Pulsations n°2018-10 oct/nov/déc
Pulsations n°2018-10 oct/nov/déc
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-10 de oct/nov/déc

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Hôpitaux Universitaires de Genève

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : BPCO, une maladie sous-diagnostiquée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Octobre - Décembre 2018 D o s sier Pulsations facteur de risque important de douleur chronique. Ainsi, préparer psychologiquement le patient avant un acte douloureux ou lui donner une antalgie au bon moment sont des moyens d’y remédier. Des douleurs et des trajectoires différentes La douleur revêt de multiples visages et est surtout le reflet de trajectoires différentes au sein de l’hôpital. Aux urgences, on accueille ceux qui souffrent de douleur aiguë  : un bras cassé, une brûlure, une coupure par exemple. Dans ces situations, la douleur, qui repose sur une cause physique, est un signal d’alarme du corps pour dire que quelque chose ne va pas. A côté de cela, il y a ceux qui viennent subir une intervention chirurgicale, parfois dans l’espoir d’avoir moins mal. L’équipe d’antalgie aiguë a pour mission de prévenir et traiter la douleur aiguë post-opératoire, elle-même facteur de risque de douleurs chroniques (lire plus loin). Quelle que soit la situation, les professionnels encouragent désormais les patients à exprimer leurs douleurs, si besoin à l’aide d’échelles d’évaluation spécifiques. Témoignage #1 « J’ai envie de vivre » SANDRA, 57 ans « En 2014, on m’a diagnostiqué un cancer inflammatoire du sein très agressif. J’ai donc immédiatement subi des chimiothérapies, puis une mastectomie de mon sein gauche. Rapidement après l’opération, j’ai eu des douleurs au bras puis des lancées, comme des coups de poignard au niveau du thorax. Au départ, je ne me suis pas sentie prise au sérieux. Pourtant, ces douleurs ne sont jamais parties. Un mois plus tard, lors d’une consultation au Centre de la douleur, un médecin a enfin mis un nom sur ce que j’avais  : des douleurs neuropathiques. Comme les antidouleurs classiques ne faisaient aucun effet, on m’a prescrit un antidépresseur qui a allégé la sensation de brûlure. Mais aujourd’hui encore, je ressens en permanence des sensations étranges, comme si j’étais serrée dans un corset. J’ai donc décidé de me prendre en 18 Qualité de vie diminuée Bas du dos, genou, tête, nuque, épaule, bras, hanche, abdomen et main sont les régions du corps le plus souvent touchées par les douleurs chroniques (persistant au-delà de trois à six mois). Si la plupart des personnes concernées parviennent à vivre avec et à les contrôler, chez certains, elles sont résistantes. Indépendamment de leur intensité, leur localisation ou leur forme, ces douleurs rebelles ne répondent pas (ou mal) aux traitements antalgiques habituels. Et ont, de ce fait, un fort retentissement sur la qualité de vie. Il peut s’agir de douleurs résiduelles après un zona, une chimiothérapie, une opération, une amputation, mais aussi après un événement traumatique. Comme les techniques diagnostiques actuelles ne visualisent pas ces douleurs, leur reconnaissance par le milieu médical peut parfois prendre du temps. Or, souligne la Dre Valérie Piguet, responsable du Centre multidisciplinaire pour l’évaluation et le traitement de la douleur, « elles ne sont ni fiction, ni simulation ». Elles obéissent à des mécanismes complexes, poursuit la charge et d’essayer différentes méthodes. Tout en discutant avec les médecins, j’ai fait des thalassos, de l’hypnose, de la visualisation positive, du yoga, etc. Aujourd’hui, j’arrive à moins penser à la douleur au thorax, comme si mon cerveau s’y était habitué. Il y a encore des jours vraiment difficiles, mais mon secret pour tenir, c’est de ne jamais cesser d’être active. J’ai envie de vivre et je ne me laisse pas aller. » AR
Dossier 19 Douleurs spécialiste, co-auteure d’un livre sur le sujet qui vient de paraître 1  : « Les douleurs chroniques et rebelles n’ont plus de rôle protecteur. Elles ne sont plus la photographie exacte d’une lésion, mais existent de façon autonome. Elles sont en effet liées à un dysfonctionnement des voies neurologiques impliquées dans la gestion de la douleur ». Un peu comme si le système nerveux gardait les empreintes laissées par les douleurs et continuait à les entretenir, alors que la lésion est partiellement ou totalement guérie. Les déséquilibres provoqués dans le système nerveux central conduisent à une augmentation de la perception, si bien qu’une simple caresse peut être très désagréable. Contexte émotionnel décisif On ne connaît pas encore tous les mécanismes conduisant aux douleurs rebelles. Une certitude toutefois  : nous ne sommes pas égaux face à la douleur. « Des phénomènes cognitifs, émotionnels et génétiques font que, chez certains patients, la douleur ne disparaît pas. Cela aboutit à des modifications dans leur système nerveux central », explique la Dre Piguet. Parmi les facteurs de risque identifiés  : l’âge, le sexe (les femmes sont plus sujettes), le bagage génétique ou encore certaines chirurgies (lire p.22). L’état émotionnel et les circonstances de survenue de la douleur initiale, mais aussi sa prise en charge, semblent eux aussi décisifs. Une maladie ou un accident banal peuvent alors, dans un contexte psychique fragile et malgré un traitement adéquat, conduire à des douleurs persistantes. « Les émotions, en particulier l’anxiété et la dépression, potentialisent la douleur. Les conséquences sur la vie personnelle, sociale et professionnelle, peuvent être colossales », explique la Dre Christine Cedraschi, psychologue au Centre multidisciplinaire de la douleur. Suite page 21. 1. J’ai envie de comprendre… Les douleurs chroniques et rebelles, Suzy Soumaille et Valérie Piguet, Ed. Planète Santé (voir page 48). Octobre - Décembre 2018



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