Prof Magazine n°46 jun/jui/aoû 2020
Prof Magazine n°46 jun/jui/aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de jun/jui/aoû 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : vers le zéro déchet.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
L’info LE cours de nataTion à l’école Dans l’enseignement secondaire, mais aussi dans le fondamental, le cours de natation occupe souvent une place discrète. 6 DE NI4T4TIONI À L ÉCOLE Le cours de natation tombe souvent à l’eau Les petits sacs colorés sont rangés dans les casiers. Plus pour longtemps. C’est l’heure de natation pour les bambins de cette école citadine. Chance  : la piscine est proche ; tous les enfants peuvent s’y rendre chaque semaine et régulièrement, des parents volontaires accompagnant les enseignants Un scénario idyllique. D’autres écoles ont renoncé à proposer un cours de natation aux élèves. Et pourtant, les règles sont claires. Dans l’enseignement primaire, deux périodes sont consacrées au cours de d’éducation physique (y compris la natation) assuré par un maitre spécial, dans l’horaire hebdomadaire des élèves (1). Les Socles de compétences le précisent  : l’élève devra « adopter une attitude de sécurité en milieu aquatique ». Plus précisément, « pouvoir flotter, se propulser (au terme de la 2 e année), nager en fin de 6 e année primaire » et, à la fin du 1er degré du secondaire « nager 25 mètres dans un style correct. » (2) Par contre, aux 2 e et 3 e degrés du secondaire ordinaire, l’organisation de la natation dépend de la programmation des activités par l’équipe des professeurs d’éducation physique. Aucune enquête ne chiffre la fréquentation des bassins par les élèves. Mais les inspecteurs des cours d’éducation physique sont unanimes  : la natation, c’est le « parent pauvre du cours d’éducation physique ». Trop peu de piscines Pour quelles raisons ? D’abord, parce que la demande est bien supérieure à l’offre. Si la Wallonie compte 126 bassins, certains sont fermés ou en rénovation. Le Plan piscines 2014-2020 d’Infrasport (Service public de Wallonie) prévoit la création ou la rénovation de 33 bassins (3). PROF 46 La capitale, elle, compte 25 piscines publiques. Un futur cadastre bruxellois des sports précisera l’offre et la demande, mais on sait déjà que certaines zones sont en carence  : le centre, le bas de Molenbeek, Forest, Anderlecht… Une analyse effectuée en 2012 sur les taux d’occupation des piscines bruxelloises montrait une saturation complète de la quasi-totalité des bassins aux heures scolaires (4). Et en avril 2020, une publication de perspectives.brussels, le Bureau bruxellois de la planification, signalait qu’« en moyenne, on dénombre un bassin de natation disponible pour 39 000 habitants », ce qui est « significativement plus d’habitants par bassin public qu’ailleurs en Belgique » (5). Une future structure supra-communale sera créée pour développer de nouvelles infrastructures. D’autres écueils sont liés à l’organisation. Comme les frais demandés aux parents pour l’entrée et le déplacement, qui font partie des frais scolaires autorisés. Mais aussi le temps du transport et celui passé au vestiaire. Et, en corollaire, la rentabilité pédagogique d’une telle activité. « Même en empiétant sur la récréation, si l’on soustrait ces moments-là, les élèves ne passent que vingt minutes dans l’eau », se plaignent des institutrices. Accompagner et surveiller S’ajoute la question de l’accompagnement et de la surveillance des élèves durant les trajets et au vestiaire. Un cours de natation n’est pas prévu dans l’enseignement maternel. Mais l’école peut le prévoir dans le cadre d’une activité éducative spécifique. Une institutrice, au moins, doit encadrer les enfants mais la direction de l’école peut prévoir un encadrement complémentaire pour assurer la qualité des apprentissages et la sécurité. Dans l’enseignement primaire, le pouvoir organisateur ou le directeur peut confier cette tâche aux titulaires ou aux maitres spéciaux. Si le cours de natation a lieu durant les cours
