaise toux qui ne faisait qu’empirer. A l’échographie, les cardio logues ont vu que j’avais plein d’eau autour du cœur et des poumons. Ils ont effectué une ponction en urgence et je me suis réveillé dix jours plus tard aux soins intensifs. J’étais branché de partout, intubé et plus capable de respirer seul. Ce n’est qu’une semaine après qu’on m’a expliqué mon état en détail. Au cours de l’opération, les médecins ont découvert une tumeur du médiastin (zone de la cage thoracique entre les poumons). Cette nouvelle m’a fait l’effet d’une bombe. Au total, j’ai passé plus de 40 jours aux soins intensifs. C’était physiquement très éprouvant, j’ai perdu 20 kilos et j’étais souvent dans le brouillard. Heureusement, j’ai été chouchouté par l’équipe soignante. Parmi les nombreux soins que j’ai reçus, on m’a proposé des séances d’hypnose. Je faisais beaucoup de cauchemars et mes difficultés à respirer sans le masque à oxygène m’angoissaient. Cette méthode m’a vraiment apaisé. Je suis rentré chez moi après plus de six mois d’hospitalisation. Aujourd’hui, je vais bien. Ma vie reprend son cours, je voyage et profite de chaque instant. Récemment, on m’a proposé de revenir à l’hôpital pour une consultation post-soins intensifs. Cela m’a fait beaucoup de bien de reparler du côté très émotionnel associé à mon séjour. J’ai pu me souvenir et comprendre pleins d’éléments qui restaient flous. 19 Soins intensifs Plus de 90% des décès aux soins intensifs surviennent après un retrait thérapeutique, discuté et accepté par l’équipe médicosoignante et la famille. 4 secteurs composent le service  : cardiovasculaire, neuroréanimation, polyvalent et une unité transversale de soins intensifs prolongés. Ma sœur, qui a été mon pilier, m’a accompagné à cet entretien. Elle a passé un moment seule avec l’infirmière. Quand je l’ai vue revenir les yeux pleins de larmes, je me suis rendu compte de l’impact que ça avait eu sur elle et son besoin d’en parler. Elle vient désormais d’entamer des études pour devenir infirmière. » Aude Raimondi



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