Prof Magazine n°46 jun/jui/aoû 2020
Prof Magazine n°46 jun/jui/aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de jun/jui/aoû 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : vers le zéro déchet.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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L’info Dans une ville qui a connu deux intrusions armées importantes en 10 ans, le Service de prévention communal et les services de police ont mis en place un module de sensibilisation Intrusion armée pour les écoles. En janvier dernier, 80 enseignants de six écoles ont pris part à un exercice de prévention AMOK organisé par le Service de prévention et la Zone de police de Liège. PROF/FWB Plan de PRÉVENTION PLAN DE PRÉVENTION 16 La prévention AMOK  : pas du toc à Liège ! Un jour d’hiver, à 16h, les élèves de l’École mettre en danger. Une personne visée par fondamentale communale du Thier, à un agresseur qui tire reste immobile au sol. Liège, croisent en sortant plusieurs combis Un coup de sifflet termine le scénario. Puis, de policiers équipés  : 25 agents et 80 enseignants, de 6 écoles, participent à un exercice départ pour un débriefing. les participants se réunissent dans la salle de de prévention AMOK organisé par le Service de prévention et la Zone de police. « On se barricade » Les consignes Philippe Houyoux, commissaire adjoint au Peloton anti-banditisme et dirigeant du Centre de Maitrise de la Violence, donne les consignes de la soirée  : « Durant les trois scénarios, la priorité absolue est le run – hide – fight  : fuir si possible ; donner l’alerte ; informer la police via tel numéro ; se cacher et se barricader dans le local ; se préparer à se battre si l’attaquant traverse vos défenses. » Ensuite, il confronte les participants à plusieurs détonations de balles à blanc, explique que les policiers présents sont encadrés par des gilets rouges et observés par des gilets jaunes. Chaque scénario dure près de 15 minutes. Il s’agit d’éviter toute casse, même celle des clapets d’alarme, et d’éviter de se PROF 46 16h25  : 14 groupes rejoignent chacun un local. Dans le 52, au rez-de chaussée, on entend des détonations toutes proches. On décide de fermer les tentures, de barricader la porte, de faire silence, d’avertir le téléphone indiqué. On attend… Soudain, on frappe à la porte, on essaie de la forcer. La barricade de fortune tient. Plus tard, les GSM et WhatsApps’activent  : « Fuyez », « On est sauvés », « Vous vivez toujours ? ». Un poing frappe la porte  : « Police ». « On ne vous croit pas ». Le sifflet retentit. Au débriefing, M. Houyoux récapitule. 16h38  : un intrus entre par la porte PROF/FWB
principale, puis dans une classe. Il tire 3 fois. Il monte ensuite au couloir du 1er étage. 16h39  : l’alarme incendie est déclenchée. 16h40  : le central radio est alerté. 16h42  : une dizaine de policiers et des chiens sont sur place. 16h53  : l’auteur est appréhendé. « L’enjeu est de gérer les 10 ou 15 premières minutes, explique-t-il. La priorité est d’arrêter l’auteur avant d’évacuer les personnes blessées. » 75% des participants ont fui, 25% se sont enfermés. « La fuite doit être réfléchie, plus que pour une alerte incendie, insiste-t-il. Il faut conserver une possibilité de faire demitour. Si vous restez en classe, soyez le plus invisibles possible. » Une dizaine d’appels ont touché le central téléphonique et le groupe WhatsApps’est activé. Catherine Schroyen, responsable du Service de prévention  : « Peu d’informations pertinentes. Aucune description du ou des auteurs, donnant le sexe, le type, l’âge, la hauteur, les vêtements, les armes, la localisation… Tant qu’on n’a pas fait l’exercice, difficile de comprendre tous les conseils donnés lors de la conférence de prévention qui l’a précédé. » Face au stress 17h20  : dans le 2 e scénario, 2 intrus armés entrent, l’un erre dans les couloirs, l’autre se retranche dans un local. 