et activités de l’élève, cette prestation fait partie des 24 périodes de cours des enseignants. Si le cours a lieu pendant la récréation, par exemple, cette surveillance doit être incluse dans la durée totale des prestations de cours, surveillances et concertation (1 560 minutes par semaine) demandées aux enseignants (1). Directeur et PO peuvent confier cet encadrement des élèves à un éducateur ou à un accompagnateur (parent…) en lui précisant clairement sa mission. Ce qui précède concerne l’encadrement lors des trajets et au vestiaire. On lira ci-contre celles qui concernent la surveillance des élèves durant le cours de natation. Une dernière raison pousse certains élèves à ne pas se mouiller  : les dispenses demandées par les élèves ou les parents pour des raisons diverses (personnelles, médicales, culturelles, religieuses…). Si pouvoir nager est considéré comme une compétence essentielle, elle est souvent inapplicable à l’école. Les parents doivent donc compenser ce manque. Au risque évident de creuser l’inégalité entre les enfants. Catherine MOREAU (1) Circulaires 7205 (enseignement ordinaire) et 4271 (spécialisé). www.enseignement.be/circulaires (2) Téléchargeable via www.enseignement.be/index. php ? page=24737. (3) https://bit.ly/2GqdMYM (4) https://bit.ly/2ItRO86, https://www.parlementfrancophone.brussels/documents/auditions-relatives-au-sport-annexe-5 (5) Les piscines en région bruxelloise. État des lieux et pistes pour rencontrer les besoins des bruxellois, avril 2020. http://perspective. brussels/fr/enjeux-urbains/sport/les-piscines-en-region-bruxelloise-etat-des-lieux Garantir la sécurité des élèves Les enseignants accompagnant les élèves doivent-ils les surveiller durant le cours de natation ? La justice s’est déjà penchée sur la question. La règle concerne toutes les piscines publiques, privées et scolaires  : il faut garantir la sécurité des élèves. Cela suppose de ne pas confier un nombre déraisonnable d’élèves à un seul maitre spécial d’éducation physique  : le maximum communément admis est de 15 non nageurs et de 25 nageurs. Cela suppose aussi que l’enseignant ne peut pas simultanément donner le cours et surveiller le groupe d’élèves. Charger cet enseignant d’une mission irréalisable pourrait engager la responsabilité de la direction de l’école, voire de l’enseignant, en cas d’accident. Alors, qui surveille ? Dans les piscines publiques, des sauveteurs et sauveteuses en sont chargés. Ils doivent avoir, selon la règlementation bruxelloise ou wallonne basée sur la profondeur d’eau, le brevet supérieur de sauvetage aquatique ou le brevet de base de sauvetage. Et s’entrainer au moins une fois par an aux méthodes de premiers soins, de réanimation et de sauvetage. Cela suppose que, dans les bassins appartenant aux écoles, un autre adulte possédant les mêmes qualifications seconde le maitre spécial si celui-ci ne dispose pas du brevet de sauvetage. Suffisant ? Tout dépend sans doute des circonstances, du nombre, du type d’élèves… Pour garantir leur sécurité « en bon père de famille », certains directeurs demandent aux titulaires de classes (dans les mêmes limites horaires que la surveillance durant le trajet et aux vestiaires…) de veiller sur leur classe pendant le cours donné par le professeur d’éducation physique. D’une manière plus générale, les circulaires qui abordent la surveillance le précisent  : « Toute personne, et en particulier tout enseignant, qui serait placé dans une situation où un élève court un danger, devrait, selon ses capacités propres, prendre toute initiative de manière à faire cesser le danger. »C. M. (1) Circulaires 4237 (fondamental ordinaire) et 4271 (maternel, primaire et secondaire spécialisé). www.enseignement.be/circulaires PROF 46 7 Quelle responsabilité ? En 2009, un enfant de 5 ans se noyait durant un cours de natation. Un premier jugement a retenu le défaut de prévoyance dans le chef de trois institutrices et de leur directrice, de même qu’à l’égard de l’ancien directeur de la piscine et d’un maitre-nageur. Mais en appel, les enseignantes et leur directrice ont été blanchies, plus aucune faute ne leur étant reprochée. Il faut savoir que les enseignants peuvent être déclarés civilement responsables d’un défaut de surveillance, pendant les trajets aller-retour, dans les vestiaires, et au bord de la piscine. Et cela même si un maitre spécial et un ou des maitres-nageurs sont présent. Les enseignants doivent aussi pouvoir avertir ces derniers dès qu’un incident survient. Cette responsabilité civile des enseignants est couverte par la police d’assurance contractée par leur employeur. Sur le plan pénal, un enseignant peut être poursuivi pour coups et blessures involontaires ou pour non-assistance à personne en danger. En Dans le cas d’accidents survenus au cours de natation,des acquittements ont été prononcés mais également des jugements ordonnant le paiement d’une amende ou condamnant à une peine de prison avec sursis.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :