Pulsations n°2018-10 oct/nov/déc
Pulsations n°2018-10 oct/nov/déc
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-10 de oct/nov/déc

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Hôpitaux Universitaires de Genève

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : BPCO, une maladie sous-diagnostiquée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Octobre - Décembre 2018 Actualité Par Clémentine Fitaire Photo Fred Merz lundi13 Pulsations BPCO  : une maladie sévère sous-diagnostiquée Derrière des difficultés persistantes à respirer lors d’effort ou une toux qui s’éternise, se cache peut-être une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Largement sous-diagnostiquée et méconnue du grand public, la BPCO concerne pourtant au moins 400’000 Suisses (5-7% de la population globale) et est devenue la troisième cause de mortalité dans le monde selon l’OMS. Souvent considérée comme la « toux des fumeurs », elle se caractérise par une inflammation des bronches (bronchite chronique) qui entraîne un épaississement des parois et une destruction progressive des alvéoles pulmonaires nécessaires à la respiration (emphysème). On distingue néanmoins quelques variations dans les profils des malades – probablement pour des raisons génétiques –, avec des tendances plus particulières à la bronchite chronique pour certains, à l’asthme pour d’autres, ou encore à l’emphysème. La cigarette en première ligne Environ 80% des personnes atteintes de BPCO sont des fumeurs, généralement âgés de plus de 40 ans. « Même si tous les fumeurs ne font pas une BPCO, explique le Pr Jean-Paul Janssens, responsable de l’Unité de pneumologie ambulatoire et centre antituberculeux, on estime malgré tout qu’un fumeur sur quatre sera affecté au cours de sa vie. » On ne le répétera jamais assez, la cigarette – en particulier les mil- 12 liers de composants toxiques du tabac – a un impact irréversible sur les poumons. Pour soulager les symptômes de la BPCO, le premier impératif est donc d’arrêter de fumer. Une mesure radicale qui a fait ses preuves à tous les stades de la maladie. Outre le tabac, la pollution environnementale (particules fines) ou intérieure (carburants de chauffage), mais aussi certaines expositions professionnelles (substances chimiques, matières en décomposition), sont en cause dans environ un cas de BPCO sur cinq. Silencieuse pendant des années Le problème avec la BPCO, c’est que ses symptômes sont rarement pris au sérieux par le patient et parfois par les médecins eux-mêmes. « Si on l’évoque, ce n’est pas compliqué de poser un diagnostic… encore faut-il y penser ! », explique le Pr Janssens. Ajoutez à cela que dans certains cas, la maladie est silencieuse pendant plusieurs années. Lorsque surviennent les premières sensations d’essoufflement, la perte fonctionnelle peut déjà être avancée. Près de la moitié des personnes atteintes de BPCO ignoreraient qu’elles sont concernées. « Une toux qui dure depuis huit semaines ou plus, a fortiori chez un fumeur, est anormale et requiert impérativement une évaluation médicale », prévient le pneumologue. Si tel est le cas, il est conseillé de prendre rendez-vous chez un spécialiste ou son médecin de famille. En cas de suspicion, une spirométrie, un examen qui évalue les capacités respiratoires, sera réalisée. Freiner l’évolution « Une fois endommagées, les cellules pulmonaires ne se régénèrent pas », avertit le Pr Janssens. Mais des mesures pour améliorer le quotidien peuvent être mises sa
Actualité 13 en place. Outre l’arrêt total du tabac, qui enrayera la progression de la maladie, le rôle de l’activité physique est primordial, afin de diminuer la sensation d’essoufflement et le déconditionnement. « J’ai pu retrouver une partie de ma capacité respiratoire grâce à des exercices – vélo d’appartement, génuflexions, étirements – que je pratique tous les jours pendant dix à quinze minutes, raconte Philippe, 84 ans. Sur les conseils du médecin qui a diagnostiqué ma BPCO, j’ai également une visite à domicile, une fois par semaine, d’une physiothérapeute qui me donne des exercices cardiovasculaires. » Tout comme l’activité physique, une alimentation équilibrée a également un effet positif sur les performances et sur l’évolution de la maladie. Enfin, l’utilisation de médicaments par inhalation contribue aussi à soulager l’essoufflement. Une journée pour parler de la BPCO Le 15 novembre a lieu aux HUG la Journée mondiale contre la BPCO, en partenariat avec la Ligue pulmonaire genevoise. L’occasion de s’informer, de réaliser un test de dépistage gratuit et d’évoquer les traitements et les mesures comportementales qui peuvent limiter les symptômes de la maladie (lire aussi en page 47). Plus d’informations sur  : www.lpge.ch Octobre - Décembre 2018



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