17h24  : premier tir. 17h25  : mobilisation des policiers qui arrivent sur le site trois minutes plus tard. 17h44  : le sifflet retentit. L’exercice a duré 5 minutes de plus que le premier, mais cela a semblé plus long à de nombreux participants  : « Le stress amène une distorsion du temps et l’oubli de certains souvenirs », commente M. Houyoux. L’enfermement dans les locaux a atteint 90%. La communication a été meilleure, quant à la description et la localisation des auteurs. Des attentats à Liège Du côté des policiers Pour le 3 e scénario, à 18h10, des coups de feu retentissent. 18h13  : le commissariat local est averti. 18h15  : 4 policiers entrent dans l’école où résonne la sirène d’évacuation. Ils explorent, s’arrêtent à chaque angle, pointent leur pistolet et leur lampe torche, à la recherche du ou des auteurs. 18h17  : le peloton anti-banditisme arrive  : même manège pour les deux escouades de 5 hommes cagoulés, casqués, armés de fusils-mitrailleurs, de boucliers… Des détonations et des cris éclatent. Avertie par le central qui a reçu la description et la localisation d’un intrus, la première escouade l’appréhende. L’autre se rend prudemment à l’étage. Un policier crie  : « Police, ouvrez ». La porte s’ouvre  : un intrus armé a pris en otage plusieurs participants. Un des agents parlemente. L’évacuation des autres locaux commence. Le sifflet retentit. « L’exercice est aussi une opportunité pour les policiers, commente M. Houyoux.lls testent les tactiques liées à l’intrusion armée et découvrent l’architecture de l’école. » C’est la panique ? L’exercice s’est déroulé sans élèves. Les enseignants se questionnent sur la façon de les gérer au cours d’un tel exercice. « Le Service de prévention peut vous aider à prévoir comment gérer la panique », répond M me Schroyen. « Le but est avant tout de sensibiliser les adultes, ajoute M. Houyoux. Par ailleurs, dans un avenir proche, nous prévoyons un exercice avec des élèves du secondaire, mieux à même d’en comprendre le fonctionnement. » Dans un coin de la salle, un médecin du CHU de Liège s’entretient avec un des participants, marqué. M me Schroyen  : « Pour conclure la soirée, cet exercice génère du stress. Si vous ne dormez pas bien cette nuit, c’est normal. Si cela continue, prévenez-nous. » Patrick DELMÉE Une réponse à la demande À Liège, le Service de prévention dispose d’un module Intrusion armée, disponible pour toute école qui le demande, de tous réseaux, de tous niveaux. La première étape est une visite des locaux par un technicien en techno-prévention. Son audit est présenté ensuite à la direction avec des recommandations. Ensuite, une conférence sensibilise les enseignants sur le phénomène AMOK, la techno-prévention, le run-hide-fight (lire ci-contre), le rôle quotidien en matière de sécurité, la gestion des dérapages, les indicateurs de radicalisation et les premiers soins. Enfin, les enseignants de plusieurs écoles participent à un exercice AMOK. « Il n’est pas obligatoire, déclare M me Schroyen. Et il ne s’organise que pour les écoles qui ont suivi les autres étapes. » Une même école peut participer au même module plus tard. « C’est un travail sur le long terme, à renouveler sans cesse, vu le turn over chez les enseignants et les policiers. » En 4 ans, le Service a mis en œuvre 20 exercices AMOK. Les « intrusions armées » n’ont pas épargné la ville de Liège. Le 29 mai 2018, à 10h30, un jeune homme attaque au couteau deux policières par derrière. Il les achève à l’aide d’une de leurs armes de poing. Puis, il tue le passager d’une auto. Enfin, il entre dans l’Athénée Léonie de Waha. Il tire trois fois vers la cour de récréation. Il prend comme bouclier humain une femme de ménage. Bloqué dans le sas d’entrée, il sort, blesse quatre policiers avant d’être abattu vers 11h. La ville avait été déjà endeuillée, le 13 décembre 2011. De 12h33 à 12h40, eut lieu une attaque à la grenade et au fusil d’assaut, place Saint-Lambert, très fréquentée sur le temps de midi, aux abords du marché de Noël. Le bilan ? 125 blessés et 7 victimes, dont le tueur qui s’est donné la mort. PROF 46 17



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