Pulsations n°2018-10 oct/nov/déc
Pulsations n°2018-10 oct/nov/déc
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-10 de oct/nov/déc

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Hôpitaux Universitaires de Genève

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : BPCO, une maladie sous-diagnostiquée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Octobre - Décembre 2018 D o s sier Pulsations La fibromyalgie, une maladie emblématique Enigmatique à bien des égards, la fibromyalgie s’exprime par des douleurs rebelles généralisées, intenses et diffuses, ayant un fort retentissement sur la qualité de vie, sans qu’aucune lésion (ou si peu) ne l’explique. Environ 2 à 4% de la population seraient touchés, dont une majorité de femmes. Ces douleurs, qui sont souvent localisées à proximité des articulations et des zones d’insertion des muscles des membres supérieurs ou inférieurs, se manifestent également au niveau du tronc. Elles s’accompagnent très souvent d’une grande fatigue, de troubles du sommeil et de l’humeur, etc. « Elles pourraient être liées à un dysfonctionnement de la perception de la douleur et à une sensibilisation centrale, comme si le système d’alarme sonnait tout le temps, sans qu’on ait provoqué la douleur », explique le Pr Jules Desmeules, chef du Service de pharmacotoxicologie clinique. On ignore les causes de ce mal  : « Un événement traumatique peut servir de déclencheur, mais 20 parfois la maladie survient spontanément », relève le spécialiste. Des facteurs génétiques pourraient être impliqués (plus grande sensibilité à la douleur), mais le contexte de survenue ainsi que les ressources personnelles pour faire face joueraient également un rôle. Une chose est sûre  : ces douleurs sont réelles et handicapantes. Malheureusement, avant que le diagnostic ne soit retenu, le chemin est souvent long  : « Il s’agit en premier lieu d’exclure d’autres maladies (rhumatologiques, neurologiques, infectieuses, endocrinologiques, etc.), qui peuvent présenter un tableau clinique identique, puis d’évaluer la douleur et son interférence sur la qualité de vie du patient au moyen d’examens et d’échelles d’évaluation », poursuit le professeur. On ne guérit pas de la fibromyalgie, mais on peut obtenir des phases de nette amélioration, en rendant les douleurs plus supportables. C’est le but des différents traitements symptomatiques qui peuvent être mis en œuvre. I
Suite de la page 19. La douleur devient alors une véritable obsession, au point d’envahir tous les aspects de la vie et d’occuper toutes les pensées, ce qui engendre souvent incompréhension et sentiment d’impuissance chez les proches. « Elle peut conduire à l’isolement, à la dépression, à un sentiment de culpabilité, lorsque la personne ne parvient plus à investir sa vie comme avant », poursuit la psychologue. Une prise en charge personnalisée Dans ces situations, une prise en charge globale et personnalisée est indiquée. Le Centre multidisciplinaire de la douleur offre aux patients, référés par leur médecin traitant ou leur chirurgien, une approche multimodale grâce aux compétences de nombreux spécialistes 2. « Le besoin numéro un de ces personnes est d’être entendues, crues et reconnues dans ce qu’elles vivent. Il est important ensuite de leur expliquer les mécanismes propres des douleurs rebelles », déclare la Dre Piguet. Si nécessaire, le diagnostic peut être vérifié, la pharmacologie adaptée ou d’autres approches interventionnelles proposées. En plus de l’approche physique (lire encadré), un soutien psychologique est suggéré à ceux qui le souhaitent. En individuel ou dans des groupes de thérapie cognitivocomportementale (TCC), il s’agit, pour les patients, de remobiliser leurs ressources personnelles. « Nous les aidons à créer les conditions nécessaires pour mettre en place des gestes ou activités (jardiner, conduire, porter des chaussures à talon, etc.) qui font sens pour eux dans leur quotidien », poursuit la Dre Cedraschi. Dans cette stratégie des petits pas, l’implication personnelle du patient est centrale pour retrouver une vie plus confortable et reléguer la douleur au deuxième plan. 2. Médecins anesthésistes, internistes, chirurgiens, neurologues, psychiatres, rhumatologues, spécialistes en médecine physique et de rééducation, pharmacologues, radiologues, et aussi psychologues, physiothérapeutes, ergothérapeutes, infirmiers-ères, psychomotriciens-nes. Dossier 21 Vivre avec les douleurs rebelles Quatre questions à la Dre Valérie Piguet, responsable du Centre multidisciplinaire pour l’évaluation et le traitement de la douleur. Pulsations Comment soulager les douleurs rebelles ? Dre Valérie Piguet Par une prise en charge globale et personnalisée qui combine plusieurs approches  : médicamenteuse et interventionnelle (infiltration, neurostimulation), voire chirurgicale, physique (physiothérapie, ergothérapie) et psychologique (TCC par exemple). Quel est le rôle des médicaments ? La médication est l’une des pierres angulaires de la prise en charge, mais ne suffit pas à elle seule. Souvent, les antalgiques classiques (paracétamol, anti-inflammatoires, opiacés) sont peu efficaces. Les traitements qui agissent sur la sensibilisation centrale sont plus indiqués  : antidépresseurs, antiépileptiques, etc. Quelle est la place des approches plus alternatives ? Pour fermer la porte à la douleur, on peut aussi recourir à l’hypnose, l’acupuncture, la sophrologie, la méditation, le yoga, etc. L’idée est que le patient constitue sa propre palette de peinture, avec différentes couleurs en fonction de ses douleurs, son expérience et sa personnalité. Peut-on en venir à bout ? Oui, à condition de se fixer des buts réalistes. On vise en première ligne une amélioration de la qualité de vie, souvent en acceptant de vivre avec une sensation résiduelle. Instaurer du plaisir dans sa vie envoie au cerveau d’autres informations que celle de la douleur. On arrive probablement ainsi à moduler les - voies de la douleur, à atténuer la perception et à la rendre plus gérable. Douleurs Octobre - Décembre 2018



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