Prof Magazine n°46 jun/jui/aoû 2020
Prof Magazine n°46 jun/jui/aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de jun/jui/aoû 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : vers le zéro déchet.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
L’acTEUR Infirmière graduée hospitalière depuis 26 ans, Sophie Peene enseigne depuis huit ans et transmet aux autres sa passion pour un métier certes compliqué mais tellement gratifiant. 18 « Je voulais partager mon expérience avec les jeunes infirmières » Après cinq années à travailler au Centre hospitalier universitaire du Tivoli, à La Louvière, puis comme infirmière à domicile, Sophie Peene prend un nouveau tournant dans sa carrière professionnelle en novembre 2012  : elle passe son Certificat d’aptitudes pédagogiques (CAP) et décide d’enseigner dans le quatrième degré secondaire infirmier. PROF  : Qu’est-ce qui vous a poussée à embrasser une carrière d’enseignante en soins infirmiers ? Sophie Peene  : Ma réorientation fut le fruit d’un profond questionnement intérieur. Je me suis en effet demandée si j’allais avoir la force de poursuivre une carrière dans les soins à domicile jusqu’à ma pension, à 65 ans, ou s’il était temps d’aspirer à quelque chose d’un peu plus « léger ». J’adore profondément mon métier, mais je ne me sentais pas capable de devoir prendre ma voiture et partir par n’importe quel temps à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, du 1er janvier au 31 décembre, jusqu’à la fin de ma carrière. Mon choix s’est donc porté sur la seconde option. J’ai tout d’abord commencé mon CAP enseignant pour tâter le terrain et voir si la formation allait me plaire. J’ai décidé ensuite de me lancer dans cette nouvelle aventure et j’enseigne maintenant depuis huit ans à l’IESPP de Mons. Ça me tenait à cœur de pouvoir partager mon expérience professionnelle avec les nouvelles infirmières qui allaient arriver sur le terrain. Depuis, je suis employée temps plein à l’école, mais je n’oublie pas mes premiers amours puisque je continue les soins à domicile en complément de mon métier d’enseignante. PROF 46 Vous expliquez que ce n’est clairement pas un métier facile. Vous n’avez pas peur d’effrayer les jeunes étudiants qui voudraient se lancer dans les soins à domicile ? Depuis que je suis enseignante, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de donner cours de soins à domicile en troisième année infirmière. Quand, en classe, je fais un petit sondage pour savoir qui veut se lancer sur cette voie, tout le monde me répond par l’affirmative. Souvent, les élèves ont une vision idyllique du métier et ne se rendent pas compte de tous les aspects de la profession. De mon côté, j’ai maintenant des années d’expérience derrière moi. Des années avec parfois des moments de doutes, où je me suis dit que je n’y arriverais jamais. J’ai donc pleinement conscience des difficultés du métier et je partage mon expérience à mes élèves qui, souvent, ont des difficultés à imaginer les réalités, parfois dures, du métier. Être infirmière c’est formidable, je ne dirai jamais le contraire ! Mais mes élèves doivent bien comprendre les enjeux et obligations qui en découlent. C’est encore plus vrai dans le domaine des soins à domicile. Vous êtes seul, livré à vous-même et personne n’est derrière pour rattraper vos erreurs. Cela demande donc beaucoup de rigueur et de discipline. Mais donner de soi et aider les autres, il n’y a rien de plus gratifiant. Quel est le profil de vos élèves ? Qu’estce qui les pousse à rejoindre le 4 e degré infirmier ? Le public dans mes classes est majoritairement féminin. Pour 40 filles, j’enseigne à cinq ou dix garçons tout au plus. Certains élèves sont là par amour du métier, et parce qu’ils ont envie d’aider leur prochain.
Sophie Peene enseigne au 4 e degré secondaire complémentaire, après avoir exercé le métier d’infirmière, en hôpital puis à domicile. D’autres travaillent déjà dans le domaine, comme des aides-soignantes par exemple, et désirent parfaire leur formation en parallèle de leur emploi du temps professionnel, afin d’acquérir les compétences nécessaires pour pouvoir devenir infirmière. Enfin, il y a ceux qui sont là parce qu’ils ne savent pas trop quoi faire, parce qu’il y a pas mal de débouchés et que le salaire est attractif. Ils tentent donc leur chance sans trop savoir dans quoi ils mettent les pieds. Bien souvent ce sont les premiers à ne pas aller au bout du cursus car ils finissent par se rendre compte qu’ils ne sont tout simplement pas faits pour ça. Justement, quelles sont les différences entre le 4 e degré du secondaire et le bachelier en haute école ? Les élèves qui choisissent le brevet du 4 e degré du secondaire ont généralement déjà eu quelques difficultés durant leur parcours solaire et se voient mal se lancer dans un bachelier. Mais il ne faut pas pour autant croire que le 4 e degré est plus facile qu’un bachelier. C’est simplement différent. La formation est moins théorique et plus tournée vers la pratique que dans l’enseignement supérieur. Le cursus dure trois années complètes et se termine ensuite par une demi-année composée de trois stages de six semaines dont un stage qu’ils doivent trouver par eux-mêmes en fonction de leur aspiration professionnelle. Les élèves doivent également réaliser un travail de fin d’études. Une fois diplômés, les infirmiers brevetés via le 4 e degré du secondaire sont acceptés dans presque tous les services traditionnels. Les seuls services réservés aux bacheliers sont la maternité, les soins intensifs, les urgences et la pédiatrie, car 90% de leur panel d’infirmières doivent être formées avec une spécialisation, uniquement enseignée dans le cadre du bachelier et non accessible aux brevetés. De plus, les postes à responsabilité tels que chef de service ou encore celui de cadre ne sont offerts qu’aux bacheliers. Comment se déroulent les stages pour les brevetés du 4 e degré ? Nous avons des conventions de stage avec les différents lieux dans lesquels nos élèves évoluent. Durant les trois premières années, c’est donc l’école qui s’occupe de tout et l’élève ne doit rien chercher par lui-même. Pour les six derniers mois, en fin de cursus, les élèves donnent une liste des lieux de stage où ils souhaitent retourner. Ils doivent par contre se débrouiller par eux-mêmes pour le dernier stage du cursus. Ils peuvent par exemple suivre une infirmière à domicile indépendante. Concernant le déroulement des stages en luimême, ils durent chacun trois semaines et il y a un processus d’accompagnement durant toute leur durée. Les élèves sont prévenus quand ils reçoivent la visite de l’équipe pédagogique et des évaluations ont lieu sur le lieu de stage, pendant une prise en charge de soins sur un patient notamment. Ces évaluations sont dans un premier temps formatives, pour ensuite devenir certificatives. Enfin, l’évaluation de l’élève se fait en concertation avec le service dans lequel il se trouve et l’accent est principalement mis sur la progression observée tout au long du stage. Propos recueillis par Jayson PLÉ PROF 46 19



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :